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LA MONTAGNE — M™° MICHELET

que et leur dira l'histoire de nos vicomtes et de nos abbés ! Quelle bonne fortune pour le protégé et Tami de Voltaire, Marmontel, de revivre un instant en plein XVIII° siècle, de reprendre avec M. Michelet une conversation commencée avec d'Alembert ou Diderot dans le salon de M""® Geoffrin ! L'ombre de Mirabeau, errante dans les sauvages Elysées du Saillant, se tournera avec un geste de salut vers le noble historien de la Révolution et l'admettra en sa compagnie, comme fit Jiomère à Dante dans la forêt des esprits. Enfin, il n'est pas jusqu'à ce diable de cardinal Dubois, un grand ministre après tout, comparativement, qui ne s'empresse de mettre l'occasion à profit pour régler son compte avec M. Michelet. C'est tentant !

1" août 1868.

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LAMARTINE

Vaincues par le temps ou fatiguées d'être injustes, les passions ameutées contre Lamartine avaient fini par se taire et il s'était fait autour de sa retraite un grand silence, précurseur de celui de la tombe. L'homme de nos jours qui s'est vu le plus acclamé et le plus délaissé, qui a connu tous les genres d'avanie et de gloire, avait trouvé un triste refuge, aux derniers temps de sa vie, dans l'ombre tranquille de l'indifférence publique, si agréable au vulgaire, mais si funeste au génie. Il a fallu le bruit de sa mort pour réveiller la France oublieuse et lui rappeler les beaux jours de son ancienne idole.

La France peut prendre le deuil. Elle, perd en Lamartine un des plus purs diamants de son diadème. Lamartine, après Berryer ! La mort est aristocrate cette année, comme disait Henri Heine; elle s'en prend et s'attaque aux têtes les plus hautes.

1^ légende raconte qu'on entendit autrefois en Grèce, lorsque le dieu Pan mourut, une immense

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LAMAR

tendrement plaintive, chà ressemblait à nulle autre. Il éoliens du nouveau poète e je ne sais qi ges ou des que chose d s âmes et le êverie, de 1 es par la lur ^'ous les cœu] Athènes e reil. C'était i ené, fille des la prière, de le, abondant î, d'un carac ur aucun riv; idré Chénier ra France éta ète, chéri de ivec une si m 1 jeune homi grâce, tout comme l'ois ure, comme n et la mêm< lense. Les g^ )rte d'ivresse i font peu de illon, se décl

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adolescent couronné de roses, iies, en firent la fête et la joie de :e poésie intime, rêvée ou vécue, impressions, les sentiments, les ombats et les doutes du plus noarfaitement appropriée à l^état t d'âmes, au printemps du siècle, me grâce si persuasive, si insiie qu'il était impossible de résiselle avait une fois touchées, ne :n retenaient un parfum à jamais

, les Harmonies, Jocelyn, sont les

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LAMARTINE

Torage, ni les prières, ni la gloire, ni I me des dernières années de Lamartine efforts inutiles 1 Monceaux a été saisi, s'est vendu à la criée. A tant le Vallon O misère I Les coteaux aux pentes fl( aux senteurs agrestes, les prairies é1 soleil, les ombrages tranquilles, les rieux, les sources limpides, les sentie nous avions tant de fois parcourus a tout cela a été mis aux enchères et a yeux de Jocelyn éploré, de Lamartin

Plus de fêtes du ciel sur ces cimes v< D'aurore étincelante et de nuits étoil Plus de festons de fleurs pendants à Plus d'oiseaux accourus pour chantei

Il était pourtant facile à la Franci Tabîme un des hommes qui ont le plu et qu'elle a adoré. Si tous ceux q pleuré, espéré avec le chantre dei avaient donné une obole, un grand se épargné. Monceaux, Milly, la maisor Tœuvre du poète, son abri, son insf âme, vendus aux enchères, profanés j tion, traînés aux gémonies de la criée vérité, pour ceux qui virent ce specta douleur profonde et une honte, comn tion de la France dans l'une de ses g radieuses. Un tel excès d'abaisseme tion et de travail avait miné, consul

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LAMARTINE 215

monde du soleil de ses poésîes, n'a pas diminué Téclat et fait oublier la douceur incomoarable de l'étoile qui a nom les Méditai

Lamartine ne fut pas seule; Ses voyages, ses écrits, ses sur notre temps une action pré traduits dans des faits que l'hi poèmes furent le signal d'une Le Voyage en Orient continu* Christianisme et retint toute les voies du spiritualisme. Soi dins prépara la révolution < quence fit la République.

Tous ceux qui ont entendi témoignage de cette magnif nobles pensées, les inspiration lantes images se pressaient sui avec une élévation soutenue abondance. La Chambre qui 1 lui refusait le sens pratique, s* subissait Tascendant de son j fut inférieur à aucun des maîti fut toujours égal à lui-même combats réguliers du régime c sât flotter à la tribune, avec ur les longs plis de ses harangue que, dans les tumultes de la séditions populaires, il laissât dain son âme héroïque.

Plutarque rapporte que Cicéi

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demanda un jour à Toracle de Delphes par quel moyen il pourrait acquérir la plus grande gloire : « Ce sera, lui répondit la Pythie, en prenant pour vie non l'opinion du peuple, mais > Lamartine a suivi le conseil de la non pas qu'il fût insensible à Topiai qu'il plaçât l'orgueil de sa raison nquiétudes et des besoins de son ion naturel était si admirablement onie si parfaite avec les généreux isses, qu'il rencontrait, sans le cherînt populaire et vibrait à l'unisson nartine n'appartenait à aucun parti ; :t à un général sans troupes. — Il nbre un peu à l'écart, comme M. de lémie. Cet isolement qui faisait sa oint de vue de l'action parlemenit son originalité et sa force à de nts. Le jour des grandes batail- Lamartine valait à lui seul un corps n éloquence à part, harmonieuse, î comme ses poésies, n'en allait pas it, tenait en éveil le monde parlet du retentissement en France. Il lanières de gouverner les hommes; L gouvernés par l'inspiration et l'en-

acle de Delphes, il n'a point suivi jple. Il l'a, au contraire, violemment s d'une rencontre, notamment en

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LAMARTINE 2l^

1840, lorsque, à peu près seul, faisant violence à ses propres sentiments de magnanimité, malgré le courant populaire et contrairement à toutes les oppositions du temps, il supplia la Chambre avec la plus grande énergie de maintenir l'ostracisme contre une famille illustre dont le nom pouvait enivrer la France et la jeter de nouveau aux pieds du despotisme. Il lui est même arrivé de devancer le peuple, plutôt que de le suivre, comme cela s'est vu en 1848, dans cette crise suprême, où par son autorité, son immense talent, la droiture de ses vues, la loyauté chevaleresque de son caractère, il s'imposa à la révolution triomphante, la dompta et la disciplina avec un courage et une grandeur d'âme qui couronnèrent sa gloire d'un éclat sans égal.

L'histoire serait injuste si elle ne disait pas qu'il eut tous les pouvoirs et n'abusa d'aucun ; que porté par la France entière au faîte de l'Etat, il exerça la dictature avec un désintéressement et une clémence dignes d'être proposés en exemple aux hommes politiques ; qu'entouré de tous les trésors et de toutes les flatteries, il quitta le pouvoir sans richesse comme sans regret, préférant l'honneur à la puissance et l'infortune à l'injustice.

Lamartine ne fut pas exempt des faiblesses humaines. Jetons sur elles le manteau de Japhet. La France ne doit se souvenir que du génie qu'elle a perdu. Si le bruit de sa mort réveille quelques ressentiments mal éteints, imitons cet honimç

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derniers temps de sa vie, naît frapper à sa porte, se » détracteurs le bien qu*il Lvait empêché. A ses amis ; mort et évoquaient devant ï, il aurait pu dire comme î qu'il y a de plus glorieux e n'ai fait prendre de deuil

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