FUN VIEILLARD
Parmi les devoirs que nous imposent Dieu et les hommes, Thospitalilé fut dans tous les temps et chez toutes les nations, celui qu'on remplit avec le plus d'empressement et de lidélilé. « Fais pour les autres ce « que tu voudrais qu'il le fût fait ! » nous dit un des plus beaux dogmes de la morale chrétienne. « Aide- « moi ! je t'aiderai quelque jour, » semble nous dire la personne que nous recueillons sous notre toit, que nous admettons à notre table, à notre foyer.
Ces vérités qu'on ne saurait graver de trop bonne heure dans la mémoire des enfants, seront prouvées par le récit que je vais faire à mes jeunes lecteurs, d'une anecdote que j'ai recueillie dans un village des environs de Paris.
12 CArsEniES IVCN VrK:i.LAÎlD.
Le chcàteau de R*** venait d'être vendu par un banquier très-renommé, que des spéculations de bourse avaient ruiné de fond en comble. On ne voit que trop souvent, hélas! de ces victimes d'une insatiable ambition. L'acquéreur de cette belle terre était un ancien manufacturier retiré du commerce, septuagénaire, veuf et sans enfants. Habitué toute sa vie à faire du bien, il projetait d'en répandre de nouveau; mais, voulant s'assurer qu'il placerait utilement ses bienfaits, il résolut de mettre à l'épreuve les divers habitants du village où l'on ne connaissait ni ses traits, ni sa personne. Il arriva donc le soir dans sa nouvelle propriété ; et dès le lendemain matin, sous les habits d'un honnête indigent, accompagné d'un gros chien de ferme son gardien fidèle, un bâton noueux à la main et sa belle tête chauve couverte d'une vieille casquette, il parcourt plusieurs habitations, où il se présente comme un ancien ouvrier de manufacture, sans parents, hors d'état de travailler, et n'ayant plus pour ressource que rattachement de son chien et la commisération des personnes charitables qui daigneraient l'assister.
On se doute aisément qu'il fut plus ou moins bien accueilli de ceux qu'il éprouva. Rudoyé par les uns, humilié par les autres, quelquefois même soupçonné d'être un malfaiteur, quoique sa figure vénérable dût écarter un pareil soupçon, il fit la cruelle expérience que ce ne sont pas toujours les heureux du siècle qui savent le mieux compatir au malheur. Aussi, lorsqu'il rentrait au château, vers dix heures, il inscrivait sur un registre les noms de tous ceux qu'il avait visités, et pre-
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nait une note exacte des diverses réceptions qu'on iui avait faites.
Un jour qu'il achevait sa ronde d'indigent, selon son usage, il aperçoit à la grille d'une belle habitation, deux jeunes personnes escortées d'une vieille gouvernante : elles étaient parfaitement vêtues, âgées de douze à treize ans : elles marchandaient d'élégantes ombrelles que leur présentait un colporteur, et qu'elles payèrent chacune vingt francs renfermés dans une riche bourse contenant leurs économies. Le soi-disant pauvre vieillard les aborde avec confiance, espérant obtenir quelques secours de ces belles opulentes. Quelle est sa surprise d'entendre l'aînée des deux sœurs lui dire avec un regard de mépris et une insultante dureté : « Est-ce qu'on demande ainsi, sans être connu? Passez, passez votre chemin! — On n'en finirait pas, ajouta la cadette, s'il fallait donner à tous ces gens-là. » Le faux indigent se relira sans rien répondre ; et, s'informant dans le voisinage du nom des deux impitoyables, il apprit qu'elles étaient les seules enfants d'un grand spéculateur de terrains, nommé Ghardel, élevées par une mère éblouie de son opulence, et dont l'égoïsme ne pouvait être comparé qu'à sa vanité.
Quelque temps après, c'était la matinée d'une belle journée du mois de juin, le malin vieillard parcourant les environs du village, aperçoit une humble habitation, espèce de chaumière isolée dont la porte était fermée. Sept heures venant de sonner au clocher de la paroisse, il ne pouvait concevoir comment cette demeure n'était pas ouverte ; et sa première pensée fut qu'elle était inha-
itée. Il s'assied donc sur un bloc de pierre placé tout, près de l'entrée, pose auprès de lui son gros bâton, caresse d'une main son chien fidèle ; de l'autre ôte sa vieille casquette, découvre son front septuagénaire; et, cédant à cette douce fraîcheur du matin qui jette dans tous les sens un beaume délectable, il s'endort profondément.
Il reposait depuis quelques instants, lorsque tout à coup s'ouvre la porte de l'habitation, d'où sortent deux petites villageoises de neuf à dix ans, qui, voyant le vieillard endormi, craignent de troubler son sommeil, et tiennent à voix basse la conversation suivante : « Dis donc, Georgette, as-tu peur? — - Du tout, ma sœur : il a une si bonne figure ! — Et c' gros chien qui fait le guet auprès d' lui? — I' garde son maître; c'est tout simple.
— S'il allait sauter sus nous? — Oh! qu' non : ces bons animaux-là. Lise, aiment trop l'z' enfants, pour leur faire aucun mal. — Et si 1' vieillard se réveille, qu' ferons nous? — Nous r ferons entrer dans not' demeure.
— Et si c'était un malfaiteur? — Pas possible : il a F sommeil trop doux. — Maman nous grondera; ça c'est sûr. — Eh non ; elle nous recommande si souvent d'être bonnes pour les pauvres gens! — Il est vrai : quoiqu' ça je n' suis pas trop rassurée. — Et moi, j' gagerais que c'est un brave homme... i' s' réveille: nous allons bien voir. »
Le vieillard en effet ouvre les yeux; et soudain apercevant les deux sœurs dont les regards sont attachés sur lui, il leur dit : « C'est vous, je le vois, qui habitez cette demeure? —Nous-mêmes, mon bon monsieur, lui répond Georgette : qu'y a-t-il pour vot' service?— Hélas!
mes bonnes petite?, je ne suis point un monsieur ; mais un pauvre "vieil indigent réduit à réclamer Tassistance des âmes charitables. — Dam ! nous n'avons point d'ar- ■ gent à vous donner, reprend la jeune fille. Not' mère, qu' est sage-femme, a passé toute la nuit hors de la maison ; elle a la clef du coffre. Mais ça ne nous empêche pas d' vous offrir d' quoi vous donner quéqu' forces, ajouta Lise, enhardie par le son de voix si touchant de rinconnu. — Ce n'est pas de refus, mes petits anges; car je sens déjà que la faim me tourmente. — J' vous offrirais bien V bras, continue Lise; mai j'ai trop grand' peur que vot' gros chien n' me morde : i' n' Trait d' moi qu'une bouchée. — Lui ! c'est le plus excellent animal!... regardez ! il comprend déjà que vous daignez m'accorder l'hospitalité, et le voilà qui vous caresse. » Le chien en effet léchait la main de Georgette, qui avait osé la lui poser sur la tète, et venait se frotter contre Lise avec toute l'expression de la reconnaissance.
L'inconnu, à peine introduit dans la chaumière, est placé par lesjeunes filles dans un grand fauteuil de bois. « Celait celui d' not' grand-père, dit Georgette ; et vrai, j' croyons le r'voir en vous. — 1' m'a souvent prise là, dans ses bras, dit Lise, et fait de bien douces caresses. — Eh bien, venez dans les miens ! répond le vieillard, et je tâcherai que l'illusion soit complète. — Je n' demand'rais pas mieux, mon brave homme; mais j' crains toujours qu' vot' gros chien n' me morde. » En ce moment même la pauvre bête vint lui lécher les mains, et la jeune fille, enhardie par cet admirable instinct de l'animal, lui rend caresse pour caresse, ce Tenez, bon-
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homme, reprend Georgelte, avalez-moi c' verre de vin ; c'est du pays; i' gratte un peu ï gosier; mais ça rafraîchit. — A mon tour, ajoute Lise, « j' vous offre un reste de gâteau d' froment qu' m'a mère m'a donné hier au soir pour mon déjeuner de c' matin, avec un morceau d' fromage salé ; c' qui vous excite l'appétit, dam faut voir! — Et vous, chère enfant, avec quoi déjeunerez vous? — Est-ce qu'il n'y a pas du pain dans la huche, donc? un peu sec, mais c'est égal. — Y'ià encore, reprend Georgetle, deux grosses pommes d' l'année dernière, que j' conservais précieusement : je n' saurais en faire un meilleur usage. — J' voudrions, reprend Lise aussitôt, avoir d'aut' bonnes choses à vous offrir; mais c'est tout c' que nous avons. » Et là-dessus les deux sœurs prennent chacune une main du vieillard, qu elles pressent sur leur cœur avec une expression ravissante. Enfin, tout ce qui peut donner une juste idée de la plus généreuse hospitalité, fut employé par Lise et Georgette, pour convaincre l'inconnu de tout le bonheur qu'elles éprouvaient à le recevoir; et son chien ne fut pas moins festoyé.... Mais déjà le soleil étant au tiers de sacouise, le vit'iliard annonça qu'il allait continuer sa route. « Nulle part, leur dit-il, je ne serai accueilli mieux que chez vous.... et je vous promets d'en conserver longtemps le souvenir.... Comment se nomme votre mère? — M""^ Chopin, veuve depuis cinq ans. —Ne m'avezvous pas dit qu'elle était sage-femme? — Sans doute, et bien connue dans l'canton. — Adieu, mes bonnes petites... mes anges tutélairesî nous nous reverrons.... j'ose l'espérer. En attendant , soyez toujours bonnes,
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hospitalières, et le Ciel vous en récompensera. Vous
nous promettez, dit Georgette, de r'venir nous voir, vous asseoir dans le fauteuil de not' grand-père? — Et d' nous ram'ner vol' bon chien, dont je n'ai plus peur? ajoute Lise en le caressant de nouveau; comment l'appelez-vous? — Fidèle : n'est-ce pas qu'il est bien nommé... Au revoir donc, mes jeunes amies! ce sera plus tôt peut-être que vous ne le pensez. » A ces mots, il leur donne à chacune un baiser sur le front, et s'éloigne en retournant de temps en temps la tète du côté des deux sœurs, et leur exprimant du geste les vœux qu'il faisait pour leur bonheur.
Quelque temps après eut lieu la fête patronale du village. On annonça que M. Germont, nouveau propriétaire du château, voulant payer sa bienvenue dans le pays, donnait dans son parc un bal à tous les habitants du canton ; et qu'au grand banquet servi dansTorangerie, il serait fait un présent à toutes les jeunes filles, sans distinction. Ces bruits, accrédités par les gens du château, qui parlaient sans cesse de l'opulence et des trails de générosité de leur maître, excitèrent l'intérêt et la curiosité de toutes les classes des habitants ; il n'y eut pas une seule famille qui ne s'empressât de se rendre à un semblable appel. La soirée était ravissante, et des groupes nombreux entouraient, en dansant, un orchestre bien composé et placé au centre d'une brillante illumination. M. Germont parfaitement vêtu, sa télé chauve, couverte d'une titus ondoyante, n'offrait pas la moindre ressemblance avec le vieil indigent qu'on rencontrait souvent le matin, parcourant le village et ses environs.
Mêlé dans les groupes, il examinait à son aise les divers personnages inscrits sur son registre, avec les notes fidèles des diverses réceptions qu'il avait eues. Il remarqua la famille Ghardel, dont les deux demoiselles, étalant, à F instar de leur mère, une toilette très-recherchée, dédaignaient de se mêler à la danse avec les jeunes et jolies villageoises qui en faisaient le charme et fornement. Il aperçut aussi, dans un petit coin sombre, la modeste M""^ Chopin assise, avec ses deux filles, sur un tertre de gazon, et n'osant pas leur permettre de se livrer à la danse. Georgette et Lise étaient simplement vêtues, mais avec une extrême propreté ; et sous leur bonnet rond on remarquait les figures les plus expressives. Le maître du château feignit de ne pas les connaître ; mais, les recommandant particulièrement à plusieurs jeunes gens de sa société, il eut la jouissance de les voir participer aux plaisirs de la fête, ce qui causait à leur mère une joie inexprimable, et surtout une surprise étrange de ce que plusieurs beaux messieurs daignaient être les cavaliers de ses tilles, dont l'âge, la mise et la condition ne pouvaient attirer sur elles un regard favorable.
Enfin, le banquet est annoncé dans forangerie, où une table en fer-à-cheval contenait environ deux cents couverts. Chacun s'empresse d'aller y prendre place; mais la timide M'"« Chopin n'osait pas s'y présenter avec ses enfants, lorsque les mêmes cavaliers qui les avaient fait danser, viennent leur donner la main, ainsi qu'à leur mère, et les conduisent toutes les trois au haut de la table, auprès de M. Germoiit. Elles en rougissaient de
confusion, et ne pouvaient concevoir ce qui leur attirait un pareil honneur. A la droite du vénérable Germont s'était placée la brillante M'"^ Chardel, escortée de ses deux demoiselles, étalant la plus riche parure, et se gourmant comme la reine de la fête. Jamais banquet ne fut plus joyeux et mieux ordonné. Le plaisir, causé par ce mélange de tous les rangs, brillait sur la figure de chaque convive. Un toast général fut porté au maître du château ; ily répondit avec cette vive émotion de l'homme de bien, et en même temps avec cette modestie d'un sage que n'éblouit point Téclat de la fortune. « A vous, excellente femme ! dit-il à la timide M'^^ Chopin ; et à vos deux charmantes filles ! » Elles se regardent toutes les trois, et ne savent ce qui peut leur attirer une distinction aussi flatteuse, lorsque le gros chien, qu'on avait laissé sortir de sa niche, rôdant autour des nombreux convives, et flairant chacun d'eux, vint caresser Georgelte, qui le reconnaît et dit à Lise : « C'est Fidèle! c'est r chien du pauvre vieihard. — Faut croire, lui répond sa sœur, que 1' cher homme est r' venu, comme i' nous l'avait promis, et qu'il s'est mêlé dans la foule. — Oh! qu' j'aurais d' plaisir à le r' voir! reprend Georgette. —Et moi, donc! ajoute Lise; je m' sens encore pressée dans ses bras, sus 1' fauteuil de not' grand-père. — Je n' suis pas moins empressée que vous, mes enfants, dit M'"^ Chopin, de 1' connaître et d' lui donner Thospitalité. Sitôt qu'on se lev' ra de table, nous 1' chercherons dans r parc, et l'emmènerons coucher chez nous. » M. Germont entendait cet entretien, et jouissait en secret de leur méprise. Le festin terminé, on passe dans les sa-
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Ions où se trouvaient étalées les diverses offrandes annoncées pour les jeunes filles. Chacune d'elles les convoitait des yeux ; et MM''^^ Chardel avaient déjà remarqué un coffret de salin rose, orné de fleurs admirablement brodées, et qui leur paraissait contenir le cadeau qu'on leur destinait. Enfin, la distribution va commencer : M. Germont reparait. Mais ce n'est plus l'opulent propriétaire du château; c'est le vieil indigent dont il a repris l'humble costume; et sa têle chauve est dans toute sa nudité. Chaque habitant du village le reconnaît; Georgette et Lise poussent un cri de joie en s'écriant : « C'est lui ! » Les brillantes D"^^ Chardel baissent les yeux, en répétant avec confusion : « Oui, c'est bien lui. » Le pauvre vieillard annonce alors que M. Germond l'a chargé de faire aux jeunes filles du village une offrande qui donnât à chacune d'elles la récompense des secours qu'il en avait reçus. Celle-ci qui lui avait donné quelques pièces de monnaie, les retrouve dans une bourse de soie, avec une longue chaîne de cou et des boucles d'oreilles en or. Celle-là qui s'était privée d'excellents fruits pour les lui offrir, et dont les fiançailles allaient avoir lieu, reçoit en échange un riche habillement de mariée. Cette autre qui l'avait recueilli par un violent orage, et s'était fait un devoir de sécher elle-même ses habits à son modeste foyer, trouvait un juste de soie bleue, avec la jupe et un tablier de mousseline brodée, enveloppés dans la vieille souquenille que portait ce jour-là le pauvre vieillard. En un mot, le moindre service fut généreusement acquitté, surtout envers ceux qui n'avaient pu donner que sur leur nécessaire. Arrive
le tour de MM"''* Chardel, qui lorgnaient toujours avec avidité le beau cofïret de satin rose ; mais elles ne reçoivent qu'une feuille de papier, roulée sous un ruban noir : la curiosité les excite à l'ouvrir; et leur confusion est extrême, lorsqu'elles lisent les mêmes mots qu'elles avaient adressés au pauvre septuagénaire : « Passez^ passez votre chemin! On n'en finirait pas, s'il fallait donner à tous ces gens-là. » Les deux sœurs pâlissent de dépit et de honte : leur mère prend l'écrit qu'elle lit à son tour, et se retire avec ses filles, qui, sans doute, profitèrent de la leçon.
A vous ! dit alors le faux indigent aux deux sœurs Chopin. A vous, qui m'avez comblé de tout ce que l'hospitalité peut inspirer de plus touchant! ce ne furent ni l'éducation, ni l'usage du monde, excellentes créatures, qui vous portèrent à m'accueillir avec tant de gentillesse et de bonté : c était ce pur instinct de la nature, et ce noble élan des cœurs compatissants... recevez-en donc le juste salaire. » Il leur remet, à ces mots, le brillant coffret de satin rose contenant des parures analogues à leur condition, et pour chacune d'elles, un rouleau de pièces d'or, puis il ajoute : « Vous trouviez que je ressemblais à votre grand-père, lorsque j'étais assis entre vous deux, dans son fauteuil; eh bien, c'était Dieu qui vous inspirait; car, dès ce moment, je vous regarde comme mes enfants. Vous habiterez au château, ainsi que votre digne mère, qui exercera gratis, dans le village, son utile profession. Vous serez élevées sous mes yeux; et après moi, vous jouirez d'une portion de ma fortune. Viens, ma Georgette! viens, maUse !... Je veux
que tous les matins vous veniez m' embrasser ainsi dans le grand fauteuil de bois qui sera placé dans ma chambre; et je vous devrai, bonnes petites, la consolation des infirmités de la vieillesse, et le bonheur du reste de ma vie. »
Il serait difficile de peindre Tctonnement et Tivresse des deux sœurs et de leur mère : prosternées toutes les trois aux pieds de Thonorable vieillard, elles le couvraient de baisers et de larmes de joie. Tous les assistants, partageant leur bonheur, invoquaient le ciel pour la conservation des jours du maître du château; et Ton vit, dans ce moment, le chien fidèle s'approcher de Lise et de Georgette, et se coucher à leurs pieds avec un doux regard qui semblait leur dire, que lui aussi, voulait les récompenser d'avoir si bien rempli les devoirs de Thospitalilé.
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