ROMEO AND JULIET. — OTHELLO
LES ABRàvUTBUBS DB SBAKSPEARE.
( GMt , sa wpteinbN 1817. )
Deux pièces de Shakspeare, Roméo et Juliette et Othello y ont été jouées cette semaine, avec un succès fort inégal. L'impression produite par Roméo et Juliette a presque égalé celle à^Hamlet. Pour la première fois, on voyait en France ce sujet si touchant, traduit sur la scène avec les circonstances passionnées, naïves, déchirantes qui ont passé des récits populaires dans les Nouvelles, et qui n'avaient garde d'échapper aux pinceaux de Shakspeare. La scène du balcon, celle des adieux, celle de la nourrice étaient des nouveautés pour nous. On a pu juger si c'est à tort que nous en avons si amèrement r^etté l'absence dans les diverses imitations qu'on nous a données jusqu'ici de cette pièce.
Il ne manque à M. Remble, pour être un Roméo accompli, que cette fleur de jeunesse dont l'imagination revêt l'amant de Juliette. A ce désavantage près, qui n'a été un peu sensible que dans la scène du bal, où une sombre robe de pèlerin cachait sa taille élégante, il a joué tout le rôle, y compris les
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premier plan un plus grand nombre d'acteurs secondaires. Mercutio a été représenté par Abbott, qui a détaillé avec beaucoup d'art le portrait fantastique de la reine Mab. Mais la nourrice a été détestable ; elle crie comme une chouette pendant toute la pièce ; elle g&te par ses charges déplacées une des plus jolies scènes, dans laquelle miss Smithson déploie une grâce ravissante. Le tableau de désolation qui suit la mort supposée de Juliette a été à-peu-près supprimé, sans doute par l'impossibilité de le Êûre représenter par des acteurs aussi froids que ceux qui sont chargés des rôles de Ga<pulet , de sa femme et du comte Paris.
La mise en scène mériterait aussi quelques critiques. Mais on ne peut guère reprocher à la troupe anglaise l'insufBsance de son mobilier, et l'indulgence à cet égard n'est que justice. Aussi n'avonsnous remarqué qu'un léger sourire dans l'assemblée , quand la cellule de frère Laurence nous est apparue avec toutes les dorures d'un salon de financier ou de ministre. .
Nous ferons encore observer que ce n'est pas dans le jardin de Capulet , mais dans la chambre à coucher de Juliette , ou plutôt sur son balcon , d'où pend une échelle de corde , que les jeunes époux doivent maudire l'alouette qui donne à Roméo le signal du départ. Ce n'est pas en tenant Roméo par la main , mais du haut du balcon , que Juliette doit dire à son amant , qu'elle ne reverra