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ANTONIO VIEYRA, PRÉDICATEUR PORTUGAIS

des missions du Maranhâo, vingt-deux navigations sur des fleuves aussi étendus que la Méditerranée, quinze mille lieues faites à pied dans les déserts du Nouveau-Monde, ne sembleraient pas avoir pu lui laisser le loisir d'être écrivain. Cependant Yieyra est compté, à juste titre, parmi les gloires littéraires du Portugal, et Ton ne sait ce que Von doit le plus admirer des immortelles productions de son génie ou des six cents lieues de pays qu'il a conquises à l'Evangile et à la civilisation.

Cet homme illustre naquit à Lisbonne, le 6 février 1608. Il n'avait pas encore huit ans lorsqu'il suivit au Brésil son père Christophe Vieyra Ravasco, qui allall à la Bahia remplir des fonctions publiques. Il fit les plus brillantes études au collège des jésuites et fut admiré dès-lors pour son génie précoce. Ayant entendu un sermon, dont il fut vivement touché, comme il nous l'apprend (1), il prit, malgré sa famille, la résolution d'entrer dans la Compagnie de Jésus. La nuit du 5 mai 1 6^3, à peine âgé de quinze ans, il quitta secrètement la maison paternelle, pour se rendre au couvent des jésuites, où il reçutl'habit de l'Ordre, le 6 mai 1625. Il fit vers, le même temps, le vœu secret de se consacrer à la conversion et à l'émancipation des saii* vages et des esclaves tant de l'Afrique que de l'Amérique. Dans celte vue, tout en professant la

(1) Vov. Sermào VI , lome VII de la collection.

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rhétorique au collège de Femambouc et en oommentant les métamorphoses d'Ovide et les tragédies de Sénèque, il s'appliqua à apprendre la langue Bunda (i) et plusieurs des dialectes du Brésil. Il fut ordonné prêtre en décembre i635. Avant et d^uis cette époque jusqu'en i64o, il se livra, avec une ardeur vraim^it apostolique et avec un succès iaïf mense, à la prédication. Il prononça, ai i64o, k fameux sermon pour le bon succès des tûmes du Portugal contre celles de la HoUande^ dont nom citerons plus bas qudques fragments. Pendant plusieurs années , Vieyra fut chargé de la rédac* tion de la lettre latine annuelle que, dans chaque province, la Compagnie adressait au générai de J' Ordre (2). £n 164 1, après la restauration de la maison de Bragance et le rétablissement de h nationalité portugaise, il fut choisi pour accompagner à Lisbonne et aider de ses conseils le jeune Dom Fernand de Mascarenhas , fils du vicenroi , chargé d'aller complimenter Dom Jean IV. Ce prince charmé , comme toute la cour et comme toute la population de Lisbonne, de l'éloquence dn père Vieyra, l'attacha à l'ëducation de l'infant Dom Pèdre et le nomma son prédicateur en i644- 1^ faveur royale attira à l'illustre religieux quelques

(4) Langue parlée à Angola.

(2) Le recueil des lettres annuelles écrites par le Père Tieyra (caria» annuaes da Provinda do Brœsil) se trouve manuscrit à Lisbonne dans la Bibliothèque de M. le V^ de Santarem.

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contradictions de la part de sa Compagnie. I^ roi, l'ayant su, lui fit offrir un évéché; mais fidèle à son vœu, Vieyra répondit qu'il n'échangerait pas contre toutes les mitres du royaume la pauvre robe de la Compagnie de Jésus. On voit par le recueil de ses lettres ( i ) qu' il prit à cette époque une part fort active aux affaires publiques et aux discussions du conseild'État. Il paraît notamment avoir beaucoup contribué à^' établissement des deux compagnies des Indes orientales et occidentales (t^). Il était consulté même sur les opérations militaires (3). Le roi ayant reconnu combien le génie du père Vieyra était propre aux affaires, le chargea de plusieurs négociations délicates. Il l'envoya tme première fois, en 1646, à Paris et à La Haye, puis il le renvoya l'année suivante dans ces deux capitales (4), bipassant par Londres. Il le désigna pour accom* pagner Dom Luiz de Portugal au congrès de Westphahe et voulut l'accréditer comme son ministre eu Hollande. Mais le père Vieyra refusa cette haute

0) Carias do Padre Antonio Vieyra , Lisboa , 4735 , 3 vol. in-l®. — PIusieurB de ces lettres sont de véritables mémoires relatifs aux a&ires d'État. — M. José Ignacio Roquete a publié à Paris en 4 838, un abrégé de ce recueil , sous le titre de Cartas selectas, eu un volante in-42, et l'a fait précéder d'une notice intéressante sur Tauleur que nous avons souvent consultée.

(2) Yoy. Recueil de lettres, t. II, L. 98^ et Cartas sekctas^ p. 4 4 G.

(3) Même recueil , t. II, L. 4 , et Cartas seleetasj p. 91 .

(4) Voy. une lettre datée de Paris du ^5 octobre 4S47 (Recueil de lettres, t. II , L. 2, et Cartas selectas^ p. 207.)

. ^7^ AHTONIO VIETRA.,

position, comme ne lui paraissant pas compatible avec son état.

De retour à Lisbonne, à la fin d'août 1649» '' quitta de nouveau cette ville, le 10 janvier suivant, pour se rendre à Rome, où il devait tâcher d'entamer une négociatipn pour le mariage de l'Infiuit Dom Theodosio avec la fille de Philippe IV, et où il était chargé d'une mission encore plus délicate relative à la couronne de Naples. Obligé de quitter Rome, sans avoir réussi, il retourna à LisbonneeD novembre i65o. Pendant les deux années suivantes, il fut de nouveau en butte aux tracasseries de son Ordre et menacé même d'exclusion. Pour mettre fis à ces mésintelligences et accomplir le vœu qu' il avait fait dans sa jeunesse de se consacrer à Tinstruction des sauvages, Yieyra s'embarqua pour le Brésil, le 22 novembre 1662, muni d'une licence royale d'affranchissement pour les nouveaux convertis. Une tempête l'ayant forcé de relâcher au Cap-Vert, il fut très-.affligé de l^abaodon spirituel où il trouva les habitants de la côte de Guinée et d'Angola. Uen écrivit au roi, déjà malade, et parvint à lui inspirer de tels scrupules , que deux missions furent établies , l'une par les religieux de dapiedadcj au Cap- Vert , l'autre par les carmélites déchaussés, à Angola (i).

(4) Je tire ces détails d'un manuscrit de la Bibliothèque royale (fonds français, n» 2022), dont je dois l'indication à M. le V*' de Saniarem. Ce volume contient , parmi plusieurs ouvrages du

Il arriva dans la capitainerie du Maranhâo, le 17 janvier i653y accompagné de plus de trente religieux. Malgré le mauvais vouloir et l'opposition violente de la population européenne, il commença avec fruit ses travaux apostoliques; maïs il fut bientôt tellement entravé, qu'il dut, l'année suivante, s'embarquer secrètement pour Lisbonne, afin de porter plainte au roi contre les obstacles que l'avarice des colons et la connivence des capitainesgénéraux du Maranhâo et du Para suscitaient aux travaux des missionnaires (i). Quoique obligé de tenir son projet caché, il ne put s'empêcher d'exhaler son indignation dans le beau sermon de Saint- Antoine, qu'il prêcha trois jours avant son départ, et où d'abord sous le voile de l'allégorie, puis par une véhémente et directe apostrophe, il gourmanda rendurcissementdescolons(2). Aprèsavoir éprouvé de graves accidents de mer, il arriva à Lisbonne en novembre' 1654 • Il y trouva des députés du Bré-

Père y ieyra , la défense de son conunentaire sur les vers prophétiques de Bandarra , dont nous parlerons plus loin. — On peut lire encore au sujet des missions du Cap-Vert et d'Angola y une lettre datée du Cap-Vert, le 25 décembre 4652, et adressée au confesseur du roi Dom Jean IV, dans le Recueil jde lettres , 1. 111, L. 4 , et Carias sekctas, page 4 46.

(4) Il s'était déjà plaint vainement au roi à ce sujet dans une longue et éloquente lettre du 4 avril 4654. Voy. Recueil de lettres, 1. 1, L. 44 , et Cartas sekctas , p. 477.

(2) Ce sermon, un des plus admirés du Père Vieyra, se trouve dans le t. II de la cx)llection.

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sily venus exprès pour s'opposer à raffiranchissement des Indiens que les missionnaires réclamaient comme indispensable à leur conversion. Ayant défendu et gagné cette noble cause et obtenu d*éclatants succès dans la chaire, Viey ra quitta Lisbonne le 16 avril i655 et retourna dans ses déserts. Ce fut alors que , se livrant à toute l'ardeur de son prosélytisme et mieux secondé par les autorités portugaises (1), il conquit au christianisme , en moins de six ans, la plupart des peuplades qui erraient dans le Searà, le Maranhâo, le Para et le long du fleuve des Amazones. Il fit élever seize églises et composa lui-même un catéchisme en six langues pour l'usage des néophytes. Il soumit enfin au Portugal et à l'évangile les Nheegaibas, qui le reçurent en triomphe le 5 août 1659 (a).

Cependant, les colons, de plus en plus irrités des préjudices que le succès des missionnaires

(1) Dans ane lettre datée du f"* septembre 4658 , le Père Vieyra remercie la reine , veuve de Dom Jean lY, de la protection qu'elle accorde aux missions du Brésil. Voy. Recueil des lettres , 1. 1, L. 45, et p. 45 des Cartas sekekts.

(2) Voy. Copia de huma carta para el rey sobre as missoens do Seard , do Maranhào , do Para et do grande rio das Amazo/uu ; Lisboa, 4660, in-4<', et dans le t. XIV de ses sermons, p. 266. — Je ne sais si cette pièce , citée ainsi par Barfoosa , est la même que la lettre adressée au jeune roi , Dom Alfonse VI , qui se trouve dans le Recueil de lettres, t. II, L. 2, et p. 23 des Cartas seledas. Dans cette lettre , ou plutôt dans ce rapport, daté du 44 février 4660 , on voit que les sauvages Nheegaïbas avaient donné à Vieyra le surnom bien mérité de Padre grande.

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éprouver à leur coupable cupidité, embarquèrent de force, en 1661, Vieyra et ses compagnons et les renvoyèrent à Lisbonne, sous prétex^te qu'ils s'en» tendaient avec les Hollandais pour enlever le Brésil au Portugal. Cette absurde accusation tombait d'elle-même; mais ce voyage n'en fut pas moins pour Vieyra la cause de nombreux malbeurs. Alfonse YI avait succédé à Dom Jean lY • De jeunes ambitieux s'étaient emparés de l'esprit du roi mineur. Consulté par la régente, Vieyra fut d'avis d'exiler les fatvoris. Ce coup d'autorité fut frappé le 27 juin i66a, et une remontrance, dont la reine-mère confia, dit*on, la rédaction à la plume de Vieyra, fut lue solennellement au jeune roi, en présence des grands corps de l'État (1). Mais Alfonse ayant repris presque aussitôt le gouvernement des mains de sa mère, les favoris redevinrent maîtres (2) et firent reléguer Vieyra au Porto, puis à Coimbre. Alors, à l'instigation de la nouvelle cour, d'anciennes inimitiés se réveillèrent. Déjà, en iSSa, les jésuites portugais mécontents d'une mesure qu'ils avaient

(4) On peut lire cette pièce dans le quatrième volume des lettres de notre auteur , p. 324 , et dans les Cartas selecku , p. 373 . — Ce quatrième volume n'a paru qu'en 4837, à Lisbonne , sous le litre suivant : Cartiis do P. AnUmio Fteyra a Duarte Ribeiro de Macedo; il est rempli de détails intéressants pour Thistoire politique du Portugal.

(2) Voyez le récit de ces événements dans la RelaUon des troubles arrivés à la cour de Portugal, par Frémont d'Ablancourt , p. 98etsuiv.

38o ANTOniO VIEYRA ,

crue conseillée par lui (i), avaient voulu l'exclure de leur société comme novateur. Cette fois, on incrimina un ouvrage rempli d'un patriotisme un peu chimérique , comme il est aisé d'en juger par le titre : Esperançus de Portugal y quinto Imperio do mundo {p)j et, de plus, on l'accusa d'avoir émis soit dans la conversation, soit dans la chaire, des propositions contraires à la foi. Croirait-on que ni la gloire ni les services éminents qu'il avait rendus au christianisme et à son pays n'empêchèrent ce grand homme d'être poursuivi, en i663, par l'inquisition? Il se défendit chaleureusement et son éloquence ne lui fit pas défaut (3) ; mais le tribunal

(4) Les jésuites de Portugal ne formaient qu*une seule province; le roi décida qu'elle serait partagée.

(9) Cet ouvrage bizarre, écrit au Brésil en 4659, est un commentaire sur quelques prophéties en vers du fameux savetier-poëte Bandarra. Voici le titre de ce livre , d'après le MS. de la Bibliothèque royale (fonds français, ifi 2022) : Ezjperançc» de Portugal quinio imperio do mundo , primeira e Bgunda vida del rey D. Joào /K, escriptas por GonsaUanes Bandarra. Une copie de cet ouvrage se trouve à Lisbonne dans La Bibliothèque de M. le V^*^ de Santarem ; elle a été donnée à son père par le célèbre juriacoosuite Pascoal José deMello.

(3) Yoy. dansleMS. de la Bibliothèque royale (fonds franc. n'^âOiî) deux pièces apologétiques, 4* Petipdo que o Padre Antonio Vieyra da Companhia de Jésus fez ao tribunal do conselho gérai do Santo Offido 4 665; 2° Defezado livro intitulado Quinto imperio que kejuntamente a segunda apologia do Uvro clavis PROpmsTARUM de regno ChrisU , que o P. Ant. Vieyra offereceo aos senhores Inquisidores estando prezo (Ces deux morceaux , fort étendus Tun et l'autre , contiennent beaucoup défaits importants pour la vîe de Vieyra jusqu'à

du Saint-Office n'était pas de ceux sur lesquels le prestige de la parole pût quelque chose. Emprisonné le a octobre i665, on crut lui faire grâce, lorsqu'on F élargit, le ^4 décembre 1667, après vingt-six mois de détention, en le dispensant de figurer dans la cérémonie de Tauto-da-fé. On le relégua à Pedroso, et l'on n'eut pas honte de lui interdire la prédication (1 ). Heureusement la révolution de palais (scandaleuse à bien des égards) qui, quelques mois après cette sentence, amena la déposition d'Alfonse VI et la régence de son frère , rendit à Vieyra de puissants protecteurs qui le rappelèrent à Lisbonne. H fiit même relevé, au mois de juin 1668, des peines portées contre lui. Aussi, avant la fin de cette année, prononça-t-il, dans la chapelle royale, un discours beaucoup plus politique que religieux, à l'occasion du jour anniversaire de la naissance

raDQée 4S65). — On imprima à Lisbonne, en 4757, un ouvrage du Père Vieyra intitulé : Carta apologeHeay qui fut condamné par un édit de la censure royale, le 40 juin 4768. Voy. Deducçdo chrorun logica, t. IV, appendix, p. 289.

(4) On trouve dans le manuscrit de la Bibliothèque royale (fonds franc, n* 90^), le texte entier de la sentence rendue contre Vieyra par Ilnquisition de Goimbre. Cette pièce fut lue à Taccusé dans la salle du SaintOfiBce , 1^ vendredi 23 décembre 4667, après midi et publiée, le samedi matin, dans le collège des Jésuites : « On a employé à la lire deux heures un quart », dit un post-scriptum joint à la copie. — Cet arrêt est imprimé , avec quelques légères variantes, dans le recueil intitulé : Dedueçâo chronologiea, prova num. XI.V. L'auteur de ce recueil a aveuglément accueiUi les imputations les plus violentes des adversaires du Père Vieyra.

38a ANTONIO VIEYBA,

de la reine (i). Le 6 janvier suivant, il improvisa dans le noième lieu , à l'occasion de la naissance de Finfante Isabelle, un discours où se montre encore plus/suivant moi, Thabileté ducoui^tisan que la gravité de l'orateur chrétien (a). Enfin, il remporta, cette même année (1669), un de ses plus grands succès oratoires, en prononçant son ëh meux panégyrique de Saint-Ignace dans l'église de Saint-Antoine à Lisbonne. Cependant, malgré l'admiration générale qui l'entourait et la bienveillance particulière que lui portait le Régent, dont il avait été le maître et le confesseur, Yieyra crut

(4) Yieyra a intitulé ce discours Sermâo hisUmco e paneg^hco. n en existe une traduction française par le Père Ant. Yeijas, sous le pseudonyme de Saint- André , intitulée Discours historique, pour U jour de la naissance de la sérénissime reine de Portugal , où il est traité des grands événements arrivés Vannée dernière dans ce royaiume'là. Paris, 4669. in-4». Cette ingénieuse apologie des événements de 4668 , eut le plus grand succès à la cour de France, notamment, dit-on, auprès de Turenne et du grand Condé.

(2) Sermâo gratulatorio e panegyrico, etc. Ce discoursa été traduit en français par le Père Verjus jésuite, sous ce titre : Diseo^m de conjouissance sur lanaisamcé de VInf<mte de Portugal, prononcé devant toute la cour assemblée dans la ehapelle royale pour y chai^ ter le TE imtm ; Paris, Cramoisy, 4 674 , in-4**. —II n'est pas inntSe de remarquer qœ le Père Verjus avait joué un rôle très-ac0f dans l'intrigue qui enleva à Alfonse VI sa couronne et sa femme , et fit passer Tune et l'autre à son frère Dom Pèdre. C'est ce même jésuite Verjus qui apporta , à point nommé , à Lisbonne , la dispense du légat qui permit à Dom Pèdre d'épiouser , sans délai , la rehie sa belle-sœur. Voyez l'ouvrage de Frémont d-Ablancourt

prudent d'aller passer quelque temps à Rome (i) , où il avait d'ailleurs à poursuivre plusieurs affaires qui intéressaient au plus haut point l'Église de Portugal, notamment la canonisation des quarante martfrs{pL).VL s'embarqua donc le 1 5 août 1 669, et, après avoir été forcé par une tempête de relâcher à Marseille, il arriva dans la capitale du monde chré* tien, un peu avant la mort de Clément IX et l'intronisation de Clément X, deux grands spectacles auxquels il assista et qu'il a décrits (3). Il séjourna à Rome, comblé de louanges et d'hommages, jusqu'au a!i mai 1675. Cefiitdans cet intervalle qu'il composa un petit écrit , qui n'a été publié qu'en rSai, intitulé TVoft'cîVw reconditas . . , ^ c'est-à-dire : Notes secrètes adressées au souverain Pontife Clément X, sur la manière dont Vinquisition de Portugal procède envers ses prisonniers (4). Pen-

(O.Dans une lettre adressée à la reine d' Angleterre et datée de Rome, le 21 décembre 4669, Vieyra de plaint amèrement du peu de gratitude que Dom Pèdre lui témoigne. Cela peut expliquer son départ de Lisbonne. Voy. Recueil de lettres , t. Il, L. 62, et Cartas t02ecta8, p. 460.

(2) Il s'agissait de quarante missionnaires jésuites, qui, le 45 jullet 4570 , se rendant au Brésil , furent massacrés et jetés à la mer par un chef calviniste, nommé Jacques Soria.

(3) Recueil de lettres , t. II , L. 64 et 63 et CartM selectas, p. 243 et 246.

(4) On lit un peu plus bas sur le titre que, a par suite des informations oontenoes dans ce mémoire , l'Inquisition fut suspendue pendant sept ans en Portugal , de Tannée 4674 à Tannée 4684 . » Je ne

384 Airroiifo vietra,

dant les six années de son séjour à Rome, Vieyra ne cessa d'occuper la chaire évangélique. L'admiration qu*il excita fut si générale et si vive, qu'on le pressa de toutes parts de prêcher en italim. Il s'y refusa longtemps et ne céda qu'à l'ordre de ses supérieurs (i). Il ne fut pas moins éloquent daos cette langue étrangère, qu'il ne l'était en employant sa langue natale. Il eut souvent le pape, les cardinaux et surtout la reine Christine pour auditeurs. Celle-ci fut si frappée de la hardiesse et de l'originalité de sa parole, qu'elle voulut se l'attacher et le nommer son prédicateur; mais Vieyra ne soiïpirait qu'après le moment de reprendre ses travaux de missionnaire. De plus, le climat de Rome avait altéré sa santé, et l'air du Portugal lui était devenu nécessaire pour la rétablir. Ce fut alors qu'il reçut du Saint-Siège une distinction peut-être unique et qui n'est pas une des moindres singularités de sa

crois pas cette assertion exacte. Nous verrons tout à l'heure Yusfn retourner à Lisbonne en 4 676 , muni d*un bref du pape qui Teolevait à la juridiction des inquisiteurs portugais. Cette précautioo eAt été tout à (ait inutile, si l'Inquisition avait été suspendue dans ce royaume. — Nous mentionnerons , à propos de rinquiaition , une pièce de Vieyra que Barbosa n'a pas dtée ; elle est intitulée : Ltfttnr écrite de Rome à unreligietàœ portugais, sur les changements apportés auoi usages de VlnquisiUon de Portugal, Ceai la demièrp pièce du manuscrit de la Bibliothèque royale, fonds franc. , n'Wi — ^Vieyra dit en plaisantant, dans une lettre du 26 septembre 4673. qu'en Portugal , il vaut mieux être inquisiteur que roi. (4) Voy. Recueil de lettres, t. II, L, 73, et Cartas selectas, p. 974,

PRil>ICAT£UR PORTUGAIS. 385

vie. Un bref de Clément X, du 17 avril 1675, non seulement le releva des diverses censures qu'il avait encourues, mais, pour l'avenir, le plaça en dehors de la juridiction des inquisiteurs portugais et le soumit à la seule congrégation romaine des cardi- Qaux(i). Muni de cette sauve-^garde, il arriva à Lisbonne, à la fin de .1675. Nous le voyons alors souvent consulté par Dom Pèdre et par son Con*» seil, comme il l'avait été par Dom Jean IV et par la régente. En 1678, il reçut, par l'entremise du général des jésuites, une nouvelle et plus pressante invitation de la reine de Suède qui désirait l'avoir pour confesseur. On peut lire dans le recueil de ses lettres (a), le refus ferme et respectueux qu'il op^ posa à cette flatteuse insistance, alléguant sa santé affaiblie, son insuffisance et le poids croissant des années. Conformément au désir de Dom Pèdre et sur Tordre exprès de Jean Paul Oliva, son général, il commença l'impression de ses sermons, dont le premier tome parut en 1679. Enfin, fatigué du

(4) Voici l'intitulé qui précède ce bref transcrit textuellement ; a Exemptio Ântonii Vieyra Lasitani presbyteri regularis Societatis Jesu ad ejus vitam a quacumque jurisdictione Tribunalis S. Officiî Portugallis ac immédiate subjecto (lis : immediata subjectio) Gon-^ gregationi S. Officii de Urbe in quibusdam causis ad d. Tribunal speclantibus , quse contra d. Vieyra ex quacumque causa moveri pofisentin d. Tribunali S. Officii Portugalliae. 9 Voy. Bullarium /ior manum, Hieron. Meinard., Rom., 4733 , t. VU , p. 342.

(«) Voy. t. III , cart. 55 , et Cartas selecUu , p. 437-4 41 . II. 29

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monde et aspirant à la solitude, il résolut de se retirer au Brésil. Il partit, pour la dernière fois, du port de Lisbonne le 27 janvier 168 1 .

Arrivé à la Bahia, il s'établit dans une QuintUy on habitation rurale^ appartenant à la compagnie de Jésus et appelée Tanque. Là il se livra sans relâche aux soins que demandait l'impression de ses oeuvres oratoires, qui se continuait à Lisbonne. Mais des' circonstances imprévues le forcèrent encore à sortir de sa retraite et à rentrer dans la vie militante. Un conflit s' étant élevé, en i68!i, entre son frère , Bernard Yieyra Bavasco , Secrétaire-d'État, et le gouverneur, il crut devoir intervenir, et cette affaire fîit pour lui , pendant plusieurs années, une cause de tourments, d'injures et de persécutions violentes. Malgré ses quatre-vingts ans, il chercha, comme il avait toujours fait, des consolations dans l'exercice de la prédication. Il prononça, le 1 1 septembre 1684 9 l'oraison funèbre de la reine Dona Maria Francisca Izabel (1) et fit, en 1689, deux sermons, Tun sur la naissance , l'autre sur la mort de l'infant, fils de la reine Dona Maria Sofia (a). Il avait été, le 17 janvier 1688, nommé, par le général des jésuites, visiteur de la

(4) SemUto nos eocequias da Rainha N. Senhora D. Maria. Francisca Izahel deSahoyanaMiserioordiadaBakia, Lisboa; 46S5,

(2) Voy. Hecueil de letlres , l. III. L. 70 et 79, et Carias seUetas, p. 324 et 323.

PRÉDICATEUR PORTDGAIS. 38"»

province et supérieur de toutes les missions de r Amérique du Sud. Il passa ses dernières années à la Bahia , où il habitait une petite maison avec un jardin, dans un des faubourgs. Ce grand homme tint exactement son vœu de pauvreté. U ne possédait aucune propriété et se servit , dit-on , quatorze ans du même manteau. Il continua jusqu'au dernier moment de sa vie d'être en correspondance avec^les tètes couronnées; parmi ses lettres nous en voyons une adressée a la reine d'Angleterre, datée de la Bahia, le a4 juin 1697 (i) ; il mourur, dix-sept jours après, le 1 1 juillet de cette même année, dans un état presque complet de cécité, à l'âge de plus de quatre-vingt-neuf ans.

On trouve dans les ouvrages comme dans la vie aventureuse du père Vieyra un caractère poétiqiie, qui est d'ailleurs le trait dominant de presque tons les écrivains portugais. Nous citerons pour preuve l'extrait d'un sermon que cet ardent missionnaire prononça, en 1 64o, dans l'église de Notre- Dame da Ajuda , à la Bahia, pendant la lutte si opiniâtre et si glorieuse que le Portugal soutint contre la Hollande pour la possession du Brésil. Ce morceau est empreint de toute la pieuse hardiesse et de toute la fervente singularité d'un aussi vigoureux caractère. <c C'est , dit l'abbé Raynal (dont nous empruntons la traduction,. quoique fort

(4) T. III , cari. 93 , et Carias selectas , p. 346.

388 ANTONIO VIËTRA,

abrégée et un peu affaiblie) le discours le plus extraordinaire que Ton ait peut-être jamais entendu dans aucune chaire chrétienne (i). »

Vieyra, après avoir pris pour texte la fin da psaume i8, où David, s'adressant h Dieu, lui dit : Réi^eille^toi^ Seigneur l jxmrquoi t* es-tu endormi? continue en ces termes :

« . . . . C'est ainsi , qu'en protestant plutôt qu'en priant , le Prophète-Roi parle à Dieu. Le temps et les circonstances sont les mêmes... Ce ne sont donc pas les peuples que je prêcherai aujourd'hui. Ma voix et mes paroles s'adresseront (dus haut. J'aspire, dans ce moment , à pénétrer jusque dans le sein de la divinité. C'est le dernier jour de la quinzaine que , dans toutes les églises de la métropole, on a destiné à des prières devant les sacrés autds; et puisque ce jour est le dernier, il convient de recourir au seul et dernier remède. Les orateurs évangéliques ont travaillé vainement à nous amener à résipiscence : puisque nous avons été sourds, puisqu'ils ne nous ont pas convertis , c'est toi , Seigneur, que je convertirai... Ignores-tu que l'hérétique , enflé des succès que tu lui accordes , a déjà dit que c'est à la fausseté de notre culte qu'A doit ta protection et ses victoires? Et que veux-tu qu'en pensent les gentils qui nous environnent , le Talapoin qui ne te connaît pas encore , et l'inconstant Indien à peine mouillé des eaux du baptême?... Ne nous as-tu donc donné ces contrées que pour nous les Ater? Si tu les destinais au Hollandais , que ne l'appelais-tu quand eOes

(4) Voyez Raynal, Histoire philosophique tt poUUquê des dtÊOB Indes; Paris, Amable Coste , 4820, t. Y, p. 37. — M. Baynouard a élevé , à tort, dans le Journal des Savants du mois de mars 4827, quelques doutes sur l'authenticité de ce sermon. Le texte se trouve dans le Recueil des sermons du Père Vieyra; Lisbonne, '4 679-4696, 45 vol. in-i*", troisième partie, p. 467. Il a pour titre : Peio bom successo'das armas de Portugal contra as de Hollanda.

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ébéent tuculles? Lliérétique t'a-t-il rendu de si grands services, et sommes-noiis si vils à tes yeux que tu ne nous aies tirés de notre contnfe que pour être ici ses défricheurs, pour iui bâtir des villes , pourrenrichir de nos travaux?... Job, écrasé de malheurs, conteste contre toi : tu ne veux pas , sans doute , que nous soyons plus insensS>le8 que lui. H te dit : « Puisque tu as décidé ma perte , consomme-la , tue-moi ; anéantis-moi ; que je sois inhumé et réduit en poussière , j'y consens. Mais demain tu me chercheras , et tu ne me trouveras plus. Tu auras des Sabéens , des Chaldéens , des blasphémateurs de ton nom ; mais Job , mais le serviteur fidèle qui f adore, tu neFauras plus... » — A ton avis, La Hollande te fournira des conquérants apostoliques qui porteront , au péril de leur vie , par toute la terre , l'étendard de la croix 1 La Hollande t'élèvera des temples qui te plaisent , te construira des autels sur lesquels tu descendes! Oui, oui; le culte que tu en recevras, ce sera celui qu'elle pratique journellement à Amsterdam , à Middlebourg , à Flessingue , et dans les autres cantons de cet enfer humide et froid.

a Je sais bien , Seigneur, que la propagation de ta foi et les intérêts de ta gloire ne dépendent pas de nous , et que , quand il n'y aurait point d'hommes , ta puissance , animant les pierres ^ en susciterait des enfants d'Abraham. Mais je sais aussi que , depuis Adam, tu n'as pas créé d'hommes d'une espèce nouvelle ; que tu te sers de ceux qui sont, et que tu n'admets à tes desseins les moins bons qu'à défaut de meilleurs... Si nous sommes assez malheureux pour que le Hollandais se rende maître du Brésil , ce que je te recommande avec humilité , mais très-sérieusement, c'est d'y bien regarder avant l'exécution de ton arrêt. Pèse scrupuleusement ce qui pourra t'en arriver. Consulte-toi pendant qu'il en est temps encore... Avant le déluge, tu étais aussi très-courroucé contre le genre humain. Noé eut beau te prier pendant un siècle , tu persistas dans ta colère. Les cataractes du ciel se rompent enfin ; les eaux surmontent les sommités des montagnes ; la terre entière est inondée, et ta justice est satisfaite. Mais, trois jours après, lorsque les corps surnagèrent , lorsque tes yeux s'arrêtèrent sur la multitude des cadavres livides , lorsque la surface des mers t'offrit le spectacle le plus triste , le plus affreux spectacle qui eût jamais

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afiQigé le regard des anges , que devins-tu? Frappé de ce tableau, comme si tu ne Tavais pas prévu , tes entrailles s*émurent de douleur. Tu te repentis de ce que tu avais fait souflGrir au inonde (\). Tu eus des regrets sur le passé ; tu pris des résolutions pour Tavenir. Voilà comme tu es ; et puisque c'est là ton caractère , pourquoi ne te ménages-tu pas en nous épargnant? Lorsque tes templo seront dépouillés , tes autels détruits , ta religion éteinte au Brésil , et ton culte interrompu ; lorsque Fherbe croîtra sur le parvis de tes églises, le jour de Noël viendra sans que personne ae souvioDiii du jour de ta naissance ; le Carême, la Semaine Sainte viendront, sans que les mystères de ta passion soient célébrés. Les pierres de nos rues pleureront, comme pleurèrent celles de Jérosalem détruite. tHus-de prêtres, plus de sacrifices, plus de sacrements. L'hérésie s'emparera de cette chaire où je parle , et la Dansée doctrine infectera les enfants des Portugais. Un jour on demandera aux descendants de ceux qui m'entourent : Jeunes garçons, de quelk religion ^tes-txnieP et ils répondront : i^Tous sommes caitfinùkt. Et vous , jeunes filles? et elles répondront : Nous sommes UM- Tiennes. Alors tu t'attendriras, tu te repentiras; mais puisque le regret t'attend , que ne le préviens-tu?... »

Certes, ni Bossuet, ni Bourdaloue, ni Bridainene noua offrent rien de plus audacieux que cette sur* prenante allocution, rien que l'on puisse mettre au-dessus de cette véhémente et respectueuse prise à partie.

. Outre ses sermons, qui remplissent douze volumes in-4'' (a), Vieyra a composé un grand nom*

(1) L'abbé Raynal a traduit : « Tu te repentis d'avoir fait le monde. » C'est un léger faux sens que nous avons dû corriger, ainsi que deux ou trois autres expressions inexactes.

(2) Lisbonne , 4679-474 8. — Les tomes Xm et XIV, que je n'ai pas été à même de consulter , renferment des ouvrages historiques et politiques. Le tome XV, que j'ai eu entre les mains, conlieot

bre d'écrits, dont on trouve l'indication dans Barbosa. Ceux de ses autres biographes que j'ai pu consulter (i) n'en ont cité que la moindre partie. Nous ne croyons pouvoir mieux compléter l'idée que nous avons essayé de donner de cet homme extraordinaire, qu'en transcrivant ici les titres de quelques-uns de ses ouvrages, que nous n'avons pas encore mentionnés : i " Lettre du Père Yieyra au provincial du Brésil sur les motifs qui lui ont fait quitter Lisbonne en 1 652i ; a^ Rapport au Conseil ultra-maritime (le ministère des colonies) sur les affaires du Maranhâo^ rédigé à Lisbonne en 1 678 ; 3** Relation de la mission de la Serra de Ibiapaba ; 4^ Vœux relatifs aux difficultés qu'éprouvent les habitants de Saint*Paul au sujet de l'administration des Indiens , opuscule écrit à la Bahia et daté du 12 juin 1694- (Ces quatre mémoires, et plusieurs autres non moins importants, ont été réunis dans le Recueil publié parle Père André de Barros, intitulé f^ozes Saudosas da eloquencia, do espiriiOy etc. do Padre Ant. Vieyra; Lisboa, 1736, in-4®); 5"*

l'Histon'a (2o /iidiro. — Un grand nombre des sermons du Père Vieyraontété traduits en espagnol, en italien et en latin. Son i4t>afU, «ntre autres, a paru, il y a peu d'années, en allemand àLeipsick. — Anselmo Caetano Munhoz a donné en deux volumes in-4<> des morceaux choisis du Père Yieyra, sous le titre de Ftatra abbreviado; liaboa, 4746.

(1) Je regrette d'avoir connu trop tard l'existence de l'ouvrage de M. Fr. Alexandre Lobo, évéque de Viseu, intitulé : Diâewrso hktorico ecrittco acerea do P. Ant. Vieira e das 9ua$ obras. {Note de 4842.)

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Apologie des larmes d'Heraclite^ baditiâge phiIo«* sophique composé en italien, pendant son dernier séjouf à Rome; 6* L'Art de voler, critique piquante de tous les genres de roueries politiques et diplomatiques (1) ; 7"^ Discours sur la comète qui parut à la Bahia, le 27 octobre 169/i (2); 8"* LUistoirede l'avenir. (Ces deux ouvrages de Vieyra témoignent, comme le livre sur le Cinquième Empire et la Clef des Prophètes y d'une étrange faiblesse de ce grand homme. Il croyait à la possibilité de découvrir l'avenir et même un peu à l'astrologie judîciaire.

Parmi les nombreux ouvrages manuscrits qu'il a laissés nous ne citerons que les suivants : i" De la manière de gouverner les Indiens dans le grand Para; a^ Comment, en i655, les Indiens furent pris et traités en esclaves ; V Politique du diable (je ne sais si cet ouvrage traite du Saint-Office ou des manœuvres des colons); 4° Mémoire politique adressé au roi Dom Pèdre II, au sujet de la convocation des Cortès pour établir un tribut qui servit à combler le déficit, écrit au nom des paysans da la Serra da Estrella; 5^ Description de Lisbonne; 6® Description du Maranhâo; 7*^ Parecer

(4) Barbosa ne cite pas cet ouvrage anonyme, qui pourrait bien ne pas appartenir à Vieyra.

(2) On peut lire dans le tome n de son Recueil de lettres et p. lOi des CartM sekctas, une lettre adressée, en 4 665, à Tinfant Dom Theodosio, où se rencontraient déjà les mêmes idées superstitieuses sur les^ comèles.

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poUticOy etc. Opinion politique sur la question de la guerre ou de la paix avec la Hollande pour la possession de Femambouc : cet écrit est connu sous le nom de Papel forte ; 8* Instruction et réponse au sujet de Taffaire de Naples ; 9® État des services rendus pendant trente-huit ans à la couronne de Portugal parle père Antonio Vieyra, pour venir à l'appui de la requête de son neveu Gonzalo Bavasco Cavalcante et Albuquerque , Secrétaire-d'État du Brésil ; i o® Une série de mémoires sur la situation des juifs et des nouveaux convertis en Espagne et en Portugal. (Les ouvrages qui composent les six articles précédents se trouvent à Lisbonne dans la précieuse bibliothèque de M. le V** de Santdrem , avec diverses autres pièces et une vaste correspondance du même auteur, qui remplit à elle seule plusieurs volumes) ; 11® Conseils pour bien mourir; \i^ Commentaire sur les tragédies de Sénèque Nous nous arrêtons: l'imagination est effrayée à la vue de si prodigieux travaux. Peut-être, à part soi, plus d'un .de nos lecteurs rougit-il, comme nous, du dédain que nous avons si longtemps montré pour une littérature qui a produit de si remarquables écrivains. Peut-être aussi s'étonnera-t-on qu'il nous ait fallu profiter d*iJn intervalle de liberté de presse pour gliâser dans un recueil littéraire l'éloge d'un homme qui honore à ce point le christianisme et l'humanité.

QOOooogoQaoooooMooooow

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