LA MONTAGNE — M"^° MICHELET
fleurs charmantes, cueillies sur les bords du lac Léman et sur les sommets des Alpes, touchées et embellies par la poésie, baignées maintenant de l'éternelle lumière et fleuries pour toujours.
Un regret nous est pourtant venu en lisant la Montagne, Dans un tel ouvrage, nos belles chaînes du Centre avaient droit à une mention, particulièrement les montagnes de la Corrèze. Elles ne frappent pas sans doute l'imagination comme les Pyrénées et les Alpes ; elles n'ont pas le caractère imposant des monts de la Suisse ou du Tyrol, mais Homère a-t-il nui à la gloire du poète de Téos ? Les hauteurs de la Jung fr au ou de laMaladetta ne sauraient faire oublier les beautés de nos horizons limousins. C'est par l'élégance des formes, la fraîcheur des ombrages, la variété des aspects et des couleurs, la succession et l'imprévu des sites, que nos montagnes surprennent et ravissent le voyageur. Les eaux, si vives et si abondantes, qui de tous côtés surgissent, bondissent et serpentent, les tapissent de verdure, font de notre pays un délicieux bocage^ et de notre flore corrézienne, placée au centre de climats divers, comme le résumé de la flore de France. M. Mîchelet professe un grand respect pour le châtaignier, qu'il nomme le patriarche des arbres. C'est ici sa patrie classique. Il déploie ses masses profondes aux flancs de nos collines, pousse ses vagues de feuillage sur leurs croupes élevées, s'étend au loin comme un océan de verdure. Vu de haut, le tableau ne manque ni
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