‹ Causeries sur l'art et la curiositéChapitre 32 sur 93 · I. Hist. financiire^ II, 298ctsuiv · texte numérisé non relu

I. Hist. financiire^ II, 298ctsuiv

miim des adjudications de 571 francs. Si les évaluations de Bailly sont exactes, ce que je ne me charg-e pas de garantir, ces prix ne diffèrent pas sensiblement des nôtres.

Au xvF siècle, le commerce des objets d'art commence à prendre tournure. L'Italie, devenue le grenier de la curiosité européenne, organise son exportation sur une grande échelle. En 1527, un navire arrivant d'Italie à Valence, la municipalité espagnole lui refusa l'entrée du port, « parce qu'il était chargé de dépouilles provenant du sac de Rome * ». J'aime à croire que le capitaine changea sa direction et trouva sur les côtes de France des municipalités plus hospitalières.

Mais les arrivages du commerce ne suffisaient pas à Timpatience de nos grands amateiu-s. Ils entretenaient sur place des agents chargés de leurs acquisitions, quand ils ne les faisaient pas euxmêmes. Le voyage d'Italie était ime mode, le complément obligé d'une bonne éducation, et personne ne manquait une si belle occasion de voir et d'acheter

I. Baron Davillier, Hisc. des faïences liisp. mor.j p. 33, note.

des merveilles. En môme temps, l'Italie entrait chez nous par toutes les portes. Le gentilhomme, l'artiste et le marchand d'outre-monts, s'expatriant pour chercher fortune, trafiquaient plus ou moins de la curiosité. La clientèle française passait pour un peu novice et chacun l'exploitait de son mieux: (1 Aujourdhuy le monde est plein d'acheteurs d'antiquailles, aux dépens desquels maints trompeurs font grande chère. Car tant s'en faut qu'ils sachent discerner l'antique du moderne, qu'à grand'peine entendent-ils le mot qui leur fait si souvent mettre la main à la bourse, lequel, tel qu'il est, nous a esté apporté il n'y a pas longtemps par quelque misser Fricasse (c'est ainsi qu'Estienne désigne les Italiens.) Et me semble que le Savoyard n'eut pas mauvaise grâce, lequel voulant donner la trousse à un sot et sottement curieux de telles choses, après s'estre bien faict faire la cour, en la fin, pour une belle antiquaille, lui monstra sa femme aagée de quatre-vingts ans ^d.

Comme au moyen âge, les foires sont le principal marché de la curiosité. Pendant quelques jours, les marchands, courtiers, revendeurs, porteballes et colporteurs du monde entier pourront dresser leur étalage et vendre ce qu'il leur plaît, sans craindre les tracasseries des communautés officielles, très-chatouilleuses en temps ordinaire quand on empiète sur leurs prérogatives. Celles-ci,

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