‹ Causeries littérairesChapitre 8 sur 32 · CHARLES REYNAUD · texte numérisé non relu

CHARLES REYNAUD

rances qu’il donne se réalisent, il faut que M. Leconte de Lisle se résigne à ne regarder ses Poèmes que comme d’excellentes études faites sur l’antique, sur la poésie grecque, sur X écorché mythologique ; quelque chose de pareil à ce que font les paysagistes lorsqu’ils copient littéralement, pour s’en servir plus tard, un coin de forêt et un groupe de rochers, ou les architectes, lorsqu’ils reconstruisent en idée, d’après un fragment de chapiteau ou de colonnade, un imposant édifice : il faut surtout qu’il se pénètre d’une vérité bien indépendante de toute croyance et de tout système : c’est que, s’il réussissait, par malheur, à persuader à ses contemporains que rien n’existe en littérature depuis les Grecs, que Zeus et Kronos soni les seuls distributeurs de la source sacrée, et que la poésie moderne n’a désormais plus rien à nous apprendre, ils se le tiendraient pour dit et en profiteraient pour courir un peu plus vite à la Bourse ou aux chemins de fer, mais que pas un d’eux ne le suivrait dans son temple ni dans sa pagode.

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