I. Essai sur les règnes de Claude et de Néron, p
avec la pointe d'un silex et accusant déjà le sentiment du dessin, l'imitation naïve et juste ^ En présence de ces monuments dune indiscutable authenticité, il faut bien vous décider, quoi qu'il en coûte, et laisser là ces théories commodes qui vous ont tant servi. L'art est antérieur à toutes les civihsations, à toutes les monarchies et, ne vous en déplaise, à toutes les philosophies^ ce n'est pas un luxe, une supertluité, c'est un besoin inné, instinctif, primordial". U est en nous depuis le jour où, pétrissant le limon de la terre, l'Artiste par excellence créa l'homme à son image et le fit artiste comme lui.
Aujourd'hui ces vérités commencent à se faire jour. Le législateur de 1833 a ouvert aux beauxarts la porte de l'enseignement, — la petite porte, il est vrai, — mais le premier pas est fait. Il y a vingt ans, la carrière d'artiste était encore la terreur des familles ; « que de conspirations sourdes, adroites, persévérantes, écrivait M. de Laborde % contre les dispositions artistes d'enfants heureusement doués, depuis le dédain général professé pour tout ce qui tient à la carrière d'artiste, jusqu'à la porte fermée à tous ceux qui s'y dévouent ; depuis le bonbon donné à condition qu'on ne dessinera pas sur son cahier ou siu' sa
1. Lenormaiid, les Monuments de l'âge de pierre^ Gdieite des Beaux- Arts^ XXIII, 506.