‹ Causeries et méditations historiques et littérairesChapitre 43 sur 109 · LEAR · texte numérisé non relu

LEAR

Bien , mon enfant , marchons ; car ma tête affaiblie Craint de toucher ce point qui mène à la folie. Suis-moi, pauvre garçon, viens! . .

C'est alors que Lear et le fou essaient d'entrer dans la cabane où est caché Edgar ^ qui sort en contredisant l'insensé; et alors commence cette scène admirée de tous les critiques anglais , mais qu'on

I^O KIHG LEAR (le ROI LEAr).

ne joue depuis longtemps que défigurée et telle qu'il a plu au pdëte lauréat de nous la faire. Dans l'original y le mélange de la folie réelle , de la folie spirituelle et de la folie feinte , forme un trio unique en son genre , et que Shakspeare seul pouvait concevoir et exécuter.

Miss Smithson, dans le rôle trop court de Cordelia , a été d'un naturel et d'un pathétique achevés. Lorsqu'elle apparaît ^ au cinquième acte, renversée dans les bras de son père ^ il est impossible d'être à la fois plus morte et jdus belle.

Quant à Brindal , qui représente un majordome impertinent , nous ne savons pas pourquoi il affecte lé ton et le sautillement d'un Crispin. G est peutêtre une tradition. Il est possible qu'on ait voulu remplacer par cette charge , la gaité que jetait dans la pièce le fou du roi. Mais , encore une fois, comment avoir supprimé ce rôle ? comment avoir privé cette majesté gothique' de cet accessoire indispensable ? Autant vaudrait supprimer le fou du jeu d'échec ou le valet du jeu de cartes.

CO0O30300O3O3OaO3O00093O0O3OQO30aoa0OO0MO300M00OO0O000OO0O00OOaoOOOaSOOO

Page 1