Pline, XXXV, 10. — Sénèquc, lett
i68 CAUSERIES SUR L'ART ET LA CURIOSITE.
bon que l'artiste reconnu le plus habile reçût des honneurs exceptionnels'. Le dessin faisait partie obhgatoire de l'éducation mondaine % et les meilleures familles envoyaient leurs enfants aux ateliers de Sicyone, d'Égine, d'Argos ou d'Athènes \ Je sais bien que Platon proscrit les arts de sa République; mais, rassurez-vous, sa République est imaginaire. Au fond, Platon ne proscrit que les méchants ouvrages et les artistes sans valeur^; quant à ceux qui ont fait leurs preuves, il les appelle, il leur demande des œuvres saines, irréprochables. (( En voyant chaque jour, dit-il % des chefs-d'œuvre de peinture, de sculpture et d'architecture, pleins de noblesse et de correction, les esprits les moins disposés aux grâces, élevés parmi ces ouvrages comme dans un air pur et sain, prendront le goût du beau, du décent, du délicat. Ils s'accoutumeront à saisir avec justesse ce qu'il y a de parfait ou de défectueux dans les ouvrages de l'art et dans ceux de la nature, et cette heureuse rectitude de leur jugement deviendra une habitude de leur âme. » Voilà de nobles pensées et un beau langage vraiment dignes de Platon !
Plutarque et Lucien ne le prennent pas de si haut. Encore que le premier soit un disciple éloi-