LEAR
Bh 1 que m'importe , à moi , ce tonnerre qui gronde , Ce vent âpre et glacé , cette eau qui nous inonde? De leurs coups redoublés fls m'accablent en vain : Je ne sens que l'orage enfermé dans mon sein. Dans une telle nuit î Cruelle Gonérille ! Malgré le froid, la pluie!... 0 Réganel ômafillel Enfants pervers ! Chasser ce père infortuné 1 Votre vieux père 1 lui qui vous a tout donné 1 . . . Paix; ma tête s'égare. Et toi , bruyant orage , Poursuis, je ne crains rien de ton aveugle rage ! Les dieux te sauront bien montrer Iturs ennemis^
(le roi lear). 169
Et chercher dans Toubli lea forfaits endormis. Cache-toi , main sanglante ; et vous, lèvres parjures , Tremblez 1
Oui , ma raison revient ; je vous connais. . . Cest toi , Mon pauvre Foui J'ai froid ; as-tu froid comme moi? Mon corps s'est épuisé dans cette horrible lutte. Allons , conduisez-nous : où donc est cette hutte? Montrez-moi cette paille , ami , ce pauvre seuil , Qu'aurait sans doute hier dédaigné mon orgueil , Tant la nécessité sous sa verge nous plie ! Pauvre Fou 1 ne crois pas que ton maître t'oublie ; Viens , ce cœur insensible à des malheurs nouveaux Sait plaindre encor ta peine , et souffrir de tes maux.
LB FOU y chantant.
Id-bas le vrai sage De loin prévoit l'orage , Ou* paisible et content , Le reçoit en chantant ; Prend sans plainte importune Son lit comme il l'obtient , Gomme il peut la fortune , Et le temps comme il vient.