CHAPITRE VII
Ui fwtn ifffiiaiHins : le Cyclope i'imf\it. — Iriilofkiic; m i^uiuns. — Ihlnrc it ses (oniîdies ; amatat tWts étiieal li amiqvpiii'i' do gfturerHHeit drBocriliqne é'Alkègu. — U panbiH — Li'S Oitépe*; ce qui les dilerentie dn Plaideurs it KicJnf . — tti Acharnien»; la Paix; Ut Chevaliers. Ponrqaai \t peuple il'J- \hkn sipp«rlail les atlaqiei d'Arisloplune. — Les Oiseaux; Pliiliis. Us Nuées. Eh qnoi le Wile ife celle |iè« dilère de ediri de l'hisloire. — L Assemblée des femmes. Sjstènn wfiïiii qat raillf Iriniephine; la répnbliqne de Platon. — les GrenouilUs. — taraflèri' du talent d'Aristophaie.
Dans notre dernière causerie, nous avons .annoncé Aristophane et la comédie grecque ; mais avant d'y arriver, nous devons dire quelques mots d'une espèce d'intermède qui entrecoupait les représentations; ce sont les pasto-
raies ou satires, ainsi nommées à cause du chœur toujours composé de ces divinités champêtres, aux pieds de bouc, dont les anciens avaient fait les bouffons de leur Olympe.
Chaque poète qui concourait à Athènes pour les grands prix tragiques devait présenter aux juges deux tragédies et une satire. Cependant nous ne connaîtrions ce dernier genre que par quelques titres indiqués chez les anciens commentateurs, si un heureux hasard ne nous avait conservé le Cyclope d'Euripide.
Le sujet de cette pastorale est emprunté, comme c'était Thabitude, à la légende mythologique.
Celle-ci avait, en effet, deux faces distinctes, la face poétique, qui apparaissait dans l'épopée ou la tragédie, et la face burlesque, exclusivement destinée aux satires. Ces dernières mettaient en scène les petits dieux mal famés, les déesses équivoques, tout ce menu populaire du ciel qui , n'ayant ni temples ni prêtres sur la terre, pouvait être nargué impunément. Ils jouaient dans la pastorale le rôle ridicule que nous verrons jouer, dans les mystères du moyen
âge, aux anges cornus et à quelques saints paternes sans place dans le calendrier.
La pastorale d*Euripide n'est rien de plus qu'un épisode de TOdyssée; c'est l'aventure d'Ulysse et de ses compagnons dans la grotte du cyclope Polyphème.
Le dieu Silène a fait naufrage sur Tlle du monstre avec la troupe de satires qui lui foit habituellement cortège. Polyphème leur a laissé la vie, à condition qu'ils s'occuperaient de traire ses troupeaux, de préparer ses fromages et de lui rendre tous les services que l'on peut attendre de dociles esclaves. Silène déplore sa servitude, mais ce qui l'afflige surtout, c'est d'oublier jusqu'à la couleur du vin. Pendant qu'il raconte ses infortunes sur un ton tragi-comique et que le chœur des satires chante et danse (car tousses mouvements s'accomplissaient sous forme de gambades cadencées), on voit Ulysse débarquer avec ses compagnons.
Ils demandent à Silène le nom de la terre où ils se trouvent, et le vieillard leur apprend qu'ils sont en Sicile, dans le pays des cyclopes, dont le plus grand régal est la chair des étrangers
que la tempête jette sur leurs rivages. Ulysse se décide à repartir ; mais après avoir demandé à Silène de lui vendre quelques^nes des brebis de son maître. Il offire en échange une outre de vin et Silène accepte avec empressement. Il a même commencé à boire et les compagnons d'Ulysse vont emmener le bétail , quand Polyphème parait.
A la vue de ses brebis dont on a lié les pieds et que les Grecs emportent sur leurs épaules, il crie au voleur, et Silène, qui craint les résultats d'une explication, crie plus haut que lui. Il affirme que ces gens Tout battu sans pitié parce qu'il ne voulait pas bur laisser prendre le bien de son maître.
LE GYCLOPE.
Conimenl, ils ne savent donc pas que je suis dieu et issu (les dieux?
SlLÈiNE.
Je le leur ai dil; mais ils n'emportaieni [)as moins tes trésors ; ils mangeaient ton fromage malgr(^ moi ; ils emmenaient tes agneaux; ils disaient (julls l'iUiacheraienl toi-même à un carean de trois coudt'c^s; qu'à ta vue et sous ton œil unique, ils t'arraclieraient
3ST les eiiirailles ; qu'ils te sillonneraienl le dos à coups de fouet ; qu'ensuite ils le lieraient, te jetteraient sous les bancs de leur vaisseau et te vendraient pour tra>-aîller dans les carrières où pour faire tourner le moulin. LE CTCLOPE.
Vraiment t Va donc aiguiser mes couteaux, mes épées, mou sabre tranchant; entasse des fagots et meis-y le feu. Je veux les égoi^er sur-le-champ et m'en régaler. Je mangerai les uns r6tis et les autres cuits ù la marmite. Je suis las de ma nourriture ehauipêlrc ; j'ai assez mangé de lions et de cerfs, je veux un peu de chair humaine.