‹ Causeries sur l'agriculture et l'horticultureChapitre 53 sur 64 · DU DRAINAGE DES TERRES · texte numérisé non relu

DU DRAINAGE DES TERRES

sent d'ouvrir des fossés, même dans les terres argileuses les plus compactes. Ils ne voient dans le drainage qu'un moyen d'égoutter, non un moyen d'aérer.

Afin de bien les pénétrer de l'importance du drainage, nous allons soumettre à nos lecteurs deux observations de la petite culture, qui nous paraissent plus convaincantes que les phrases.

Les horticulteurs ont remarqué que certaines plantes délicates, semées en serre, levaient assez bien, mais qu'elles jaunissaient et pourrissaient ensuite assez vite. Un de nos amis, qui, sous ce rapport, avait eu beaucoup à se plaindre, eut le bon esprit de suivre, pour les cultures délicates, le procédé recommandé par Lindley, si nous avons bonne mémoire, et qui consiste à renverser un tout petit pot à fleurs dans l'intérieur d'un grand et large pot, de manière à couvrir le trou du fond. On place la terre entre les parois des deux pots et l'on sème. Depuis que l'ami en question a adopté cette méthode, ses plantes délicates, qui, autrefois, levaient mal ou pourrissaient, une fois levées, réussissent à souhait. 11 peut arroser abondamment, sans jamais craindre qu'un excès d'eau ne séjourne dans le voisinage des racines ; et puis la circulation de l'air reste parfaitement établie durant le cours de la végétation.

Nous nous souvenons d'une recommandation faite par un journal de Yerviers, l'une des villes de Belgique où les fleurs sont cultivées avec une véritable passion. 11 était question de l'usage qui consiste à sortir les pots de fleurs des serres ou des appartements pour les enterrer au jardin pendant la belle saison. Le journal faisait remarquer, à cette occasion, que beaucoup de plantes souffraient de ce déplacement, et que, pour éviter le mal, il convenait de placer audessous du pot, avant de l'enterrer, un autre pot vide, retourné sens dessus dessous. On établit de cette manière un drainage énergique sous chaque fleur enterrée ; l'eau égoutte bien, l'air circule bien, et l'on n'a plus rien à craindre. Le procédé

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est bon, les résultats le prouvent ; seulement, il nous semble qu'on pourrait fort bien remplacer le pot de dessous par de gros cailloux.

C'est le cas de faire observer encore que les pots à fleurs dont nous nous servons conununément, ont toujours un trou à leur fond et ne sont jamais vernis ni à Fintérieur ni à Textérieur. Le trou qui est au fond de chaque pot est un véritable drain par où s'en va Texcés d'eau des arrosements et par où s'établit un courant d'air ; et pour qu'il ne se bouche point, on a la précaution de placer des cailloux ou des tessons de poterie au-dessus de l'ouverture, avant de remplir le vase avec de la terre. Pour ce qui est des parois du pot, on ne les vernit pas, attendu que le vernis empêcherait l'air de passer à travers.

En définitive, le drainage des terrains est fondé sur le même principe que le drainage des pots à fleurs. Un fossé au fond d'un champ représente l'ouverture au fond d'un pot, et les labourages profonds, conseillés dans les champs drainés, ont pour but d'y faire pénétrer l'air plus aisément. La terre qui serait à peine labourée ou qui serait fortement foulée, produirait sur le champ drainé le même effet que le vernis sur les pots troués. D'un côté comme de l'autre, la circulation de l'air se trouverait gênée.

Les anciens avaient encore un mode de drainer qui consistait en ceci : On ouvrait des fossés en pente plus ou moins légère, on y couchait ou des bûches ou des arbres du diamètre d'un peuplier de vingt à vingt-cinq ans, et l'on recouvrait. L'eau des égouts s'en allait entre l'arbre et la terre, et il se passait ce qui se passe avec les racines des arbres qui drainent bien le terrain où elles se trouvent. On doit s'en apercevoir à l'abatage des arbres en question. Les points occupés par la souche et les racines principales sont toujours plus sèches que les parties voisines.

Dans les pays de forêts, alors que les arbres n'avaient qu'une valeur insignifiante, on drainait souvent par ce pro-

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