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DU DRAINAGE DES TERRES

Une opération qui doit précéder môme le défrichement, c'est le drainage. Ce moyen d'amender le sol, de le préparer à produire, en le débarrassant d'un excès d'eau ou en Taérant, n'est pas de date aussi fraîche qu'on aurait voulu nous le faire croire.

Un homme célèbre, Columelle, dont nous vous entretiendrons encore un peu plus loin, a parlé du drainage en ces termes, il y aura bientôt dix-huit cents ans :

« Si le sol est humide, on le desséchera au moyen de fossés qui recevront les eaux surabondantes. Nous connaissons deux sortes de fossés : ceux qui sont cachés et ceux qui sont ouverts. Dans les terrains compactes et argileux, on préfère ces derniers ; mais partout où la terre est moins .dense, on en creuse quelques-uns d'ouverts, et les autres sont recouverts de manière que les derniers s'écoulent dans les premiers.

Les fossés ouverts seront plus larges en haut qu'à leur fond vers lequel la pente est déclive, et présenteront Fapparence d une tuile creuse renversée ; car, s'ils étaient taillés perpendiculairement, ils seraient bientôt dégradés par les eaux et se combleraient par Téboulement du sol supérieur. Pour les fossés couverts, on creuse une sorte de sillon à la profondeur de trois pieds. Quand on les^a remplis à moitié avec de petites pierres ou du gravier pur, on finit de les combler avec une partie de la terre qu'on en avait tirée. Si on n'a à sa disposition ni cailloux ni gravier, on formera comme un câble de sarments liés ensemble, assez gros pour occuper le fond de la fosse qui en est la partie la plus étroite, et dans laquelle on le presse et l'adapte ; puis on recouvrira les sarments avec des ramilles, soit de cyprès, soit de pin, ou, à leur défaut, avec des feuillages quelconques que Ton pressera fortement avec le pied et sur lesquels on répandra de la terre. Après cette opération, on établira aux deux extrémités du fossé, comme on le fait pour les petits ponts, deux pierres seulement, comme deux piles, sur lesquelles on placera une troisième pierre, afin que cette construction soutienne les bords et empêche qu'il n'y ait encombrement par l'effet de la chute et de la sortie des eaux. »

D'après cela, vous reconnaîtrez que les anciens ne doutaient pas plus que nous de l'utilité du drainage. Ils le pratiquaient avec des cailloux ou des fagots et obtenaient les mêmes résultats que nous. Soyons modestes, s'il vous plaît ; ne nous vantons plus d'avoir découvert le drainage : nous n'avons découvert que les tuyaux en terre cuite, tuyaux fort utiles dans les sols où la pierre manque, mais dont nous pouvons trèsbien nous passer dans les sols où la pierre abonde.

Toutefois, il nous paraît convenable d'insister sans cesse sur l'utilité de cette opération, car les cultivateurs ne drainent réellement qu'à toute extrémité, quand les parties de terrain de leur exploitation sont par trop mouillées et se refusent à produire. Tant qu'il n'y a pas apparence d'eau, ils se dispen-

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