‹ Causeries litterairesChapitre 10 sur 34 · L'ORAGE · texte numérisé non relu

L'ORAGE

Le temps est d'un grand calme et lourd, La chaleur augmente et suffoque.

Dans les airs, un grondement sourd, Dont l'écho résonnant évoque Admiration et frayeur:

On sent la divine Puissance, Déployer sa magnificence, Son incomparable grandeur.

Et cette sublime nature, Invite au devoir sans murmure.

La foudre éclate en serpentant, Les éclairs sillonnent l'espace, L'aquilon souffle en gémissant, De grands torts la grêle menace.

Souvent un beau signe de croix, Dicté par la crainte aux plus braves, Qui veulent rompre des entraves, Ravive un coeur comme autrefois.

Les éléments sont en furie, Le cierge s'allume et l'on prie.

Les enfants pressent leurs parents.

Ces petits anges sont en larmes,

Ne sachant pas, chers innocents,

Que Dieu protège par leurs charmes.

Parfois l'on entend le tocsin :

Un feu que la foudre a fait naître.

Plus tard l'iris vient apparaître,

De l'orage annonçant la fin.

Toute la nature est plus belle,

Et l'âme se ranime en elle.

Image du monde présent:

C'est le calme après la tempête.

O perpétuel mouvement!

Un deuil est suivi d'une fête.

Les riches pétales des fleurs, Couvrent souvent l'épine aiguë ; En les cueillant, l'âme ingénue Se surprend à verser des pleurs.

Mais ces larmes, cette détresse, Tissent une éternelle ivresse,

Page 1