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ROMANS PORTUGAIS ET BRESILIENS

TRADUITS PAR M. BUGÈNB DE MOITTCLAVE.

caramurCf , ou la Découverte dektBahia, roman-poëme brésilien, par José DE Santa Rita Durao (4).

Iln*aencore paru de ce recueil, qui doit contenir la traduction de presque tous les grands ouvrages d'imagination écrits en portugais sous une forme épique ou romanesque, que deux livraisons, comprenant le Caramuru et Pahnerin (ï Angleterre. Quoique le traducteur, M. Eugène de Montglave, ait cru devoir prendre de fort grandes libertés avec ces deux ouvrages, nous n'en regretterions pas moins vivement qu'il ne nous donnât point le Siège de Diu et le Naufrage de Sepulueda de Corte Real, VUra^uajr de l' ex-jésuite Basilio da Gama, le Clarùnond de Jean de Barros, et les autres romans et poèmes qu'il nous a fait espérer. Tout ce qui tend à répandre de plus en plus parmi nous la connaissance des littératures voisines est un service rendu à la nôtre. U est bon qu'on puisse lire dans son ensemble le Caramuruj cepoëme brésilien qui n'était

(4) Troisvol. in-42.

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jusquUci connu en France que par les extraitsqu en a donnés M. Denis dans son Précis de la littéra-'

ture portugaise et brésilienne.

]Kt d'abord, levons Téquivoque que présente le mot de brésilien. Il ne s'agit ici, en aucune £aiçon, d'ouvrages composés dans l'ancien idiome américain. Le Caramurùy malgré son titre indigène, n'est qu'un poème écrit en vers portugais, à la fin du dernier siècle, par un religieux né au Brésil (i). Certes, rien ne serait plus précieux que des fragments de vraie poésie brésilienne. Toutes les relations des premiers missionnaires s'accordent à nous montrer les peuplades du Nouveau-Monde comme étant passionnées pour la musique et pour la poésie, ce Les sauvages du Brésil, dit l'un d'eux, se plaisent par-dessus toute chose à la douceur du chant; ils font consister dans cette jouissance toute la félicité humaine (a). » Les Brésiliens en étaient donc probablement arrivés, lors de l'invasion portugaise, à cette première époque poétique que l'on peut appeler lyrique; mais ils n'en étaient pas encore aux longs poèmes. La Grèce, à demi-sauvage et privée, sinon de la connaissance, au moins de l'usage facile de l'écriture, ofire peut-être le seul exemple d'une poésie qui débute, ou peu s'en faut, par deux

(4) La seule édition que nous connaissions de ce poëme est de 4784 , lisbopne, chez Jean Joseph Dubeux. Un vol. in-So.

(2) Chronica da campanhia de Jesu do estado do BratU, pello Padre Simâo de VasconceUoe. Usboa, 4663, in-foHo, Hv. I, p. 406.

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épopées; et «icore oephéDomène a-t-il paru si peu croyable que Térudition moderne commence à ne plus voir dans ces deux prétendus poèmes que les romanceros de laGrèce aux temps héroïques. Quoique ce qui regarde la littérature primitive des Brésiliens, ou plutôt leurs chants populaires, comme on dirait aujourd'hui , fut peut-être légitimement en dehors du cadre que s'était tracé M. de Montglave, nous n'en regrettons pas moins qu'il n'ait pas cru devoir faire de cette recherche l'objet de quelques pages dans son introduction.

Au reste, ce qui subsiste aujourd'hui de cette poésie indigène doit se réduire à peu de chose. Voici quelques notes que nous avons prises autrefois sur ce sujet dans nos lectures. D'al)ord dans T Histoire (très-curieuse et très-véridique) d^un voyage fait en i556y par Jean de Léry, en la terre du Brésil j on rencontre plusieurs fragments des chansons, ou, comme ce bon ministre protestant fes appelle, quelques échantillons des chanfreries des sauvages (i). Léry a poussé le soin jusqu'à noter ces airs (ii), dont la modulation est fort simple . Par malheur, les fragments de paroles qui les accompagnent ne sont que d'un ou deux vers, et quelquefois même ne consistent qu'en une interjection répétée. On ne peut pas douter, néanmoins,

(4) Toyez Jean de Léry, cinquième édition, Genève, 4644, in-8<*; p. 474 et posMfn.

(3) Ce ne sont, je crois, que les refrains.

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