BRÉSILIENNE
élever à une existence qui lui fut propre la poésie brésilienne. Aujourd'hui nous n'avons dessein de parler que de deux poèmes composés vers le milieu du dernier siècle, et qui, par le choix du sujet et l'originalité de plusieurs détails, offrent un commencement de physionomie américaine.
Le premier de ces ouvrages est dû à Frei José de Santa Rita Durâo. Il est intitulé Caramurù, Il contient le récit des aventures romanesques d'un jeune Européen qu'une tempête a jeté sur les côtes du Brésil. Fait prisonnier et réservé pour les repas des sauvages, une cuirasse étincelante qu'il a sauvée, un fusil et quelques autres merveilles de l'Europe, causent tant d'admiration aux Brésiliens, que, de leur prisonnier, Diogo Correa devient bientôt leur maître. Le bruit de son mousquet le fait surnommer Caramuràj c'est-à-dire fils du tonnerre. Voulant répandre la foi parmi les Indiens , il se fait d'abord instruire de leur religion, ce qui amène naturellement l'exposition des antiques croyances de ces peuples. L'amour qu'il inspire à la fille d'un chef voisin allume la guerre entre la peuplade qu'il commande et celle d'un autre chef, épris de la même beauté sauvage. Bientôt les armées sont en présence. Le poëte en fait le dénombrement à la manière homérique. Mais il y a dans cette peinture des traits de mœurs locales curieux à noter. Ici ce sont les Caetes que des cicatrices horribles défigurent, là les Margates au front teint de noir : II. S8