‹ Causeries sur l'agriculture et l'horticultureChapitre 11 sur 64 · FERMES-ÉCOLES. — ÉCOLES RÉGIONALES · texte numérisé non relu

FERMES-ÉCOLES. — ÉCOLES RÉGIONALES

FERMES-éCOLES — ÉCOLES RÉGIONALES ~ INSTITUT SUPÉRIEUR -^ CONFÉRENCES

Ce qu'il nous faut pour bien conduire les choses, c'est llnstruction spéciale. Assez généralement, on en convient; il n'y a que ceux qui s'en vont de vieillesse et les routiniers incorrigibles de tous les âges qui n'entendent point raison làdessus, ipais on essayera de se passer de leur avis. Le difficile seulement, c'est de tomber d'accord sur le meilleur mode d'enseignement. Pour notre compte, nous ne voulons pas de fermes-écoles destinées à faire ce qu'on appelle des maîtresvalets, c'est-à-dire des centièmes ou seulement des millièmes de demi-savants. Nous en connaissons de ceux-là, gens orgueilleux et incapables qui cherchent toujours à substituer leur initiative à celle du propriétaire, et ne deviennent que trop souvent valets-maîtres. M. Rendu les a très-bien dépeints lorsqu'il a dit que le valet-maître est le pire de tous les valets, un domestique sans livrée, sans éducation, las d'obéir, charmé de commander à son tour ; un domestique sous le paletot d'un .régisseur, traitant son personnel de «eigneur à vilain, moins les formes de rigueur et le mot propre. C'est cela, en effet, et il n'en faut pas davantage pour déconsidérer l'enseignement agricole dans nos campagnes, où l'on ne sait pas faire de distinction entre les divers modes d*enseignemenL

Nos écoles régionales d'agriculture n'ont pas l'influence qu'on leur piête, parce qu'elles forment plus de régisseurs que de cultivateurs, et que les régisseurs en question font rarement de l'agriculture lucrative avec la bourse d'autrui.

Quand même, d'ailleurs, l'instruction y serait parfaite, ce qui n'est pas, on ne saurait aller vite en besogne avec ces écoles.

Il suffit que VOUS combattiez les idées reçues, pour qu'on vous oppose une force d'inertie difficile à surmonter, et un dénigrement d'autant plus dangereux qu'on ne peut ni l'entendre ni le saisir. L'ennemi se tient dans les buissons ou derrière les murs, et vous tire dessus avec un fusil à vent. Pas de feu, presque pas de bruit, pas de fumée. Vous vous moquez de la routine, elle vous rend le panier par l'anse; vous l'attaquez ouvertement chez vous, elle vous attaque sournoisement chez elle ; pour une égratignure que vous lui faites, elle vous en ï*end dix. Vous comptez sur vos voisins, et ce sont eux précisément qui vous tournent le dos. Ceux qui viennent à vous ne viennent que de loin, et à la condition que vous aurez un nom, que les journaux vous auront exalté. Les Français iront chez M. de Fellemberg ; les Suisses chez M. de Dombasle ; les Flamands chez les Anglais, les Anglais chez les Flamands ; en France, on se vantera de sortir d'une école belge; en Belgique, on se vantera de sortir de Grignon ou de Grand- Jouan. En un mot, vous aurez beaucoup de peine à devenir prophète chez vous, uniquement parce que vous aurez la prétention de faire mieux que vos voisins et qu'il y aura par conséquent une question d'amour-propre engagée là-dessous. Voifs vous annoncez comme étant le progrès ! que serons-nous donc? se demandent les autres : — des gens de rien, des ignorants, des maladroits. — Eh bien, c'est ce que nous verrons. — Vous n'auriez pas ouvert la bouche, pas dit un mot, que, pour commencer, on vous regarderait d'un mauvais œil. Vous tenez école, donc vous voulez en remontrer aux anciens, à ceux qui ont de la corne aux mains, à force d'avoir tenu la charrue. Or c'est une grossière irrévérence, presque de l'hostilité. Vous vous dites le progrés ; c'est à peu prés comme si vous vous disiez l'ennemi. C'est bien; on aura l'œil sur vous des quatre coins de la contrée ; on n'ira point vous entendre, on ne mettra pas le pied sur votre domaine, mais on observera et on critiquera par derrière. Si vos récoltes sont plus belles que celles des autres, on dira : — Le beau mérite, ma

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