‹ Causeries sur l'art et la curiositéChapitre 45 sur 93 · Voyjge à Paris. Ed. 1873, p · texte numérisé non relu

Voyjge à Paris. Ed. 1873, p

iio CAUSERIES SUR L'ART ET LA CURIOSITE.

permission spéciale du lieutenant de police et sans que la bibliothèque ait été visitée par les syndics de la librairie ; encore faut-il que la vente soit faite par un libraire ou un imprimeur, qui devront se faire représenter le certificat de visite des syndics, « sous peine d'une amende de 500 livres, avec interdiction pendant six mois ^ )>. La visite des syndics avait pour objet de saisir les pamphlets politiques et les livres prohibés.

La police exerçait la même surveillance sur les ventes de médailles. En 1696, Pontchartrain écrit à M. de la Reynie « d'envoyer un homme à la vente de l'abbé Bizot, lorsqu'on vendroit les médailles insolentes de ce cabinet... affin de voir toutes celles qui sont mauvaises, de quelque métail que ce soit, et de les faire mettre à part. L'intention de Sa Majesté est qu'en vostre présence celles qu'il jugera devoir estre supprimées soient mises dans un sacq cacheté ; par ce moyen, il ne s'en détourneroit aucune, et j'auroy soin de les envoyer à la monnoye et d' en faire payer le prix aux créanciers-. »

A la même époque, les catalogues sont beaucoup plus répandus en Hollande, mais la vente y est libre. Le Hollandais nous avait devancés dans l'organisation commerciale de la curiosité. Né collectionneur et marchand, il aimait passionnément

1. Savary des Brûlons, D'utiomïire du Commerce, au mot : Livret.

Page 1