LISTE DES PRINCIPAUX HISTORIENS DE GAMOENS
DiOGo DO CouTO. — Plusieurs traits de la vie de Camoens sont consignés dans les Décades de Diogo do Gouto , garde supérieur des archives de l'état de Tlnde , et continuateur de Fillustre historien du Portugal, Jean de Barres. Il faut consulter surtout la huitième Décade du premier livre, chapitre 28. Diogo do Gouto était le contemporain et Tami de Gamoens. Il composa , à la prière de ce poëte, on commentaire sur les Lusiades, qui n'a pas été publié. Manoel de Faria Severim nous a transmis ce renseignement , sur Tautorité d'une lettre adressé par Diogo do Gouto à un sien anu et portant la date de Tannée 4 64 4.
le licencié Manoel Gorrea. — On trouve quelques détails sur la P^fsonne de| Gamoens dans un des plus anciens commentaires des ^^^iiades , dû au licencié Manoel Gorrea , ami particulier du poëte. Vanoel Gorrea était né à Evora ; mais il habitait Lisbonne| et exer-
çait l66 fonctions d'examinateur synodal de l'archevêché elde cuié de l'église de Saintr-Sébastien dans la Mouraria (quartier des Maures) , où logeaient les parents de Camoens. Il n'est pas exact de dire , comme on a fait , que le commentaire de Hanoel Correa, imprimé pour la première fois à Lisbonne (Pedro Crasbeeck, 4643, in-i^), peu après la mort de Tauteur, soit le plus ancien commentaire des Lusiades, L'édition de ce poëme de 4594 est, s*il faut en croire son titre , accompagnée d'annotations de divers auteurs. Cette édition , que je n'ai pas vue , existe à Londres au Musée Britannique. De plus , Gorrea dit lui-même dans rayertiasement placé à la tête de l'édition de 4643, que ce sont les mauvais commentaires qu'on a imprimés sur les Lusiades qui l'ont engagea mettre le sien au jour : « J'avais , ajoute-t^il , composé ces annotations à la requête d'un de mes amis, sans avoir aucune inlentioi de les faire imprimer. Si j'avais eu ce dessein , je l'aurais exécuté pendant la vie de Luiz de Gamœns , qui m'en pria avec beaucoup d'instance. » Dans plusieurs endroits de son commentaire, et notamment chant premier, oct. i ; chant cinqui^e , oct xviii; chant sixième, oct. xl; chant septième, oct. lxxxi; chant neuvième, oct XXI ; chant dixième, oct. cxix, Correa donne des renseignements sur Camoens et s'autorise de choses que le poëte lui a dites. Cet écrivain était , d'ailleurs , un homme d'un savoir solide et entretenait une correspondance avec les principaux éruditsde son temps entre autres avec Juste Lipse. On trouve dans les épttres latÛMS de ce dernier une lettre adressée au licencié Manuel Correa , pleine d*affection et d'estime (Epist, 99 centar, ad Ital. a Hwpan.). 11 a laissé plusieurs ouvrages imprimés et, suivant l'usage des Portogais, un plus grand nombre encore de manuscrits.
Pedro db BIariz. — Le premier biographe de Camoens est un bibliothécaire de l'Université de Coimbre, Pedro de Mariz, qui plaça une vie de notre poëte devant le commentaire du tioenoé Manoel Correa, commentaire que Tauteur, en mourant, Favait autorisé à étendre et à corriger. Un biographe de Camoens, M. John Adamson, dont nous parierons plus bas, est tombé à cet ^ard dans quelque confusion. Il avance (Memoirs of ihe Ufe and wriUngs of Luis de Camoens , 1. 1, p. 49) que Manoel Correa composa une vie de Camoens , publiée par Pedro de Mariz après la mort de Tau-
teur. Cette aaseriion est inexacte. Gorrea n*a point composé de vie de Gamoens. Il suffit , pour lever les doutes à cet égard , de jeter les yeux sur rédition des Lusiades de 4 64 3 (Lisboa , Pedro Crasbeeck, iii4«), où la vie de Gamoens, sous la simple forme d'une lettre adressée aucc amateurs de la poésie^ est signée du nom de Pedro de Mariz. Le biographe anglais appuie son opinion de l'autorité de Manoei deFaria e Souza (Rimas varias de Luis de CamœnSj vida del poeto) et de celle de Barbosa Machado (Bibliotheca Lusiiana, t. III, p. W) \ mais Barbosa ne parle dans l'endroit cité , que du commentaire de Gorrea et mentionne (p. 595) la vie de Gamoens, comme l'OBovre de Pedro de Mariz. M. John Âdamson ajoute que ce fut à la prière de Gamoens que Manoel Gorrea entreprit son travail. Gela n'est pas non plus tout à fait exact. Nous venons de voir que, Correa composa son commentaire à la requête d'un sien ami, et que Gamoens le pressa , non de l'écrire , mais de le publier. M. John Adamson , dans le second vdume de son ouvrage (p. 296), a traduit trèsr-exactement cette fois la i^uase de Manoel Gorrea, flans s'apercevoir qu'elle contredisait ce qu'il avait avancé dans le tome premier , p. 4 9. D'ailleurs , Pedro de Mariz , selon M. Francisco Alexandre Lobo, n'a montré que peu de savoir et encore moins d'intelligence dans son travail. Ge docuntent , respectable parce qu'il sort d'une main contemporaine , renferme même plusieurs observations malveillantes , qui ne pouvaient partir de la main d'un ami. Gette vie a été réimprimée , et peut-être amendée dans la seconde^ partie des Rimas de Camoms (Lisboa, Pedro Grasbeeck, 4646, in-i»), édition précieuse dont la Bibliothèque royale ne poesède que la première partie (Lisboa, Grasbeeck, 4607, in4<»), contenant les LusiadeSy mais que je crois complète dans la bibliothèqne publique de Bruxelles. G'est par une erreur évidente que l'éditeur desŒaTres de Gamoens, publiées à L&bonne en 4779-4790, 3 volumes in-8^ avance (t. I, p. 4) que la notice de Pedro de Mariz a été réimprimée dans l'édition des Rimas de 4604 . Il faut trèscertainement lire 4646. Toutes les réimpressions faites sur l'édition de 4779-4780 ont eu le tort de reproduire cette fausse date.
Manobl de Faru Sevbrim. — Après le premier et insuffisant essai biographique de Pedro de Mariz , un antiquaire érudit, le docteur Manoel de Faria Severim , chantre d'Evora , publia en 4624 ,
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dang l'ouvrage intitulé Discanos ^arios e poUHcos , une viede Camoens plus étendue et 'plus exacte , qui a été réimprimée dans Tédition des Lusiades » Lisboa , 4720 , in-folio. Cetteédition , qui renferme en outre la reproduction du commentaire de Manoel Gorra, est malheureusement très-peu correcte , et fautive surtout pour les noms propres. Manoel de Faria Severim est le premier qui essaya d'extraire des œuvres mêmes du poète les renseignements sur les parties obscures de sa vie. Gaspar de Faria Severim, neveu de Manoel , a composé en latin un court éloge de Gamoens, quesononde a traduit en portugais et placé à la suite de la vie du poëte. Il faut ramarquer ici qu'un ecclésiastique nommé Manoel Pires deÂlmeida, a laissé une vie manuscrite de Gamoens à la tète d'un commentaire sur les Lusiades j en quatre volumes in-folio, également manoscrit Gomme il légua ce travail à Manoel de Faria Severim et à son naveu Gaspar , on a pu croire que ces deux historiens de Gamoeas avaient profité des recherches de Manoel Pires; mais celui-ci n'étaat mort qu'en 4663 , cette supposition est inadmissible.
Manoel de Faria e Sooza. — Malgré le travail trè^-recommaadable de Manoel de Faria Severim , un autre écrivain , Manoel de Faria e Souza , un des plus laborieux et des plus célèbres polygr»pbes portugais , pensa , non sans raison , qu'il restait encore beaacoup de choses à édaircir dans la vie et dans les (Buvres de Gamoens. n publia en espagnol une vie de ce poëte , qu'A plaça devant son volumineux commentaire sur les Lusiades, écrit aussi ea espagnol (Madrid , 4639, quatre tomes en deux volumes in-folio). Manoel de Faria e Souza laissa , de plus, une seconde vie manoacrite de Gamoens , laquelle difière , à quelques égards , de la pre* mière. Gette seconde vie plus abrégée fut imprimée à Ushoiaie en 4685-4689, à la tète de son ample commentaire sur les RimK varias de Gamoens, ctnq tomes en deux volumes in-folio (4).
(I) C«s cinq tomes ne oondennent qn'noo partie des Rknat; les tnaes VI • Vil et yill» qui renferment la «uite des églogues, les redondilhas, les trovis, la comédies et les ocavres en prose , n'ont pas été publiés : on les a conservés losg' temps dans la Bibliothèque da couvent de N tissa Senhora da Graca, à\>ù ils ont de passer dans le dépôt central qu'on a formé k Sao Francisco da Cidadeidr* livres et manuscrits provenant des couvents de la province d'Bstnmadvie, affés U inppression des ordres monastiqnes. Les édîlenrs de 1779-4700, qui ont «eivik
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Manoel de Faria e Souza a composé encore une autre vie de Gamoens. C'est une églogue en vers intitulée CMra , formée presque en entier de passages extraits des œuvres mômes du poëte. Ce centon trôsrvague , comme on le pense bien , n'a pas été imprimé , ainsiquele semble croire M. John Adamson (Memoirs ofthe life, etc., t. n, p. 332)/ dans l'édition des Lusiades de 4639 , non plus que dans celle des Rimas de 4 685. Je trouve pour la première fois cette églogue insérée dans le quatrième volume des Obras de Camoens , imprimées en 4779-4780,, et je conjecture que l'éditeur, Thomas Joseph de Aquiao, aura extrait ce poëme d\in des trois volumes ma- DQBcrits de Faria e Souza , conservés alors au couvent de Nossa Senhora da Graça. Manoel de Faria e Souza a fait suivre cette pièce de quelques notes explicatives , écrites en espagnol , où l'on trouve diverses anecdotes sur l'auteur des Lusiades. Cela fait donc, de bon compte, trois vies de Camoens dues à cet écrivain , indépendamment de la part assez grande qu'il a donnée dans son Àsia Pcrfuguesa aux actions militaires de notre poëte.
Lb Père Niceron. — Ce biographe a inséré dans ses Mémoires pour sfimr à rhistoire des hommes illustres (tom. XXXVII, p. 244- 260), une courte vie de Camoens. Cette notice , que Niceron tenait d'im Portugais instruit , renferme , au milieu d'assez nombreuses inexactitudes, plusieurs renseignements fort utiles.
Ignacio Garcbz Fbrreiha. — Cet écrivain a mis à la tète d'une édition des Lumefes , publiée àNaples (4734-4732, 2 vol. in-4o), une vie abrégée et assez peu satisfaisante , au jugement de M. John Adamson. Cette notice a été plusieurs fois reproduite , notamment dans l'édition de 4759 (Paris , Didot; Lisbonne , chez DUbeux et Bonardel , 3 vol. in-42). Malheureusement on n'a pas fait le même honneur à plusieurs dissertations qui accompagnent cette vie dans Tédition de Naplee et que je regrette de n'avoir pu consulter.
Thomas JosBPH db Aquino. — L'abrégé de la vie de Camoens, inséré dans l'édition de 4779-4780, et vraisemblablement composé
texte de Manoel de Faria e Sonia , ont consulté res trois précieux rolnmes. Igmrîo Garces Ferreira a cm que la mort de Manoel de Faria e Sotita aroit empiché rachèrement de l'édition Hes Rimas varias. C*cit une erreur; Manoel de Farta e Sonsa était mort dé» le 3 juin 1649.