OENONE
Comme on Toit tons ses Tœux l'un l'autre te détruire 7 Vous-même, condamnant tos injustes desseins, Tantôt à tous parer tous excities nos mains ; Vous-même, rappelant Totre force première. Vous Youlies TOUS montrer et rcToir la lumière. Vous la Toyes, Madame, et, prête à tous cacher, Vous halsseï le jour que tous Teniei chercher.
rer. Je voudrais être couchée à l'ombre des peupliers, me i-eposer dans une verte prairie !
LA NOURRICE, à demi-voix.
Que dis-tu? ne parle pas aiusi devant la foule; ne liens pas ces discours insensés !
PHÈDRE, se soulevant.
Conduisez-moi sur la montagne. Je veux aller daus la forêt, il travers les pins, où les mentes cruelles poursuivent les bétes sauvages et s'âaucait sur les cerb tacbetés. Je veux animer les duens de ma voix, approcher de ma blonde chevelure le javelot thessalien et le lancer d'une main assurée.
LjL HOliRRICE.
Ma Aile, où s'ti^re ta pensée?...
ruËDRi, à eïU-mtme.
Nnble et bHUuit aateor d'iuie triste bmille, Toi dont m» mère ouït k Tuiter d'être Aile, Qui peut-être rougU da trouble oïl tn me toïi. Soleil, je te TieuE Toir poarti demtère foii I
Quoi! vont ae perdei point cette ernelle envie! Von« veiTM-Je tonjonn, reuonçut i ta vie. Faire de TOtre inort les fuuibre* apprête!
PBiDU, à eUe-mAitt, avee égartmmt.
Dieu ! qoe ne SDi»-je «Mise 1 l'ombre dee fbrtti t Quand poniTM-je, an traven d'une aoble pniiwHixi. SuTTC de l'teil lui ehir ftajranl duu la oaniiml
PHftDRB, toujours plus égarée.
Diane, souveraine de Limné, qui présides aux coursiers, que ne puis-je, dans les pbines ou tu règnes, dompter quelque sauvage cavale....
LA NOURRICE
Pourquoi encore cette parole insensée?... Ah ! ma fille, c'est aux devins qu'il (aut demander quel est le dieu qui t'agite et qui fiiit délirer ton esprit.
PHÈDRE, retenant d elle.
Malheureuse! qu'ai-je fiiit? qu'ai-je dit? Un dieu m'a ôté la raison! — Nourrice, couvre ma tête de ce voile ! j'ai honte de mes paroles. Cache-moi ; tu vois, des larmes s'échappent de mes yeux et la rougeur couvre mes joues. . .
LA NOURRICE
Je voile ton visage. Ah ! quand la mort voilera-t-elle le mien ?
<KNONE.
Qaoi ! Madame 1
PHÈDRE, revenant à elle.
Insensée, où sois-je et qn'ai-je dit ?
Où Uissai-je égarer mes vœux et mon esprit? Je Taî perda : les dieux m*en om ravi Tosage. OEnone, la rongeur me couvre le visage : Je te laisse trop voir mes honteuses douleurs ; Et mes yeux, malgré moi, se remplissent de pleurs.
La belle scène où la nourrice arrache à Phèdre son secret est tout entière dans Euripide, Racine n'a presque fait que traduire. Nous voudrions le prouver en citant la scène grecque, mais le temps nous presse, Tespace nous manque ; nous nous hâtons d'arriver à Alceste,
Le sujet vous est connu. Admète, roi de Thessalie , a été condamné à la mort par les Parques; mais elles acceptent une autre vie en échange de la sienne, et sa femme, Alceste, se dévoue.
Ce sacrifice de la femme pour le mari, qui y consent, a quelque chose de choquant dans nos idées modernes. La grande égalité proclamée par le christianisme, Tespèce de générosité attendrie qu'il a versé dans tous les cœurs s'opposerait chez nous à l'acceptation d'un tel échange ; mais il ne faut point oublier que dans les sociétés anciennes, où la force et l'utilité avaient réglé les rangs, la femme n'occupait qu'une place secondaire. La vie d'un seul homme est plus précieuse que celle de mille femmes , dit Iphigénie dans Iphigénie en Aulide, et elle exprime , en cela , l'opinion de toute l'antiquité.
TOMF. I. 22
Le sacrifice d'Alcesle était donc , d'après les idées du temps, honorable pour elle sans être honteux pour son mari ; c'était le dévouement de Tesclave envers son maître, du soldat envers son chef, et nul ne songeait à s'étonner que le chef ou le maître en eût profité.
La pièce s'ouvre par une sorte de prologue. Apollon, qui est berger chez Admète, voit arriver la mort qui vient pour frapper Alceste ; il la supplie de l'épargner ; mais la mort montre son glaive et répond qu'elle va marquer la victime pour les dieux infernaux.
Arrivent alors les chœurs qui s'approchent des portes du palais. On se parle avec angoisse ; on se demande si le sacrifice est accompli et si Alceste a déjà succombé.
— « Vous pouvez la dire également morte et vivante, fait observer une esclave qui sort du palais, car son agonie commence et Ton fait déjà tous les apprêts funèbres. »
Le chœur interroge la servante sur ce que fait Alceste à ce moment suprême.