‹ Causeries historiques et littérairesChapitre 15 sur 60 · TOME I · texte numérisé non relu

TOME I

ment national de la Grèce, et, pour ainsi dire, sa première croisade.

Elle causa un ébranlement qui se communiqua aux générations suivantes et retentit longtemps dans les esprits. Homère , né à ce que l'on suppose environ un siècle après le siège de Troie , trouva l'imagination populaire encore pleine de ce grand fiiit d'armes qui avait vengé les Grecs et leur avait révélé leurs forces. Il put donc recueillir les traditions. Inspiré par elle, il composa l'Iliade et l'Odyssée qui devinrent les deux poèmes nationaux de la Grèce.

Nous ne savons sur Homère que les fobles inventées par ses historiens.

Les uns l'ont fait fils d'Apollon, de Liaus, d'Orphée ; d'autres ont prétendu qu'il avait dérobé ses poèmes à une égyptienne nommée Fantasia (l'imagination) ou qu'il les avait composés avec les livres prophétiques de la prêtresse Daphoé , parce que les oracles se servirent plus tard de ses vers pour répondre à ceux qui les interrogeaient.

On ignore même le lieu de sa naissance; Suidas compte quaUre-vingt dix villes qui se le

disputent ; cependant les probabilités sont pour Smyrne.

Mais les anciens s'étaient contentés de lui inventer une biographie , les modernes ont fait mieux, ils ont nié son existence !

Le savant Wolf a soutenu que Y Iliade et 1*0éfyssie n'étaient qu'une réunion de chants successivement composés par des rapsodes et plus tard réunis; sans songer que les anciens, qui auraient dû le soupçonner, n'en ont jamais rien dit; que l'unité du ton de ces deux poèmes, leur ordonnance, la déduction logique de toutes les parties, prouvaient évidemment une seule inspiration * .

Crœsius, savant hollandais, a soutenu, lui, une autre thèse. Il a déclaré que VOdyssée était l'histoire symbolique des Hébreux sous les po-

> Si Ton réduit le sjntème de Wolf à cette opinion que let poëmet d'Homère, tels qu'ili nom sont panrenns, diffèrent sensiblement de rinspiration primitive ; qu'ils ont été remaniés, modifiés dans les détails, augmentés même pent-ètre de certains épisodes; nons sommes disposés à l'admettre; mais il 7 a loin de là à nier Tezistence d'Homère et à ne Toir dans les œurre» de « grand poëte que des fhigments juxta-posés appartenant à difBsrentes mains.

Iriarches, et que i'Itiade feisait alluûoD au âége de léricbo !

Un de nies compatriotes, le père Harduin, de Quimper, eu ft-etagne, est encore all6 jrfns loin. 11 a prouvé (que ne prouve-t-oo pas avec beaucoup d'érudition aidée de peu de bon sens?) il a prouvé que tous les ouvrages des anciens avaient été composés vers le 1 3™* siècle par des moines qui s'étaient donné le mot pour s'appeler Homère, Bâton, Aristote, Pluiarqne, Virgile. A scm avis, l'Enéide était le récit allégorique du voyage de saint Pierre à Rome; dans Homère, ■'(Mympe païen symbolise le Paradis ; Jupiter est le vrai Dieu et les autres divinités ne sont que ses attributs : Minerve, sa sagesse. Vénus, sa misé* ricorde, et ainsi des autres. Ce système d'interprétations est poursuivi si loin qu'il finit par voir la religion chrétienne dans la Lalagé d'Horace !

Un de ses amis, le père Tournemine, lui reprochait un jour ces opinions bizarres.

— Eh ! croyez-vous donc, répondit brusquement Harduin, que je me serais levé, toute ma vie, à quatre heures du matin pour ne dire que ce que d'autres ont déjà dit avant moi?

— Prenez garde, répliqua Toumemioe, il arrive quelquefois, mon père, qu'en se levant si matin , on n'est pas encore bien éveillé, et que l'oa rêve debout sans s'en aperœvdr * .

Boileau disait à propos du système de Harduin :

— Je n'aime pas les capucins, mais j aurais été bien aise de connaître frère Horace et le révérend Homère.

Quoi qu'il en soit, on s'est obstiné à croire que ceux-ci n'étaient pas des moines, si bien que les deux poèmes dont nous avons à parler, VlUade et V Odyssée, sont demeurés les œuvres du grand poète auquel l'antiquité tout entière les avait attribués.

La l^ende représente Homère pauvre, aveugle et chantant ses poésies pour recevoir une

> M. Vernet, professeur de théologie à Genève, a fait, en latin, Tépitaphe de Hardoin ; en Totci la tradnetion :

Dan$ l'ait0ntê du jugement, ièi repotê tê phu paraéoxai du hommes. Français de nation, romain de eroyanee^ merveiUedu monde leitré. tl fut adorateur et destructeur de la vénirabte amiquité, et, doctement fini, il répéta tout éteillé des songes inauXs. A la fois frieux et sceptique^ U eut fa eréékdêté d'un enfemt, l'audace d'un jeune homme^ l'eatranaganee d'un vieil lard; enfin, pour tout dire en un mot : ici repose Harduin.

lOS aumône ! Rien n'appuie une tradiUoDi évidemment destinée à rendre plus pathétique la figure du sublime rapsode. L'ingratitude humaine pour les grands hommes est n habituelle que jusqu'à preuve contraire cm la suppose. Hais assez de gloires persécutées ou méconnues restent à la charge des hommes sans qu'on augmente arbitrairement leur fiirdeau d'iniquités. Homère peut avoir mené une vie errante; la plupart des grands poètes , des grands philosophes et des grands historiens de l'antiquité ont parcouru les contrées lointaines f-our apprendre à connaître les hommes et les choses; il est à peu près certain qu'il devait répéter publiquement les fragments de ses poèmes qui renfermaient les traditions nationales et parlaient si vivement aux passions populaires de la Grèce ; nous verrons plus tard Hérodote lire son histoire en pleins jeux olympiques ; mais ce n'était là qu'un moyen de puUicité approprié au peuple, au temps, et qui n'avait rien que de glorieux.

La preuve qu'Homère ne fut point méconnu par les Grecs, c'est que les rapsodes continuèrent à réciter, ai^ès sa mort, les fragments de

ses deux poèmes, el que ce furent eux qui permirent d*en reconstituer l'ensemble.

Lycurgue les recueillit et Pisistrate léis mit en ordre. — Deux législateurs qui n'étaient pas encore arrivés au mépris de la poésie.

Plus tard , Âristote revit la fameuse édition qu'Alexandre portait avec lui dans une cassette précieuse et sur laquelle il dormait chaque soir, comme s'il eût voulu avoir pour oreiller la tradition héroïque de la vieille Grèce.

Enfin, VIliade et V Odyssée servirent de thème aux remarques d'Aristarque et aux critiques de Zoïle. Le nom du premier est resté pour désigner la critique judicieuse , celui du second pour exprimer l'envie insolente et de mauvaise foi.

Les habitants de Smyrne, qui réclamaient Homère pour leur compatriote voulurent, sans doute , prouver la légitimité de leurs prétentions en punissant l'homme qui avait insulté à sa gloire. — Zoïle fut brûlé vif! — et la traductrice des deux poëmes d'Homère, M™* Dacier, déclare que jamais supplice ne fut mieux mérité ! A la vérité, la fille de Tanneguy-Lefèvre

avait pour l'antiquité un eotbonsiasine qui primait Unit le reste. Qle n'épousa H. Dacier qae parce qu'il avait été son ounarade de dasse chez son père. — Le jour du repas qu'ils de^ vaient donner à leurs amis sous le nom de retmar de ruxes, 1^ Dacier voulut présenter un échantillon de son savoir-bore comme méniH gère et comme hètléniste en préparant ellemême nn brouet Spartiate! Elle réunit les documents les plus authentiques, fit cuire le mets héroïque et le servit avec une solennité respectueuse. A peine y eul-on goûté que tout le monde poussa un cri ! On se croyait empoi* sonné ! M"* Dacier eut beau prouver , S3S auteurs à la main, que c'était le véritable brouet noir inventé par Lycurgue, et assaisonner le plat savant de citations grecques, personne n'y voulut revenir; tous les convives avouèrent qu'ils préféraient la cuisine française, au grand scandale des deux époux. — C'était la querelle des anciens et des modernes transportée, celte fois, de l'Académie dans la salle à manger.

Au reste, lors même qu'on ne partage pas

les préventions exclusives de M"* Dacier pour l'antiquité , il est difficile de rester froid dans son admiration pour les poèmes d*ft>mère.

Ce qui vous y frappe au premier abord, c'est la peinture complète de la société qu'ils veulent ftdre connaître. On sent tout de suite que le poète est comme Ulysse, dont il dit « qu'il avait parcouru les cités de peuples nombreux et qu'il s'était instruit de leurs mœurs. » Evidemment, lui aussi a vu les pays dont il parle, il sait leurs usages , il décrit les costumes » les plantes, les animaux, les armes, les instruments de labourage ; il nomme les inventeurs illustres, il raconte les traditions historiques, il fait connaître la cosmographie du temps. A travers le drame, on entrevoit l'antiquité, nonseulement dans son extérieur, mais dans ses sentiments, dans ses préjugés. Toute la science contemporaine est là. Nous ne savons rien sur cette époque en dehors de ce que Vriiade et VOdyssée contiennent; c'est l'encyclopédie de la Grèce antique.

Jusqu'à notre siècle les critiques et les commentateurs qui avaient écrit sur Homère Ta-

raient altaquéou défenda à propos des habitudes et des sentim^ts du siècle qu'il devait peindre ; on eût dit que les mœurs des nations dépendaient de sa fontaisie, que c'était à lui de les changer lorsqu'elles ne semblaient point conformes au goût des rhéteurs. Toutes les fois qu*un détail choquait notre délicatesse moderne, les uns accusaient Tart du poète, les autres l'applaudissaient, sans songer que ce n'était point là une question d'art, mais de nécessité pour Homère, qui avait dû faire agir et parler ses personnages, sinon comme ils avaient réellement agi et parlé, du moins comme ils auraient pu le faire.

Ainsi quand Achille dépèce un mouton et Tembroche lui-même avec des dards pour régaler ses hôtes, je ne suis ni révolté comme Pérault, ni en extase comme M™® Dacier ; je note seulement un détail curieux sur les habitudes royales du temps.

Lorsqu'un guerrier qu'on m'a dit vaillant recule sans combattre à la vue d'un ennemi qu'il redoute, je ne m'écrie pas qu'Homère avilit ses héros, je remarque seulement que les

anciens Grecs avaient d'autres idées que nous sur rhonneur militaire.

Quand les dieux prennent part, selon leur caprice, à la lutte engagée entre les deux peuples , et quand Diomède blesse Vénus, je ne cherche à justiBer ni Diomède ni Homère, j'accepte simplement cet Olympe composé de dieux foits à notre image.

Mais ce qui arrête mon regard dans cette peinture des peuples antiques, c'est le mélange de grossièreté et de raffinement, d'ignorance et de subtilité d'esprit, de noblesse et de cruauté ; c'est tout ce monde animé par les mêmes passions que le nôtre et pourtant si différent; ce qui m'intéresse enfin, c'est de retrouver le même homme dans une autre société.

Lorsqu'on ne lit pas Y Iliade seulement au point de vue exclusivement littéraire, il est impossible de ne pas être frappé du caractère demi-sauvage des guerriers grecs et de leur manière de combattre dépourvue de toute tactique. La lutte générale se compose de milliers de luttes particulières, dans lesquelles chacun s'arme de tout ce qui peut nuire à son ennemi.

et presque aussi souvent de la pierre qui se trouve à ses pieds que de Tépée ou du javelot. Les héros d'Homère ressembleut aux Indiens de Chateaubriand ou de Gooper ; leurs armes sont plus splendides, leurs ressources plus nombreuses, mais ils ont recours aux mêmes ruses, aux mêmes provocations forftmteuses. Gomme eux, ils aiment les longs discours et entrecoupent leurs cruautés de mouvements chevaleresques ou d'élans de sensibilité.

Cette ressemblance, imposable à nier, est un nouveau témoignage en Ihveur d'Homère ; elle prouve la sincérité de ses peintures ; les Peaux rouges de l'Amérique du Nord nous expliquent les héros de V Iliade.

Ce poème, comme tout le monde le sait et comme son nom l'indique, est destiné à célébrer le siège d'Ilion. H décrit les principales circonstances de la lutte engagée entre les deux races et se termine par les funérailles d'Hector, en annonçant la prochaine destruction de Troie.

Voilà le fond de Tœuvre. Le sujet apparent et annoncé par Homère est la colère d'Achille.

Le poëme s'ouvre par une séance des chefs

confédérés réunis en conseil. Il s*agit d*apaiser les dieux qui ont répandu sur Tarmée un souffle de mon. Le devin Calchas, après s'être assuré la protection d'Achille, déclare qu'Apollon venge ainsi son grand-prêtre dont le puissant Agamemnon retient la fille captive, et qu'il ne s'apaisera que lorsqu'elle aura été rendue à la liberté. Le roi des rois s'emporte contre l'augure, mais Achille le soutient et somme le fils d'Atrée de sauver Tarmée en rendant Chryséis à son père. Agamemnon déclare qu'il le fera, mais que pour se dédommager de la perte d'une pareille captive, il ira lui-même enlever dans la tente d'Achille celle qui lui avait été donnée en partage. De là un débat dans lequel tous les caractères se révèlent avec une netteté et une énergie sans égale. Achille tire à demi son épée et va frapper le roi d'Argos, quand Minerve (la sagesse) l'arrête en le saisissant par sa blonde chevelure. Alors le fils de Thétisse retourne vers Agamemnon les yeux étincelants de colère et lui dit :

-^ Lâche ! dont l'âme grossière est pétrie de vices et de bassesse ! jamais tu n'oses ceindre la cuirasse

DÎ conduire les gueniera au péril. Ta trouves plas facile de régner dus od c«np-et de ravir, ikceux qui défendent le droit contre ton caprice, les recomposes accordées ik leur courage 1 Fléau de ton peuple, si tu commandais h des hommes, tn m'aurais aqiourdliui outragé poor la dernière Ibis! Mais écoute mou serment ! j'en jure par ce sceptre, emblème du souverain pouvoir ! Aussi sûr qu'il ne reverdira jamais, maiutenant que le fer l'a séparé de i'art>re et douille de son écorce, un jour nendra où les Grecs redemanderont en vain Achille et où ni ta douleur ni tes prières ne pourront obtenir son retour. Non ; dussent tous nos guerriers tomber sous les coups du terrible Hector, je veux que tu gémisses d'avoir outragé le plus vaillant des Grecs.

n (Ut, jMIe son sceptre et s'assied.

Atride bouillonne de fureur ; mais Nestor se lève ; Nestor à la voix éloquente qui i-ègne dans Pjlos. Les paroles coulent de ses lèvres, plus douces que le miel. Déjà, dans son royaume, il a vu passer deux générations et il commande à la troisième.

— Meux immortels! dit-il, quelle douleur pour la Grèce! certes Priam et ses Troyens auraient tme grande joie s'ils savaient que les deux héros qui président à noft conseils et nous conduisent ù la bataille s'abandonnent à ces tristes querdles. — Écoutez Nestor. — Vous êtes tons deux Inen plus jeunes que moi ; j'ai vécu avec des guerriers dont vous n'atleindres

jamais la renommée, et ils ne dédaignaient pas de m'en tendre. Non, jamais je ne reverrai des héros tels que Pirithoûs, Drias le pasteur des peuples, Cénée, Exadius, le divin Polyphème et Thésée, Tégal des dieux ! c'étaient les plus vaillants des humains ; ils combattaient les monstres et en purgeaient la terre. Appelé par eux, je partis de Pylos et j'allai partager leurs entreprises...— Us m'instruisaiait de leurs projets; ils écoutaient mes avis! Vous aussi, écoutez-moi et croyez ce que je vous conseille. — Âgamemnon, quel que soit ton pouvoir, tu ne dois pas enlever au fils de Pelée la captive que les Grecs lui ont donnée pour prix de son courage ; fils de Pelée, tu ne dois pas lutter contre le roi des rois. C'est de Jiqriter qu'il tient son sceptre, et il n'est pas ici de grandeur égsAe à la sienne. Tu es vaillant, sans doute, une déesse t'a donné le jour ; mais Atride est plus puissant que toi el commande à des peuples plus nombreux. — Agamemnon , modère ton ressentiment ; Achille, oublie l'insulte et rappelle-toi que tu es le rempart de la Grèce.

On ne peut s'y méprendre , nous trouvons ici, de prime abord, lart littéraire avec toutes ses nuances. Quelle vérité dans ce vieux roi de Pylos, vantant les héros de sa jeunesse et jugeant le présent du haut du passé ! Homère ne tardera pas à nous introduire de nouveaux

lit

personnages étudiés avec la môme finesse , et dont il nous desnnera les figures avec la même sûreté. — Ce itéra Ajax , espèce Hé Titan qui se rit des dieux , — puis Diomède, esprit inquiet, courage indomptable qui s'irrite tout bas d'occuper le second rang. — Ce sera Ulysse surtout, cette curieuse personnification du génie grec, parieur éloquent^ politique adroit, régal des plus braves, mais à ses heures et quand la bravoure doit lui profiter.

Cependant , par suite du débat qui a jeté la discorde dans Tannée d'Âgamemnon, celle-ci est près de se disperser et de retourner en Grèce. Elle y est surtout excitée par Thersite, un de ces tribuns hargneux qui, mal à Taise dans leur bassesse, s'en prennent à tout ce qui dresse la tète plus haut! Homère en a foit une description pour laquelle la muse épique prend un instant Taccent de la satire. Il nous le montre avec

Ses yeux louches cachés sous une épaisse paupière, ses jambes inégales sur lesquelles il chancelle, ses épaules courbées en montagne, et une toufle de rares cheveux voltigeant sur sa tête pointue.

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On croit voir le modèle de ce bossu grotesque dont la caricature française avait popularisé la figure il y a quelques années, et qu'elle représentait à la tribune nationale, accusant le gouvernement de dMations et se proclamant le défenseur du droit.

Ulysse interrompt heureusement les déclamations de Thersite, il le frappe de son sceptre et ranime l'ardeur des Grecs qui se rangent en bataille pour attaquer les Troyens.

Cependant les vieillards rassemblés au haut des tours dllion contemplent ces préparatifs guerriers.

Accablés par l'âge, ils se tenaient éloignés des combats ; Aiais ils discouraient avec sagesse. Pareils aux cigales qui, dans les bois , se posent sur la cime des arbres et ne cessent point de faire entendre leur faible et douce voix, ils causaient entre eux au sommet des tours élevées.

Mais lorsqu'ils virent Hélène s'avancer, ils baissèrent la voix et se dirent :

— Comment s'étonner que les Grecs et les Troyens souflrent tant de maux et depuis tant d'années pour une femme si belle ? Sa taille et ses traits sont d'une déesse! — Cependant, malgré tous ses charmes, il

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