L. Maître, Ecoles épbc.y p
3. « ... quaedam artes dicuntur libérales quod non nisi liberis liccbat eas addiscere; utque volunt liberum ab omni cura et sollicitudiiic, unde pauperes studere non possunt, quod non sunt liberi ab
Quelle fut à ce moment l'attitude de nos maîtres? La corporation indépendante venait de se constituer à l'image des communes; l'artiste affranchi de la tutelle monastique était libre ; son premier mouvement fut de protester à sa manière. Estimant que le savant ou le lettré ne lui sont supérieurs ni par la naissance ni par le talent, et qu'il a bien le droit de s'afficher à leur coté sur les monuments sortis de ses mains, il ajoute résolument deux nouvelles figures, — l'architecture et la peinture , — au cortège habituel des arts libéraux. Dans tous les édifices de la fin du x\f et des premières années du xiii" siècle, à la porte centrale de Sens , au portail occidental de Laon , sur le porche septentrional de Chartres, le maître-maçon et le peintre-imagier prennent place, pour la première fois, entre le géomètre, le grammairien et l'astronome \
Est-ce à dire que nos maîtres comptaient se mettre en campagne pour sortir de leur condition et marcher enfin de pair avec les arts privilégiés? La protestation était faite et, le premier moment d'effervescence une fois passé, ils renoncent à une revendication prématurée. Aussi bien l'école avait
omni cura, propter defectum rerum temporalium, etc.. artes dicuntur mechanica; quasi adulterina; rcspcctu liberalium. » Catholicon Joannis Januemh, composé en 1286.
I. Viollct-lc-Duc , Dict.j Arts libéraux. Il faut aussi remarquer qu'à partir de cette époque les architectes commencent à signer Lurs œuvres, soit en gravant leur nom, soit en reproduisant leur portrait.
mieux à faire. Au sortir du cloître elle était encore semi-romaine ; pour achever de se naturaliser française, elle devait rester populaire et prendre racine dans le cœur du pays. Si Tart ogival est profondément gaulois par l'accent, la franchise et le bon sens, il le doit à l'intimité de l'art et du métier, de l'intelligence qui conçoit et de la main qui exécute, de l'artiste et de l'artisan. En répudiant son origine démocratique, en cherchant ses alliances dans les classes privilégiées, comme le fit plus tard l'Académie de peinture, l'école française se compromettait sans retour et perdait ses plus belles journées.
Mais un siècle après saint Louis, on peut déjà pressentir l'esprit nouveau. Sous l'influence des Valois, la cour de France devient la plus brillante de l'Europe, l'artiste commence à faire figure dans la haute domesticité royale ' : Raymond du Temple est le bien-aimé sergent d'armes et maçon de Charles V ; Colart de Laon a le titre de varlet de chambre du duc d'Orléans. Les ducs de Berri, d'Anjou, de Bourgogne, de Guienne, forment de grandes collections ; René d'Anjou ne dédaigne pas de tenir le pinceau; Charles VII accorde à la corporation des peintres de nombreux privilèges-. Encore quelques années et la Renaissance fera son entrée dans le monde, escortée d'un merveil-