PROTESTATION
Le 19 décembre 1865, l'Académie a décidé à lunanimité que la Pratestation et le Mémoire suivants seraient remis à S. M. l'Empereur. Trente-sept membres étaient présents.
Deux membres, absents pour cause de maladie, avaient déclaré par écrit s'associer à tout ce que voterait l'Académie.
Sire,
L'Académie des beaux-arts a décidé, par un vote unanime, qu'il serait remis à Votre Majesté une Protestation respectueuse contre les atteintes qui viennent d'être portées à son caractère, à ses droits, à ses attributions.
* Voyez page 338.
Votre Majesté trouvera tians le Mémoire ci-inclus Texposé des traditions deux fois séculaires, des lois organiques de i795 et de 1796, confirmées et appliquées dans leur sens le plus libéral par le Consulat, par le premier Empire et par la Restauration ; c*est sur ces lois que reposent nos droits, toujours respectés jusqu'ici, bien que le rapport annexé au décret du 15 novembre 1863 n'en fasse pas même mention.
Une conséquence non moins grave, est de frapper de nul. lité la plupart des legs et des fondations institués par contrat authentique, approuvés par arrêté du conseil d*État, et dont l'Académie est dépositaire spéciale, par la volonté des testateurs.
Votre Majesté verra enfin quelle perturbation jettent dans les Arts et dans l'École française des mesures que l'Académie n'a pu apprendre que par le Moniteur,
L'Académie, Sire, a remarqué avec un profond étonne ment qu'elle n'était même pas nommée dans le Rapport qui a provoqué le décret du 13 novembre. Aussi est-elle convaincue que si l'Empereur avait vu le nom de TAcadémie, que si on lui avait révélé la portée des coups qui la frappaient, que si on lui avail montré les lois et les statuts qui la régissent, l'Empereur aurait fait respecter un Corps illustre, dont il est, selon rarticle2 de l'ordonnance de 1816, le Protecteur direct et spécial.
C'est pourquoi nous avons le ferme espoir que Votre Majesté, après avoir pris connaissance du Mémoire ci-joint, reconnaîtra la légitimité de nos réclamations, et nous en appelons à la fois à la bienveillance de Votre Majesté et à sa justice.