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DES SEMAILLES ET DE U SEMENCE

Puis, quand on a la semence en question, il importe de bien choisir son moment pour la confier au sol. C'est plus utile que d^ la chauler, de Tarseniquer ou de la sulfater:

Autrefois, nous avions en Bourgogne une excellente variété de froment que nous tirions de l'Auxois et qui se maintenait dans nos alluvions depuis un demi-siècle et peut-être davantage ; elle a disparu, parce que les producteurs de ce froment de semence ont été moins soigneux, moins soucieux de leur réputation qu'autrefois, et qu'ils ont voulu moissonner plus tôt. C'est alors qu'un cultivateur de nos environs a eu le bon esprit de chercher à faire ce que les autres ont eu la maladresse de défaire dans l'Auxois. Au heu de semer par hectare de 150 à 2i)0 litres de froment, et d'y prendre ensuite ses reproducteurs, il en a semé de 30 à 40, nous assure-t-on, a traité sa récolte comme une récolte de jardin et l'a moissonnée après complète maturité. Il a obtenu ainsi un froment superbe qui n'est point une race nouvelle assurément, mais qui n'en a pas moins fait du bruit sous le nom de blé Villard, et rendu de grands services. Cependant on commence à se plaindre de la dégénérescence de ce froment, comme si des produits améhorés par la culture jardinière pouvaient longtemps se soutenir au milieu de cultures négligées.

Que l'on suive l'exemple donné par M. Villard, que l'on sème à part quelques htres de céréales porte-graines, qu'on les soigne tout particuhèrement, qu'on attende la maturité parfaite pour moissonner, qu'on ne prenne des épis que la semence de choix, et l'on aura chaque année des produits suparbes. Dieu sait combien de fois nous avons conseillé cette pratique !

a Le choix des porte-graines, avons-nous écrit dans VArt de produire les bonnes graines^ devrait être la base de toute bonne agriculture, comme elle est la base de toute bonne horticulture, car c'est de lui que dépend la forme et vraisemblablement la quaUté des produits.

« C'est par le choix des porte-graines que Ton a formé et flxé la plupart de nos meilleures races.

« C'est par le choix des porte-graines que Ton a soutenu et que Ton soutient des variétés qui, sans cette précaution, s'abâtardiraient vite.

il C'est par le choix des porte-graines que l'on espère améliorer certaines espèces.

« C'est par le choix deâ porte-graines que l'on est arrivé à rendre hâtives des variétés tardives, et vice versa.

« Et, en effet, c'est en choisissant bien les semenceaux à chaque génération, que Ton a pu faire, par exemple, dans l'espace de quatre ou cinq années, une carotte fourragère avec la carotte sauvage de nos terrains incultes. C'est en s'altaciiant à telle ou telle forme de racine ronde ou longue, peu importe, que l'on est parvenu, à force de patience, à fixer des variations accidentelles, à en faire des races distinctes. Une supposition : Je n'ai sous la main que de la semence de racines longues; mais le hasard veut que mon semis me donne un ou deux sujets à racine courte, autrement dit une ou deux variations. Je les trouve de mon goût; je fais de ces racines des porte-graines; j'en récolte la semence; je la répands l'année suivante. Elle me produit tout d'abord beaucoup de racines longues, mais en même temps quelques racines courtes. Je choisis parmi ces dernières celles dont la conformation me plaît; j'en fais derechef des semenceaux et ainsi de suite pendant plusieurs années consécutives, et j'arrive nécessairement à n'avoir plus que des racines courtes. La variation est fixée et devient une race. C'est de cette façon que l'on a créé la carotte toupie de Hollande, le panais court, la betterave globe, comme on aurait pu créer des races longues avec des variations de races courtes.

« C'est en choisissant les meilleurs reproducteurs dans un champ à graines, épi par épi, nous dit le professeur Van Hall, c*est en faisant cueillir à la main les graines à semer, dans le jardin agronomique de Groningue, que beaucoup de variétés

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