COIMIOT ON RBCOÎTOAIT LES PLANTES QUI SOUFFRENT
Nous oroyoïè tout simplement que l^ne des deui variétés «e porte mieux que Tautre. Alors même qu'elles seraient d'un âge fort atancé, ce fait ne prouverait rien. Nous connaissons des familles où les plus vieux ne dépassent pas la soixantaine, tandis que dans d'autres familles, tout à côté, dans le même village, des individus de quatre-vingts ans font encore une lieue ft rbeinre, et résistent ft des assauts que ne supporteraient point les premiers.
« Encore un fait, rapportait le même écrivain, qui montrera avec évidence que, suivant Tétat de végétation des arbres, leurs tissus sont ou ne sont pas propres à la nourriture des insectes. Pour planter un poirier d'Épargne dans mon jardin, dont le sol est sablonneux, on avait fait un trou profond et large, qui avait été rempli de terre végétale. Aussi longtemps que les racines rencontrèrent cette terre de rapport, Tarbre fit de bonnes pousses et donna de bons fruits non attaqués des vers. Mais lorsque le^ racines, en s'allongeant, rencontrèrent le sol primitif de sable, Tarbre commença à languir et le nombre des fhiits piqués de vers alla toujours en croissant, jusqu'au point qu'il n'y en eut plus un seul que Ton pût manger.
« On enleva alors, autour des racines, une couche du sable contre lequel elles venaient se heurter, et on le remplaça par de la terre, en ayant d'ailleurs soin de faire quelques suppressions dans les branches. La végétation devint plus active ; les insectes, par suite, cessèrent d'attaquer les poires, jusqu'à ce que, les racines étant de nouveau arrivées contre le sol na« turel infertile, l'arbre commença à languir. Les vers retournèrent alors aux fruits qui, tous, en ftirent progressivement attaqués. Je doute qu'on eût pu reconnaître, à l'inspection des poires, la modification qui les rendait tantôt propres et tantôt impropres à servir de nourriture aux jeunes larves ; mais les insectes ne s*y trompaient pas. »
Cette observation ne nous étonne pas, car elle vient s'ajou-' ter à celles que nous avons faites durant de longues années,
aussi bien dans la grande culture que dans le jardinage ; mais elle n en est pas moins pleine d'intérêt et grosse de conséquences. On voit par là que nous sommes les seuls artisans de nos misères ; que les ravages et les maladies dont se plaignent les cultivateurs sont bien leur œuvre, et que, si le bagage de nos connaissances scientifiques était moins incomplet, nous nous en trouverions parfaitement à tous égards. Notre plus terrible ennemi, c'est l'ignorance ; nous l'avons dit souvent et ne cesserons de le redire que le jour où rinstructiou agricole fera sérieusement échec à l'empirisme. Ce serait déjà chose faite, si l'on en comprenait l'importance.