‹ Causeries limousinesChapitre 25 sur 28 · MONTALEMBERT · texte numérisé non relu

MONTALEMBERT

Le jeune pair était timide, imberbe, d'apparence gauche et hésitante ; ses longs cheveux flottaient à Tabandon sur ses épaules; son regard doux et fin semblait se dérober; on eût dit un humble lévite de l'Oratoire ou de Saint-Sulpice. — Dès qu'il montait à la tribune, la métamorphose était complète ; ce n'était plus le même homme; le naïf écolier faisait place à l'orateur et le doux agneau au lion superbe. Le chérubin devenu archange agitait, devant les yeux des pairs étonnés, l'épée flamboyante d'une parole extraordinairement animée, élevée et hardie.

Son éloquence avait toutes les cordes ; elle était souple et poétique, sereine et forte; elle abondait en tableaux et en images, se déroulant tantôt avec une ampleur majestueuse, tantôt avec la véhémence la plus emportée, et parfois s'échappait, quand de grandes passions ou de graves intérêts étaient en jeu, en éclairs et en tonnerres qui entraînaient et terrifiaient la Chambre haute. Les témoins de l'époque n'ont pas oublié dans quelle explosion de mépris et de colère il entra, et ce qu'il jeta, pendant des mois, comme un volcan, de feu et de flamme, à l'occasion des persécutions religieuses ordonnées par le gouvernement russe. Sa campagne du Sonderbund le classa au premier rang des orateurs modernes.

On peut contester l'unité de la vie politique de M. de Môntalembert; on ne saurait mettre en doute le désintéressement de ses actions, la loyauté de ses

byGoogk

sentiments. S*il la République c chaleur le Deuxle gouvernemen événements et 1 pour une plus h sa conduite qu€ de son jugemen ment au bien p du plus pur pat et il est imposs de regrettables libéraux, auxqt donnent à sa vi< M. le comte c de notre temps de ièle l'Eglise était la conciliai moderne. Il a si lit de mort, cor un beau rêve ! ; le tourment de !

Plus M. de I il se rattachait '< jeunesse. Aux d trouve aussi fer f^\ r^^^iiQ est fai î sa mém urne, et c] i dernier

byGoogk

Page 1