I. Ed. Fétis, l'Art dans la société et dans l'Etat
et démontrez, pièces en main, que les produits de nos manufactures, ceux qui dépendent de Fart qui ne peuvent exister sans lui, représentent le cinquième de notre exportation totale ; — chiffrez, si vous le pouvez, le tribut que la France, l'Italie, la Belgique prélèvent, bon an mal an, sur la curiosité des touristes attirés par leurs monuments et leurs musées; — refaites, après Émeric David, le traité de V Influence des arts du dessin sur la richesse des nations^; reprenez tous les arguments de M. de Laborde" ; recommencez le plaidoyer de M. Féns% peine perdue! Les économistes, gens positifs, fermeront les yeux et les oreilles; leur siège est fait. Apparemment, leur rêve serait de voir l'art disparaître, les Académies silencieuses, les ateliers vides, les Salons fermant leurs portes, le Louvre et les Musées transformés en usines , et les collectionneurs à Charenton. Plus de peintres, de sculpteurs, d'architectes, plus d'amateurs de guenons ; le fleuve retire ses eaux fécondes, laissant à sec une plage aride, peuplée de philosophes, d'économistes et d'ingénieurs.
Grâce à Dieu, ces temps maudits ne viendront pas. Rien n'étouffera le génie artiste, l'âme qu'il élève à la contemplation du beau, et cette intelligence plus modeste qui, ne pouvant créer, recueille du moins les enfants trouvés de l'art et leur donne