CONCOURS D'EXPOSITION ET CONCOURS SUR PLACE
Ceci est encore un mode d'enseignement qui s'adresse aux yeux, en même temps qu*un moyen d'encouragement contesté dans les concours d'expo»tion, incontestable avec les concours sur place. Nous allons établir la distinction.
Nous avons cru à l'heureuse influence des concours d'exposiiion: pourquoi ne pas Tavouer? aujourd'hui, nous n'y croyons plus ; nos illusions se sont envolées, la froide réalité a soufflé dessus. En conscience, ce ne sont pas les petits cuW tivateurs de parcelles, c*estrà-dire les plus nombreux, qui brillent dans ces concours et emportent les récompenses. Ceux qui n*ont rien à semer n'ont rien à récolter. Pour &ire de beaux produits, il faut de l'argent; pour en acheter de beaux et les montrer en public, il faut encore de l'argent ; or, les petits cultivateurs n'en ont pas assez et ne sauraient par conséquent entrer en lutte. — Peu importe, nous dira-t-on ; si les concours ne profitent pas directement au grand nombre, ils profitent indirectement; les. bons exemfdes ne sont pas perdus; les animaux reproducteurs de premier ordre servent à perfectionner peu à peu les races conununes du pays ; les magnifiques troupeaux doiment de l'émulation aux petits éleveurs, fouettent leur amour-propre et les poussent à se surpasser. Et de même pour les cultures bien soignées, pour les jardins bien entretenus. Les voisins qui ont du cœur et un grain de vanité, ne se trouvent pas à leur aise à côté de ces belles choses ; ils se sentent humiliés, rougissent, baissent la tète et ne la relèvent que pour imiter. — L'objection est sérieuse ; nous l'acceptons et ne la combattons pas. Reste à savoir maintenant si les bons exemples que nous donnent les gros propriétaires,