‹ Causeries sur l'art et la curiositéChapitre 44 sur 93 · Chap. de la Mode · texte numérisé non relu

Chap. de la Mode

des corps de métiers. La communauté des peintres prétendait se réserver le commerce exclusif des ouvrages de peinture; plusieurs ordonnances interdisaient « même aux huissiers ou autres particuliers de faire des ventes publiques de tableaux, si ce n'est en cas d'inventaire et de saisie, ou en vertu d'une ordonnance du lieutenant civil ^ ». Les libraires n'étaient pas plus traitablçs; ils vendaient souvent aux enchères, mais pour leur compte, dans leur boutique et sans catalogue. Le docteur Lister raconte - qu'il se rendit à une de ces ventes rue Saint-Jacques, centre principal de la librairie parisienne : « Il y avait, dit le voyageur anglais, quarante ou cinquante personnes, abbés ou moines pour la plupart. On traînait et on lanternait la vente autant que chez nous, et c'était fort cher. \JHispania illustrata d'André Schott, édition de Francfort, de vingt livres, sa mise à prix, monta petit à petit à trente-six, prix auquel elle fut adjugée. Le livre qu'on mit sur table {put up) immédiatement après fut un catalogue de livres français, par Lacroix du Maine , un petit in-folio couvert de vieux parchemin, huit livres; quand je vis cela, je les laissai s'arranger entre eux comme il leur plut. » Quant aux ventes privées, l'édit de 1686 interdit aux particuliers de disposer de leurs bibliothèques « par vente ou autrement », sans avoir obtenu la

1. Voir notainmeiic un arrêt de la Cour du Parlement, du 31 mars lôSj.

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