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DE LA PROPRETÉ

Et, en effet, personne n'oserait soutenir que la berce, le plantain, le pissenlit, la berle, le cumin, le boucage, le séneçon, les véroniques et tant d'autres végétaux de nos prairies ne valent rien, puisque la grande ciguë elle-niènie semble valoir quelque chose, n suit de là que nous ne devons pas rejeter avec une rigueur extrême les plantes dont les propriétés sont encore ignorées ; que la destruction complète de certaines herbes des prés, au moyen des sarclages, peut être moins avantageuse qu'on ne le pense, et que dans nos compositions de graines de foin, nous avons tort dé borner notre choix à quelques espèces seulement, à une douzaine tout au plus, et de repousser sans exception toutes celles qui paraissent agir dans Talimentation du bétail à titre de condiments.

DE LA PROPRETé

On a dit de la propreté qu'elle est une demi-vertu. La définition est bonne ; seulement il est à regretter que cette demivertu ne soit pas assez observée.

La malpropreté, on ne saurait trop le redire, engendre des maladies graves, et il serait à désirer que cette vérité fût bien comprise dans tous nos ménages villageois. Dans une bonne partie de la France et aussi de la Belgique, si nous en jugeons par le Luxembourg, nous sommes fort arriérés comparativement aux populations des Flandres et du département du Nord. Quelques-uns de nos ménages sont entretenus, il est vrai, avec soin; mais combien aussi sont malpropres et répugnants! Il n'en est pas ainsi dans les Flandres belges et françaises ; toutes les habitations, tous les intérieurs sont irré-

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prochables, et nous nous trouverions bien de suivre en ceci l'exemple qui nous est donné.

Là-bas, ce n'est pas seulement la maison du riche qui nous séduit par un luxe de propreté ; c'est aussi là maison du pauvre : s'il n'a qu'une mauvaise masure qui tremble sous le vent d'hiver, s'il n'a que deux ou trois chaises dépaillées, un lit séculaire, un chétif dressoir et une table vermoulue, du moins le carrelage de cette maison est deux fois par jour lavé à grandes eaux, puis saupoudré dé sable fm ou rougi avec de la brique pilée ; du moins, les charpentes de ces chaises, ce

Grav. 15. — Laveuse.

lit, ce dressoir et cette table sont cirés, frottés et miroitent comme autant de glaces. Vous ne trouveriez pas un clou, pas une fiche, pas une poignée de cuivre ou d'acier, pas un poêle qui ne reluise. Allez au foyer : la pelle, les pincettes sont éclatantes comme de l'acier poli ; jetez un regard sur le manteau de la cheminée, vous n'y verrez ni cette- crasse, ni cette graisse, ni ces déchets huileux, dont rodéui* vous saisit à la gorge.

Et ce ne sont pas seulement les choses apparentes qui brillent et égayent l'œil : ouvrez les placards, les armoires des

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