‹ Causeries et méditations historiques et littérairesChapitre 17 sur 109 · DE SHAKSPEARE · texte numérisé non relu

DE SHAKSPEARE

quelle n'a plus? Ce qui dans Fauteur de Roméo excite notre admiration et celle de M. Delécluze , c'est le génie dramatique et passionné ; la disposition hardie , claire , saisissante des masses , et la beauté exquise de beaucoup de détails. Mais qui a jamais loué sans restriction le style de Shakspeare ? Qui en a jamais recommandé l'imitation? Qu'importe, dira-t*on, si on l'imite. Qui? les cinq ou six poètes de la défunte Muse française ? encore imitaient«ils beaucoup plus , à notre avis, lord By- Ton que Shakspeare. M. Delécluze regarde ce dernier comme le chef d'une école de style qui s'est perpétuée jusqu'à nos jours et dont il fait remonter la première origine à Lucain. Il donne à cette école le nom de romantique. Mais les . défauts de Lucain et ceux de Byron , si l'on veut , sont ceux d'une langue et d'une société vieillissantes. Ceux de Shakspeai^ , au contraire , sont les défsiuts d'un idiome inculte et naissant. Âppellera-t-on toute espèce de mauvais style, romantique? Soit*, quim* portent les noms? Mais ce serait pourtant ici le cas plutôt de distinguer que de confondre. Au reste , il ne faut pas faire trop bon marché du style de Shakspeare. Peut-être l'a-t-on trop critiqué, même en Angleterre, et peut-être a-t-on, en particulier, trop sévèrement jugé celui de Roméo. Ce qui choque, dans cette pièce, ce sont quelques jeux de mots, quelques phrases alambiquées, obscures, et qui ne paraissent de si mauvais goût que parce qu'on y

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