I. Factums de Furetière, éd. Asselineau, I
traitait la veille d'artisans et d^ouvriers mécaniques*. Aux yeux des échevins marseillais, le Puget passe encore pour « un ouvrier visionnaire, bon à mettre aux petites-maisons' », et la vieille noblesse estime que « manier le pinceau est contre la coutume de France qui ne veut pas qu'un gentilhomme sache rien faire ^). Toutefois ces préventions allaient s'affaiblissant de jour en jour; le xviii^ siècle leur porta le dernier coup en popularisant les Académies provinciales. Les artistes de province avaient eu le bon esprit d'imiter les Parisiens et d'associer à leurs compagnies des amateurs choisis parmi les curieux les plus autorisés et les plus considérables de la ville. Sur ce terrain commun, le peintre et le sculpteur se rencontraient avec leu?^s coufrèi-es de la noblesse, du clergé, de la haute bourgeoisie. Dès lors l'artiste devenait un personnage aux yeux de ses compatriotes, et sa cause était gagnée*.
Ainsi disparaissaient tour à tour les derniers souvenirs du passé. L'artiste suivait paisiblement le chemin ouvert devant lui et pouvait se croire à l'abri de nouvelles attaques, quand parut le mémoire de J.-J. Rousseau à l'Académie de Dijon (1750).
L'Académie avait demandé si les arts et les
1. Inventaire des deus langues françois et latin ^ par Phil. Monet, 1635, et Dict. de Richelet, 1680, aux mots arts libéraux.