PRÉJUGÉS ET ABUS Â COMBAHRE
maux n'a pas d'autre but; seulement, elle s'adresse plus aux gens convertis qu'aux gens à convertir. 11 faut que ses principes, excellents d'ailleurs, pénètrent parmi les enfants et fassent partie essentielle de l'éducation.
Nous ne sommes pas de ceux qui poussent la sensibilité jusqu'au ridicule et professent le respect même pour des animaux qui ne respectent rien. Nous n'entendons pas nous con-
Grav. 12. — Musaraigne.
stituer, par excès de zèle, les protecteurs des chenilles, des courtilières, des pucerons, des attises, des rats, des musaraignes (grav. 12), etc.; nous demandons, au contraire, qu'on s'en défasse; mais nous n'aimons pas que Ton prenne plaisir à torturer, à tuer à petits coups, à raffiner la cruauté, à allonger le supplice. Tuez, s'il y a nécessité, mais tuez vite, à la façon d'une balle qui frappe juste, non à la façon de ces hommes qui, dans certaines localités, clouent aux portes de
granges les chouettes vivantes qu'ils viennent de dénicher, comme si ces pauvres petits martyrs de ]a bêtise humaine songeaient à nous nuire.
Si le cultivateur gagnait quelque chose à se conduire en sauvage vis-à-vis de ses animaux de rente ou de travail, nous ne Texcuserions point sans doute, seulement nous nous rendrions compte de sa sauvagerie; mais au heu d y gagner, il y
• Grav. 13. — Le Lérot.
perd. Une bête de rente maltraitée ne prend point la graisse et ne donne pas le lait comme une bête traitée avec douceur; un cheval de trait brutalisé, élevé à coups de fouet et à coups de pied par les abrutis de nos fermes, devient forcément vicieux, plus ou moins intraitable, et songe plus à prendre sa revanche qu'à nous rendre des services.
Conseillons donc la douceur à l'endroit des animaux ; conseillons-la aux enfants surtout, sur les bancs de l'école, au