‹ Causeries sur l'art et la curiositéChapitre 53 sur 93 · Eug. Piot, Cabinet de l'amateur · texte numérisé non relu

Eug. Piot, Cabinet de l'amateur

Palais-Royal, quartier favori des grands amateurs, des belles ventes et des brocanteurs à la mode ; ces honnêtes industriels prenaient grand soin de se loger autant que possible au cœur de la place. Leur nombre et, je l'avoue, leur savoir-faire augmentaien dans des proportions inquiétantes; Joullain, qui connaissait bien ses confrères, se plaint amèrement « de l'immensité des marchands sans considération qui pullulent dans Paris », surtout des marchands de tableaux « dont la plupart, pour ne pas les englober tous, ne sont pas fort en réputation de probité^ ». Réunis en société secrète, sous le nom de Grafinade -, ils pratiquaient sur une grande échelle la coalition, la révision, le maquignonnage sous toutes les formes; la science moderne n'a rien trouvé de mieux.

De 1786 a 1800, la moyenne annuelle des catalogues descend tout à coup de 42 à 19. La curiosité du xvnf siècle agonise, étranglée par la Révolution ; on enterre les derniers cabinets et Lebrun conduit le deuil avec Regnault-Delalande. Voici l'Empire et la Restauration : adieu les collections galantes, les beaux catalogues et les ventes tapageuses, adieu les délicats et les fous du siècle passé! La Fête vénitienne de Watteau se vend 399 francs ' et le Portrait de Latour, 15 fr. 95^; Fragonard et

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