‹ Causeries historiques et littérairesChapitre 12 sur 60 · TOME I · texte numérisé non relu

TOME I

le plus sage, le plus sobre et le plus simple des grands poètes persans.

Nous suivons la traduction de H, HohI, qui passe, parmi les orientalistes, pour un chefd'œuvre de fidélité.

Lorsque les ténèbres eurent remplacé le jour, Minoutcher envoya son) avant-garde sur la montagne et dans la plaine. Karen le brave marchait devant l'année avec Serv, le roi de lemen, homme de bon conseil. Sa voix s'éleva devant l'armée : — 0 braves, 6 lions du roi, sachez que ceci est un combat contre Ahriman, qui, dans son cœur, est l'ennemi du Créateur... Aussitôt que poindra la claitc du jour, vous ceindrez vos reins de héros, vous saisirez vos massues et vos épées de Kaboul ; chacun prendra son ran^ : ancon ne devancera de son pied les autres.

Les chefs de l'armée, les grands pleins de courage, se rangèrent de^-ant le roi au cœur de lion et lui dirent : — Nous sommes des esclaves et ne vivons que pour le roi ; ce qu'il nous oixlonnera, nous le Terons sans hésiter; nous convertirons avec nos épées la terre en un fleuve de sang. Puis ils retournèrent vers lenrs tentes tous méditant des moyens de vengeance.

Lorsque la lumière commença îi rayonner du côté du levant et â déchirer les ténèbres de la nuit, Minoutcher s'élança du centre de l'armée, portant une cuirasse, une épée et un casque de Rom. Toute l'armée poussa

un cri ; ils levèrent leurs lances vers les nuages, la tête pleine de colère et les sourcils froncés ; ils roulèrent sous leurs pas la sur&ce de la terre comme un tapis. Le roi plaça avec art la gauche et la droite, le centre et les ailes de l'armée. La terre ressemblait à un vaisseau sur la mer, dont on (Urait qu'il va sombrer. Le roi fit sonner les trompettes sur le dos des éléphants de guerre. La terre tremblait comme les vagues du NU. Devant les éléphants se trouvaient les timballiers bruyants et furieux comme des lions qui s'élancent; tu aurais dit que c'était un banquet, tant y résonnaient les clairons et les trompettes. Les armées s'élancèrent conune des montagnes et s'avancèrent des deux côtés par pelotons. La plaine devint comme une mer de sang. Tu aurais dit que la surface de la terre était couverte de tulipes. Les pieds des éléphants de guerre s'enfonçaient dans le sang et paraissaient comme des colonnes de corail...

Le courage me manque pour continuer...

N'en est-ce point assez et n'avez-vous pu déjà apprécier ce monument du génie oriental ? Faut-ii Tavouer, ce qui nous frappe surtout dans cette poésie sans flamme? C'est l'exagération des idées, l'incohérence des détails, linappropriation des images aux situations qu'elles doivent traduire. Quelle imagination que de

comparer le champ de bataille ensanglanté à une pelouse émattlie de tul^! L'étrange idée, après avoir montré la terre tremblante au bruit des trompettes de guerre, que d'iyouter : Tu aurais dit que (fétàU tm banquet ! Tout cela peut être de Torientalisme, mais alors plus que ja* mais nous répétons que le génie hébreu n*a rien à démêler avec le génie oriental.

Et la différence ne vient pas de ce que Tun est orné et l'autre simple, mais de ce que Tun marche au hasard, entremêlant tous les détails et toutes les figures avec une prolixité barbare, tandis que Tautre choisit et se borne. La Bible est, par instants, plus riche en métaphores que Firdùusi lui-même ; *mais la splendeur vient à sa place. Tout s'harmonise avec le sujet, tandis que la muse orientale passe sans cesse de l'enflure à la trivialité. Tout à l'heure son langage avait l'emphase du dithyrambe, maintenant il a la vulgarité d'une causerie de voisinage ; elle avait commencé par voiler, sous les comparaisons, les détails les plus nécessaires, et maintenant elle vous donnera en termes techniques les détails les plus inutiles.

En voici un exemple pris cette fois dans le Kourouglou. C'est le portrait du coursier arabe.

Vif et pétulant, vois si ses naseaux se gonflent et se dégonflent altemati veinent; si ses jambes déliées sont semblables aux jambes de la gazeUe prête à prendre sa course. Ses hancbes doivent ressembler à ceUes du chamois. Sa bouche sensible cède à la plus légère impulsion de la bride, comme la bouche d'un jeune chameau. Lorsqu'il mange, ses dents broient le grain et le front craque comme la meule qui tourne et il l'avale comme un loup affamé. Son dos doit te rappeler exactement celui d'un lièvre. Sa crinière est douce et soyeuse, sou cou élevé se dresse comme celui du paon. L'époque la plus convenable pour le monter est entre la quatrième et la cinquième année. Sa tète est nette et petite comme la tête du grand serpent tchah'tnaur : ses yeux sont saillants comme deux pommes; ses dents semblent autant de diamants. •• Ses membres sont délicatement contouiiiés et offrent une forme plutôt arrondie qu'allongée... Son ventre et ses côtes doivent remplir exactement la sangle.

Opposez à ce tableau celui de la Bible.

Est-ce vous (dit Dieu à Job) qui avez donné au cheval la force et le courage? qui l'avez rendu terrible par un hennissement semblable au tonnerre? Le rendrez-vous inquiet et le ferez-vous bondir comme une

sauterelle? Le voiU qui crème dn pied la terre, Q est pleio de confiince dnu sa Tigneor, Q m «Klenmt det homines armés. Il se rit de b pear, la vne des ^>âes ne peut le fiûre reculer. IncapaUe de ae contenir, Q frappe le s(d et l'enfonce. Les prenûen signaux de la trompette ne panent l'^niser et qnand le dernier lignai est donné, il dit : Allons 1 — D a flairé d'amioe le combat ; on (finit qu'il entend les udres des cheft et qu'il écoute le Imit conlos des aimées 1

Est-il besoin de faire remarquer où est la vérité , où est surtout !e pittoresque, que nous avions indiqué comme le premier caractère de la poésie hébraïque et dont nous venons de vous donner, coup sur coup, (aot de preuves.

Le second cachet de cette poésie est la tuAvaé. Son charme n'est pas évidemment le résultat d'un art appris, c'est le reflet de la vie même dos Hébreux.

Cette vie. il ne feut pas l'oublier, a, dès l'origine, quelque chose d'agreste qui ne s'altère que vers la décadence, sous Salomon. Patriarchale en Mésopotamie, elle reste champêtre en Judée. Les villes n'étaient que dos boui^des, les arts y avaient fait peu de prc^ès. Nous voyons dans le livre des Chroniqnes (^ H ,

vers. 7) qu'au moment de bâtir le temple, SalomoD fut forcé de demander à Hiram, roi de Tyr, des ouvriers qui sussent travailler les métaux et teindre les étoffes. Le peuple entier se composait de laboureurs et de bergers. De là celte simplicité naïve que Ton trouve revêtue de tant de charmes dans les épisodes du Sacrifice d'Abraham, de Ruth et de Nahomi , de Re^ becca à la fontaine.

Nous nous arrêterons à ce dernier parce qu'il nous fournira plus tard Toccasion d'une comparaison intéressante avec un épisode de TOdyssée, celui de Nausicaa.

Nous sommes au pays de Canaan, Abraham a enterré sa femme Sara dans la caverne de Macpéla ; il a marqué près d'elle sa place, il se sent devenu vieux et il veut assurer sa postérité. Voici le récit de la Genèse (chap. 24) :

Abraham dit au plus ancien des serviteurs de sa maison, qui avait le gouvernement de tout ce qui lui appartenait : — Mets, je te prie, ta main sur ma cuisse.

Et jure moi par l'Étemel, le Dieu des cieux et le Dieu de la terre, que tu ne prendras pohit de femme

7t pour mon flli panni let flUei du pays camnéeD o& j'habite ;

Hais tu t'en irts en moD paya et vers mon parenlage et tu y prendras tme feaune pour mon fila baac.

Le serviteur se mit en chemin ^h^ avoir pris dix chameaux d'entre ceux de son maître (car tout le bien d'Abraham était en son potntrir), et H partit et il alla en Mésopotamie, en la ville de Nacor.

Il Ht reposer les chameaux sur leurs genoux hors de la ville, près d'un puits d'eau, sur le soir, à l'heure où sortaient les jeunes filles qui allaient à la source.

Et il dit : — 0 Etemel! Dieu d'Abraham, mon maître, Ëiîs que j'aie une heureuse rencontre aujourd'hid et sois Ëivorable à mon seigneur.

Vold : Je suis près de cette TontaÏDe et les fUles des habitants de la ville sortiront pour puiser de l'eau.

Fais donc que la jeune fille à laquelle je dirai : — Bidsse un peu le vase que tu portes afin que je me désaltère, et qui me répondra : — Bois, et je donnerai ensuite à boire à tes chameaux, — soit celle que tu as destinée à ton serviteur Isaac. Je connaîtrai par là que tu es favorable à mon seigneur.

Avant qu'il eût achevé , voici qu'il vit sortir de la ville, avec sa cruche sur l'épaule, Rébecca, fille de Béthuel, lequel était né de Milca, la femme de Nacor, frère d'Abraham.

La jeune fille était d'une gnaie beauté et encore

vierge. EUe descendit à la fontaine, remplit sa crache et elle remontait de puiser de Teau.

Alors le serviteur courut à sa rencontre et lui dit :

— Donne-moi, je te prie, à boire.

Elle lui répondit: — Bois, mon seigneur, — etôtantsa cruche de dessus son épaule, elle la prit en main pour le faire boire ; et, après qu'elle eût achevé, elle dit : — J'en veux puiser aussi pour tes chameaux jusqu'à ce qu'ils soient désaltérés.

Elle vida promptement sa cruche dans l'abreuvoir, courut au puits et tira l'eau pour tous les chameaux.

Le serviteur s'étonnait de la voir &ire, mais ne disait rien, car il voulait savoir si l'Étemel avait fait prospérer son voyage.

Quand les chameaux eurent cessé de boire, il prit une bague d'or qui pesait un demi-^ic^f et deux bracelets de mains pesant dix sicles et il les donna à la jeune rierge.

Puis il lui demanda : — De qui es-tu fille, je te prie? Y a4-il dans la maison de ton père une place suffisante pour loger un étranger?

Elle lui répondit : — Je suis fille de Béthuel, né de Milca, la femme de Nacor.

n y a chez mon père de la paille, du fourrage et de la place pour un étranger.

Le serviteur se prosterna devant l'Étemel. Il dit :

— Béni soit l'Étemel, le Dieu d'Abraham, mon maître.

7* qui a tui^ionn été aiïiériccwdieiix ponr mon ttiguear et ne l'a Jamab (rompe.

Je m'étais aria en cbemin et l'Eternd m'a condnit à h maison des (Uns de mm maître.

La jeune flOe qui âait retournée i la maison de sa mère rapporta les pandes qu'elle avait entendues.

Or elle avait un frère niHnmé Laban qui accoamt vers l'étranger hnpÉs de la foolaïne.

Et il lui dit : — Entre, béni de l'Ëtemel ! Pourqwri te liens-ta dehors? J'ai préparé la maison pour toi et nn lieu pour les chameaux.

Le serviteur le suivît. On décharge» les chameaux et <Mi leur donna de la paille et du fourrage ; on apporta aussi de l'eau pour laver les pieds de l'envoyé d'Abntbani et de tous ceux qui étaient avec lui.

Puis ou lui présenta à manger. Mais il dit : — Je ne mangerai pas que je n'aie parlé. Laban répliqua : — Pwle.

n dit:— Je suis leservileur d'Abraham. L'Étemela comblé de bénédictions mon seigneur et il est devenu puissant, car il lui a drainé de grands troupeaux de iK^is et de bœub, de l'argent, de l'or, des serviteurs, des servantes, des Anes et des chameaux.

Et Sant, Temme de mon seigneur, lui a enÊuité dans sa vieillesse nn fils auquel il a donné tout ce qulla.

Et il m'a envoyé pour choisir une épouse à son fils dans sa parenté.

Ayant ainsi parlé, le serviteur raconta comment Rébecca était celle que rÉtemel avait désignée.

Alors Laban et Béthuel répondirent : — Cette affidre a été conduite par TÉtemel ; nous ne pouvons plus rien dire.

Rébecca est entre tes mains, prends-la et l'emmène; qu'elle soit la femme du fils de ton seigneur comme l'Étemel l'a dit.

Le serviteur tira donc de ses bagages des bagues d'or, d'argent, et des habits qu'il donna à Rébecca., Il fit aussi des présents de choix à son frère et à sa mère.

Ils mangèrent et burent lui et ses compagnons, et dormirent cette nuit chez Béthuel; mais quand ils forent levés, au point du jour, le serviteur dit : — Renvoyez-moi à mon Seigneur.

Le frère et la mère répondirent : — Que la fille demeure avec nous au moins dix jours, et après elle s'en ira.

Il leur dit: — Ne me retardez point, puisque l'Étemel a fait prospérer mon voyage, renvoyez-moi que je retourne ù mon seigneur.

Alors ils reprirent : — Appelons la jeune fille et sachons d'elle ce qu'elle veut.

Ils appelèrent donc Rébecca et lui dirent : — Veuxtu aller avec cet homme? et elle répondit : — J'irai !

Ainsi ils bùsèrait partir hébeccà tour soear, en compagnie de sa nourrice , avec le serviteur d'Alnraham.

Et ils la béaireat eB loi disant :— Tu es notre sonir ! puissent mille et mille générations naître de toi et que ta postérité oonunandte k la porte de ses ennemis.

Rébecca et ses servantes se levèrent ; elles mont^ rent sur les chameaux , suivirent le serviteur et se mirent en route.

Or, dans ce temps4à, baac revenait du puits du vivant qui me voit car il demeurait au pays du midi.

Il était sorti vers- le soir pour prier lorsque, levant yeux, il vit des chameaux qui venaient.

Rébecca aussi vit Isaac et sauta à terre.

(Car elle avait dit au serviteur: — Quel est cet homme qui vient le long des champs à notre rencontre? Et le serviteur avait répondu: — C'est mon maître.)

Elle prit un voile et s'en cou\Tit.

Le serviteur raconta à Isaac toutes les choses qu'il avait faites.

Alors Isaac mena Rébecca dans la tente qu'avait occupée Sara sa mère , il devint son mari et il l'aima.

Et ce fut ainsi que la tristesse de la mort de sa mère fut adoucie.

Quel récit et quel charme ! — Je ne parle pas seulement de cette douceur qui donne à

l'ensemble quelque chose de la calme sérénité d'un^beau ciel ; mais remarquez comme ici encore c'est Dieu qui conduit tout. — Le serviteur d'Abraham demande à l'Éiemel de choisir, et l'Étemel lui envoie, pour son maître, la fleur de Nacor !

Et quelle vérité dans les sentiments ! Ce frère et cette mère qui veulent retenir la jeune fille au moins dix jours, tandis que celle-ci impatiente cède à l'entraînement qui emporte la fiancée vers l'époux inconnu et répond à demivoix : — J'irai.

Et cette rencontre d'Isaac ! — Il est sorti sans doute pour voir si rien n'apparaît sur cette route par laquelle doit lui venir la consolation et le bonheur. Il marche le long des champs de blés, en jetant un regard distrait à ses moissons et à ses troupeaux ; tout à coup il aperçoit une troupe de serviteurs, une jeune fille qui à sa vue se voile... Ce geste seul la lui fait reconnaître, c'est celle qu'il attendait! Il la conduit dans la tente de Sara , parce que la tendresse d'une femme peut seule adoucir la mort d'une mère, et tout se termine par ce trait d'une

simplicité durmante '. R thrint «on mari et U

l'aima.

Le taUeau est complet. On y sent cette bci- Ijté au bonheur qui est le privilège des vieux âges. Toute la société patriarcale se raiùme pour nous devant cette ravissante nofpsM qui est le second caractère des Livres saints.

Le troisième n'est ni moins apparent ni moins exclusivement hébreu; nous voulons parler du fyristne.

Cet emportement qui donne à la parole le désordre du transport et l'éclat du chant ne se trouve même, à proprement parler, que dans la Bible. Partout ailleurs il est plus ou moins joué. Les Grecs qui ont paru en faire preuve, dans certaine mesure, n'ont jamais été franchement lyriques ; leur esprit et leur langue s'y opposaient.

L'esprit grec est net, vain, gracieux ; par suite la langue est précise, ornée, ondoyante; la logique la mène , quoi qu'elle fasse ; c'est une bride à laquelle elle obéit à son insu.

L'esprit hébreu, au contraire, est rude, bref et absolu ; par suite sa langue est concise, pres>

que sans inOexions dans ses verbes ; elle ex« prime mille nuances par la seule apposition d une lettre.

Rien ne lui manque donc pour cette marche bondissante et sans transitions qui constitue le fyrisme; tandis que le grec, avec sa symétrie savante, s'y refuse absolument.

Aussi voyez ce qui nous reste de Pindare, par exemple ! Comme l'enthousiasme y est artificiel , comme on sent , sous Teffervescence apparente de la verve, une inspiration qui se commande et qui sait où elle va. Tous ces détours de la strophe, tous ces égarements volontaires sont des gentillesses arrangées ; la muse nous fait TeiTet d'une de ces danseuses de ballets qui décrivent des circuits, se détournent, reculent, mais en laissant deviner le but vers lequel elles tendent. Rien dans tout cela n'est livré au souffle du moment ; il y a un plan médité et suivi. Le poète fait le siège de son sujet comme nos ingénieurs modernes celui des fortifications, par des chemins couverts et détour* nés.

Ainsi supposez que le lyrique thébain veuille

célébrer la victoire remportée aux jeux olympiques dans la course des chars par le roi dé Sicile, HiéroD. Il commencera par une invocation à la lyre et aux muses, pais, déclarant que quiconque ne les aime point est ennemi des dieux , il se reprendra à ce détail pour peiiH dre un de ceux qui leur firent autrefois la guerre ; il décrira le supplice de Typhée écrasé sous TEtna, oà règne HOnm^ celm qvi dml é^être prodamé vainqueur^ et il arrivera ainsi à son sujet.

Certes cette marche sent bien plus Thabileté subtile du grec que l'enthousiasme du poëte. L'expression elle-même a je ne sais quel fini précieux qui exclut jusqu'au soupçon de ce délire dont les lyriques parlent beaucoup, mais qu'ils ne laissent jamais voir.

Que les Grecs, qui étaient amoureux avant tout de descriptions, de souvenirs mythologiques et de poésie mélodieuse, aient beaucoup admiré ces chants de Pindare ; que le roi de Macédoine, en passant avec la torche à travers les quartiers de la ville de Thèbes prise d'assaut, n'ait épargné que la maison du poëte béo-

tien, nous comprenons tout cela; mais qu'on ne nous dise pas que c'est là du lyrisme !

Le lyrisme a bien un autre accent, et cet accent, vous allez le reconnaître en prêtant Toreille au cantique de joie des Hébreux après lengloutissement de larmée égyptienne dans la mer Rouge.

Je chantem pour rÈteniel, car il s*esl dressé pour moi ; il a prt'cîpité dans les flots le cheval et celui qui le montait.

L'Éterael est ma force et ma gloire ; il a été mon lilKh*ateur ; c*est mon Dieu fort ; je lui dresserai un tabernacle; c'est le Dieu de mon père, jerexaltei*ai.

L'Étemel est un terrible guerrier.... Il a précipité dans les vagues les chariots du Pharaon et son armée ; rélite de ses capitaines a été engloutie dans la Mer Rouge.

Lesgoufli'es les ont couverts; ils sont descendus au fond des eaux comme une pierre.

Ta droite, ô Éterael ! s'est montrée d'une force sans égale; ta droite, ô Étemel ! a brisé l'ennemi.

Ta grande majesté a fait crouler ceux qui s'élevaient contre toi ; tu as envoyé ta colère qui les a consumés comme du chaume.

L'ennemi disait : — Je poursuivrai, j'atteindrai,

je partagerai le butin ; mon ame en sera assouvit* ; je tirerai l'épée et l'épée les détruira.

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