‹ Causeries et méditations historiques et littérairesChapitre 7 sur 109 · AU MOYEN AGE · texte numérisé non relu

AU MOYEN AGE

saMes preuves de parenté entre les deux littératures et les deux peuples de l'Islande et de la (Termanie. Dans le poème allemand des Niebelungen , recueil de chants nationaux , rédigé vers le commencement du XIII* siècle, M. Ampère signale la trace des légendes et des traditions Scandinaves. Il a pris sur-* tout pour point de comparaison un des plus beaux épisodes de l'j^^^a^ l'histoire de Sigurd , le héros ou , comme il l'appelle , l' Achille du Mord. Il prouve que dans les chants décousus de ÏEdda et dans le poème mieux ordonné des Niebelungen, ce sont les mêmes récits à trois siècles d'intervalle , là purement barbares et idolâtres , ici déjà à demi revêtus d'une teinte chevaleresque et chrétienne *

« On pressent, dit le jeune critique, de quelle utilité doit être cette étude pour celle des autres poésies primitives. Ainsi , quant aux poésies homériques , on n*a que le résultat définitif; on n'a point les divers degrés de l'élaboration plus ou moins longue , plus ou mdns compliquée , de laquelle elles sont sorties. La critique est obligée de distinguer après coup les divers éléments qui se sont agglomérés pour former ces admirables masses épiques, que la portion la plus cultivée du genre humain admire depuis trois mille ans. Ici les moniunents de ces transformations subsistent; on a dans VEdda Wdiapsodies isolées, et les rhapsodies réunies en corps de poëme dans les Niehêlungen. »

Le sujet traité par M. Fauriel n'of&ait ni moins de difficultés, ni moins d'importance. C'est encore de poésie primitive, de grandes épopées anonymes et nationales, qu'il s'agit. M. Fauriel a porté le flambeau de sa critique, aussi pénétrante que sûre

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et circonspecte, dans l'histoire fort complexe et fort obscure jusqu'à ce jour, de l'origine de nos romans chevaleresques du moyen âge. Les trois premières leçons de l'habile professeur, publiées comme elles ont été prononcées à la Faculté des let- ,tres, n'arrivent pas jusqu'à la complète solution du problème; mais elles la préparent de la manière la plus satisfaisante et font vivement désirer la suite de ce beau travail (i). Les deux objets principaux que s'est proposés l'auteur sont : i "^ De donner une idée générale des romans de Gharlemagne et de ceux de la Table-Ronde; de leurs matériaux, de leur forme^ de leur caractère et de leur esprit ; 2® de rechercher si ces notions générales ne renferment pas des données suffisantes pour fixer l'âge et le lieu de leur composition , et , ce qui ne serait pas moins important , le plus ou le moins d'antiquité des traditions qu'ils renferment.

Les romans ou les poèmes de Gharlemagne et de la Table-Ronde forment , comme on sait , dans la littérature épique du moyen âge, un fond général de traditions commun à l'Europe entière. L'origine de ces romans est-elle française, armoricaine ou galloise? M. Fauriel la croit provençale ; et c'est à la découverte et à la preuve de cette épopée provençale qu'il a consacré son cours de cette année. Quoi

(^) Cette suite a paru dans les livraisons suivantes de la Revua des Deux Mondes (Note de 1842).

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