‹ Causeries sur le protestantisme d'aujourd'hui [microform]Chapitre 20 sur 40 · à . CAUSERIES · texte numérisé non relu

à . CAUSERIES

Cette autorité divine, bien qu’elle soit con-

fiée À des hommes, est la vraie, la seule règle de la foi. C'est là ce qu'ont cru tous les:

siècles chrétiens; c'est là ce qu'ont enseigné tous les Docteurs, tous les Pères de l’Eglise. Cé que nous devons: croire, c’est ce que le Pape ôt les Evèques enseignent ; ce que nous devons rejeter, c’est .ce que le Pape et les: Evêques ‘condamnent et rejettent: Quand une doctrine est douteuse, c’est au tribunal du Pape et des Evêques que nous devons nous adresser pour savoir à quoi nous en ténirs; et c'est de là seulement, c'est de ce: tribunal toujours vivant et toujours assisté de Drev, qu'émanent les jugements sur les choses de la religion et en particulier sur le vrai sens des Ecritures. sie HUILE Telle est. la règle de la foi de tous les chrétiens, règle d'institution. divine que nul né peut rejeter sciemment, sous peine.de perdre son âme. ‘Qui vous méprise me :néprise! ? Tel est le principe-inébranlable :de l'unité et de la vie de l'Eglise, C'est grâce à lui que depuis dix-huit siècles, les catholiques out toujours la même croyance.

“ Les protestants, au contraire , privés de cette règle divine, ‘‘flottent, comme dit saint Paul, à tout vent de doctrine,” et, malgré ia Bible qu’ils ont entre les mains, croient aujourd'hui ce qu'ils rejetaient hier, rejet: teront demain ce qu’ils croient aujourd'hui, et finissent par ne rien croire du tout.

Examinons maintenant, en-quelques mots,

SUR LE FROTESTANTISME, 87

la prétention des protestants de substituer, à ceite autorité invariable et toujours vivante de l'Eglise, un livre, divin sans aucun doute, mais muet et inanimé comme sont tous les livres, et qui ne peut réclamer quand on se trompe sur le sens des paroles sacrées qu'il contient. | |

Comment la sainte Bible n’est pas et ne peut j'as être le règle de notre foi.

La Bible est véritablement la parole de Drev. Nous le savons tout aussi bien et même beaucoup mieux que les protestants. ‘Tout ce qui est dans la Bible est d’enseignement divin ; et cépendant la Bible n’est pas et ne peut pas être la règle de notre foi, dans le sens que prétendent les protestants.

Pourquoi ?

o La Bible ne peut pas être la règle de notre foi, parce que Jésus-CHRi<T n’a pas dit à ses Apôtres : Âllez et colportez des Bibles, mais bien : ‘* Allez et enseignez toutes les nations ; qui vous écoute, m'écoute.” — ,Le christianisme, dit le protestant Lessing!, était déjà répandu avant qu'aucun des évangélistes se mit à écrire le vie de Jésus. On disait le Pater avant qu'il fut écrit dans saint Matthieu, car Jésus-CarisT lui-même l'avait

1. Lessaine,. Beilrage fur Geschichte und lüteralur, t. IV, p. 182. | |

appris à ses disciples qui l'avaient transmis aux premiers Cchrétiens., on baptisait ag nom du Pèreet du Fils et du Saint-Esprit, avant que la formule du baptême eût $té écrite par le même saint Mathieu dans son Evangile, car JÉsus-CHrisT l'avait pente verbalement à ses Apôtres.”” L

Cette première preuve, qui est une preuve de fait, en vau’ bien une autre, et les protestants n'ont jamais rien trouvé de raison nable à y opposer.

2° La Bible ne peut pas être la règle de notre foi, parce qu'il suffit de parcourir les livres saints, et en particulier le Nouveau- Testament, pour s'appercevoir que:ces livres ne sont pas un, catéchisme, c'est-à-dire un : enseignement religieux clair et complet.

Les Evangiles, les Actes des Apôtres, et en général les livres historiques, sont cimplement des récits présentés à l'édification des fidèles ;'les Epitres de saint Pauleet des autrés Apôtres sont des fragments détachés, trai-.

tant dé tel et tel point de doctrine en particulier ; le plus souvent ce sont des réponses à des questions spéciaies ou, bien des. allusions à certaines erreurs qui n'existent plus. : Les Psaumes sont avant tout des prières, et les livres des Prophètes sont l’aunonce de l’'avénement du Christ et des grandes destinées de son Eglise. Jamais les Apôtres et les autres auteurs inspirés n’ont prétendu donner, dans ces fragments écrits, un code d'enseignement ;complet, une formule de

tres et

rétendu

n code aule de

croyancè, Celz est évident et saute aux yeux à la première lecture.

‘ Les Apôtres, dit le célèbre protestant Grotius, n’ont pas eu l’intention d'exposer tout au long dans leurs épitres les doctrines nécessaires au salut ; ils les écrivaient occasionnellément au sujet de questions qui se présentaient à eux !.” = 8 La Bible ne peut pas être la règle de notre foi, parce qu’elle renferme une foule de passages difficiles qui, par leur profondeur divine, échappe aux intelligences les plus lumineuses. Les efforts des docteurs de l'Eglise pour en pénétrer le sens, efforts souvent déçus, montrent ‘assez combien les saintes Ecritures, sont difficiles à comprendre. “Approfondir lesens des Ecritures, dit Luther ‘lui-même, est chose impossible ; nous ne pouvons qu’en effleurer la superficie ; en comprendre le sens serait merveille. Que les théologiens disent et fassent tout ce qu’ils voudront, pénétrer le mystère de la -parole divine sera toujours une entreprise audessus ‘de notre intelligence. Ses sentences sont le souffle de l'Esprit de Du: donc elles défient l'intelligence de l’homme ?.” | :

‘Que faut-il donc penser d'un règle de foi | qui, de l’aveu de Luther et d’une foule de ‘protestants, au lieu d'expliquer la foi, a besoin ‘ellemême de difficiles et longues explica- ÿ 1, H. Grorivs, Ep. 582. en :Q, Voir Avi, Vie de Luther,,t- IT, p. 339

tions? Du reste, les protestants ne seraient pas bien venus à nier les difficultés de l’interprétation de la Bible ; leurs interminables disputes et dissidences sur presque tous les textes de ce saint livre parlent assez haut.

Il est même remarquable de voir que ce sont les passages les plus simples:et les plus clairs des Ecritures qui ont soulevé parmi eux le plus de disputes et de divisions. On a compté plus de deux cents interprétatiors protestantes de la parole de Notre-Seigneur à la sainte Cène : ‘“ Ceci est mon corps !” | 40 Enfin, la parole de Drev dans la Bible n’est pas et ne peut pas être ia règle de. la foi des chrétiens, parce que, si cela était, la religion chrétienne ne serait pas faite pour les pauvres et les petits, c’est-à-dire pour ceux que Jésus a déclarés les enfants privilégiés de son amour. : |

Le protestantisme n’est pas et ne peut pas être’ la religion du peuple. it:10

Non, le protestantisme n’est pas fait pour le peuple. Jésus aime les pauvres et les humbles ; or, le protestantisme, en donnant la lecture de la Bible comme règle fondamenta!4-de la foi chrétienne, exclut le peuple du christianisme. En effet, les pauvres, ou bien ne savent pas lire, et qu'est-ce qu’un. livre

pour qui ne sait pas lire! ? ou bien n’ont pas le temps de lire, absorbés qu’ils sont par le travail des mains, et qu'est-ce qu’un livre pour qui n’a pas le temps de lire ? Si le protestantisme a raison, si pour faire son salut il faut lire la Bible, ‘alors, dit encore le luthérien Lessing, combien je vous plains, vous tous qui êies nés dans des pays dont la langue ne sait point parler la Bible’ ; vous qui, nés dans les conditions de société où l'or manque de touteseconnaissances, pe savez pas lire la Bible ! Vocs croyez être chrétiens parce que vous êtes baptisés ? Malheureux !

ne voyez-vous pas qu'il est aussi nécessaire au Salut de savoir lire que d’avoir reçu le baptème ? Et encore- j'ai grand’peur qu’il vous faille apprendre l’hébreu, si vous voulezêtre bien assurés de sauver votre âme.”

Lors même que tous les pauvres sauraient lire, en seraient-ils beaucoup plus. avancés pour cela ? Ne se verraient-ils pas arrêtés à chaque verset comme nous disions tout : à

1. Or, il est à noter que pendant quinze siècles, c’est-à-dire jusqu’à l’ir vention de l'imprimerie, presque personne ne savait lire dans le peuple, Tous ces pauvres gens auraient donc vécu sans moyen d’arriver à la foil C’est absurde.

2. Il a été constaté par. des rapports scientifique émanant de savants protestants qu'il est absolument impossible de traduire là Bible en certa ins idiomes, quin'ont 523 d'expressions pour rendre l4, plupart des idées exprimées dans le saint Livre.—Voilà donc des nations entières qui ne jourront jamais arriver à la foi, si la foi doit se former par la lecture de la Bible !

on ce he jdn D A

Po =

. ° 3 v y [S or en en de S - ” Ed ent A pr se Re 2 2 Es of mA __ begin + TE 2 IS mu nn dame

EPS.

« # nn ve + ptdr ar ce ares Ar E ns ru ur

re

er à

ee Re PT CES Scésce

Frs

Re:

Re ne

ES

92 CAUSERIES l'heure? Et qu'on ne dise pas qu'il suffit au peuple que les pasteurs lisent et expliquent uné fois par semaine l’Eeriture sainte dans leurs prêches ! Cés explications ne sont que des opinions personnelles, qui ne reposent sur aucune autorité et qui varient suivant le caprice de chacun. Ce n’est plus la parole de Dreu, c’est la parole de M. X*** ou de M.

Z"**, ce qui est bien différent.

Que le peuple sache ou ne sache pas lire, il est donc absolumentf impossible que la Bible soit la règle de sa foi. Dieu, en donnant la Bible comme règle de foi, aurait exclu de son Eglise et du salut éternel presque tous les hommes; ce qui est une impiété et ce que personne ne croira jamais.

Donc le protestantisme qui veut nous dire :

‘ Prenez et lisez ma Bible ; passez-vous de PEglise et des prêtres ; contentez-vous de la seule parole de Dreu contenue dans lEcriture,” ne peut pas être la religion du peüple, et par conséquent ne peut pas être et n’est pas le vrai christianisme, la religion de tous.

| XI Comment il est impossible à un protestant de. savoir si la Bible qu'il lit est la | parole de Dreu. |

Je défie tous les protestants passés, présents et futurs, de me démontrer, sans faire brèche à leurs principes, que la Bible est vraiment la parole de Drev. es RATS

tau quent

dans t que osent ant le parole de Lu.

s lire, ue la nnant exclu e tous et ce

dire :

us de de la lEcrieuple, n’est > tous.

Pour moi, catholique,la question #st résolue. Je sais ce qu'est lé sainte Ecriture. L'Eglise de Dreu, l'autorité infaillible, et vivante que JÉsus-CHrisr à instituée sur la térre pour me faire connaître et pratiquer la vraie foi, me présente les livres saints et me dit, au nom de Jésus-CaRisrT : Ces livres sont les écrits des Prophètes et des Apôtres. Non-seulement ils sont authentiques, c’est-à-dire écrits par les auteurs auxquels on les attribue, mais ils sont inspirés, c’est-à-dire écrits avec l’assistance de l’Esprit-Saint, et ils renferment vraiment la parole de Dieu.—Je crois à l’enseignement de l’Eglise, et, logique dans ma foi, je dis et je crois que la Bible est la parole de Dreu.

Mais le protestant, qui rejette l’autorité de l'Eglise, ne peut plus raisonner ainsi. ‘Avec la Bi ble à la main, il demeure sans réponse, quand on lui demande pourquoi il a foi à ce qu'eile contient. UE Fiat

I. Les livres de la Bible sont-ils authentiques ? demanderai-je d’abord aux protestants ; comment savez-vous qu'ils sont écrits par les Prophètes et par les Apôtres dont ils portent lés noms? . iii 0 Dis cinse

Ici naissent des questions historiques fort embrouillées et dont plusieurs, on peut le dire, sont inextricables. : Chaque individu, dit le ‘professeur protestant Shœ@rer!, est appélé ici à se prononcer sur des matières au

BconetesEeE

1 La Critique et la Foi, par E: Schœrer de Genève, : |

Page 1