DU DRÂIMGE DES TERRES
cédé, et il n'est pas rare, dans les dèfoncements, de rencontrer des pièces de bois enterrées à cet effet.
Voici ce que nous écrivions un jour à propos d'un autre mode de drainage que Ton nomme drainage par perforation : « La plupart du temps, lorsque nous croyons tenir une nouveauté, nous n'en tenons tout au plus que la moitié d'une. C'est ce qui nous arrive aujourd'hui pour le drainage par perforation. Il nous revient de droite et de gauche que sur les confins de l'Ardenne, à l'extrémité de la province de Namur, on se servait naguère encore de bûches ou de longues perches pour assainir les terrains humides. A cet effet, les anciens ouvraient une rigole plus ou moins profonde, couchaient les morceaux de bois dans cette rigole, bout à bout, et recouvraient avec de la terre, comme l'on recouvre un aqueduc ou une tranchée en partie remplie de cailloux ou de fasdnes. L'eau surabondante du sol ruisselait le long du bois pour aboutir à un fossé de décharge, el Ton obtenait de la sorte de très-bons résultats. Ceci nous remet en mémoire les fréquentes découvertes de bois fossiles dans nos champs argileux, et nous nous demandons s'ils ne proviennent pas du drainage d'autrefois. 11 n'y aurait là rien de surprenant.
« Entre ce drainage au moyen de bûches ou de perches placées horizontalement en terre et le drainage hollandais qui consiste à enfouir des pieux verticalement à une profondeur de un mètre et demi environ, il n'y a pour ainsi dire que l'épaisseur de la main. Du moment où il était bien établi qu'un morceau de bois couché dans la terre mouillée favorisait la circulation de l'eau surabondante, on devait supposer naturellement, et à plus forte raison, qu'un morceau de bois enterré debout la favoriserait mieux encore. C'est ce qui a lieu, en effet, par le procédé de perforation. Chaque trou devient un puits perdu, et chaque pieu une sorte de drain qui conduit les égouts du sol dans les profondeurs de ce puits. »
Les plantes-racines qui descendent très-bas en terre con-
stituent un véritable drainage par perforation, comme nous l'avons déjà dit. Chacune de ces racines fait fonction de pieu et ouvre un drain vertical. Aussi remarque-t-on que les terres couvertes de longues racines sont mieux desséchées au moment de la récolte que celles où Ton n'a cultivé que des racines courtes.