‹ Causeries sur l'art et la curiositéChapitre 43 sur 93 · I. Août 167J · texte numérisé non relu

I. Août 167J

io8 CAUSERIES SUR L'ART ET LA CURIOSITE.

et sa clientèle. En 1673, on compte à Paris quatrevingt-cinq cabinets principaux'; vingt ans plus tard, de Blegny- donne les noms de cent trente-quatre fameux curieux parisiens, et leur place est si considérable, si évidente, que La Bruyère leur consacre une étude; ce sont des caractères^ .

A quelle cause faut-il donc attribuer la pénurie des catalogues sous Louis XIV? Comment le développement rapide des curieux n'a-t-il pas pour conséquence un accroissement dans le chifîre des ventes publiques?

D'abord les grandes galeries, les seules pour lesquelles on faisait des frais de publicité, sortent le moins possible de la famille. Quand par hasard lui amateur ou ses héritiers veulent se défaire d'une collection, ils trouveront bien moyen de traiter avec le roi, les échevins, le gouverneur de la province, ou quelque seigneur en train de se monter un cabinet. A leur défaut, on préfère vendre en bloc à un marchand qui détaillera sans afficher le nom du vendeur. Naturellement ces transactions se passent à l'amiable et n'entraînent ni publications, ni trompette, ni huissier priseur, ni catalogue.

D'ailleurs, l'organisation d'une vente n'était pas chose facile; il fallait compter avec les privilèges

1. J. Spon, Recherche des antiquités et curiosités de la ville de Lyon, 1673.

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