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un chrétien qui n'ira pas à la messe, qui ne fera plus ses Pâques, qui huïra le prêtre ; c’est assez, il est gagné à la cause du pur Evangile.
Telle est cette propagande protestante qui s'accroît chaque jour. Telles sont ces conversions immorales, non moins honteuses pour ceux qui les provoquent que pour ceux qui les subissent. Les cœurs élevés chez les protestants aussi bien que chez les catholiques hésitent à croire à cette traite des âmes et pourtarit il est certain que l'argent est devenu le principal instrument de cette propagande. Entre ses mains la charité n’est plus : un secours désintéressé, c'est une prime offerte à l’apostasie : Vous êtes pauvre, venez à nous! vous aurez le bien-être.
Comme le pain doit être amer quand il est le prix d’un pareil déshonneur !
Par suite de cet a«giotage religieux, les grandes idées d'honneur et de morale, déjà si affaiblies, disparaissent de plus en plus; les cœurs s’abaïissent, les caractères s'énervent, les convictions tombent ; la vérité et la religion ne sont plus qu'un moyen d'exploiter le riche et d’avilir le pauvre.
Acheter et vendre, voilà le dernier motde la propagande protestante.
La religion d'argent.
1. La religion d'argent, tel est le nom que certains ministres protestants donnent à la
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religion catholique. De concert avec les impies, ils accusent nos prêtres de vendre les choses saintes et ’exploiter, au profit de leur bourse, la crédulité du peuple.
Cette calomnie est habile. Sur dix hommes, il en est neuf qui sont fort sensibles à tout ce qui, de près ou de loin, touche aux écus, et accuser les prêtres d'aimer l’argent et de vouloir en soutirer au pauvre peuple, c’est le vrai moyen de paralyser leur ministère. Les protestants le savent : aussi reviennent-ils sans cesse à cette calomnie qu'ils répètent avec une mauvaise foi des mieux calculées. Cette accusation cependant est plus déplacée dans leur bouche que dans toute autre.
On ignore généralement, en effet, que l’emploi de pasteur est fort lucratif!, Le gouvernement donne 1,500 francs au pasteur du moindre village et un traitement bien plus considérable à ceux des grandes villes. Outre ce traitement, ils ont un casuel qui, pour n'être pas tarifé, n’en est pas moins exigé par l'usage, Or, ce casuel n’est pas peu de chose ; en Alsace, par exemple, jamais un bourgeois ne marierait son fils ou sa fille sans donner une somme fort ronde au pasteur ; aux baptèmes, à la soi-disant première communion et à d’autres époques de l’année, on est tenu par les convenances de faire au
1. Je tiens de la uropre bouche d’un ministre qu'à Paris la moindre place de pasteur vaut 13,500 francs.
pasteur de beaux cadeaux en argent ou en nature, et les étrennes du jour de l'an ne sont pas du tout à dédaigner. Puis, sans parler des leçons de religion ou catéchismes qui sont une source abondante de revenus pour DPEEOUR de ministres; il est bon de dire que chez les protestants les enterrements ne sont rien moins que gratuits. À Paris et dans les endroits catholiques, les ministres jouent le désintéressement et affichent à la porte de leurs temples : ci l'on ne paye point les chaises, tandis qu’en Alsace et dans les contrées protestantes, chaque famille a sa place déterminée qu’elle paye fort cher pour l’occuper tout au plus une fois par semaine.
il faut ajouter à tout cela les subventions incessantes des Sociétés bibliques, évangéliques et autres, qui soutiennent leurs apôtres. En 1856, une réunion de propagande protestante, tenue en Allemagne, se vantait d'avoir consacré à ses agents en France une somme d'environ 8,000,000.
Enfin, gardons-nous d’oublier qu’en pays protestarits, les jeunes pasteurs font généralement de fort bons mariages. Leurs administrés sont quelquefois les premiers à s’en plaindre. Dernièrement, dans un endroit du canton de Zurich, les jeunes gens encore:
célibataires déclarèrent qu'à l’avenir ils ne soufiriraient pas qu'on reçût des ministres qui ne fussent pas mariés, ‘ car, disent-ils, ils nous enlèvent tous les bons partis du pays.” Dans d’autres localités, au contraire,
u en il est arrivé que le conseil presbytérial, se nne composant en majorité de pères de famille sans ayant des filles à marier, refusa obstinément smes d'accepter la nomination d’un pasteur déjà enus pourvu de femme, et dont, par conséquent le n de cœur et la main n'étaient plus disponibles. 1ents Or, de cet argent qui de tous les côtés afflue ris et dans la poche des ministres, il n’y a rien ou stres presque rien à déduire pour les frais du à la culte.
point Le temple une fois bâti (et ce n'est pas le 1s les pasteur, bien entendu, qui paye la bâtisse), a sa ne demande d'autre entretien que le bapour layage de chaque semaine ; il n’y a ni orneaine. ments sacrés, ni luminaire, ni pompe relitions gieuse. La robe noire de M. le pasteur ne sert géli- que les dimanches ; elle doit durer longtemps tres. à ce sobre métier, et quand elle commence pro- à passer, elle peut servir à une foule d’usages ntait domestiques.
une IT. Le curé catholique reçoit du gouverne. ment un peu plus de la moitié du traitement Days du moindre de ces pasteurs protestants qui éra- crient si fort contre la religion d'argent: 850 mi- fr. au lieu de 1,500 accordés aux pasteurs les s'en moins rétribués.
du Si le pasteur protestant n'a pas de dépenses ore” \ àfaire pourson culte, il n’en est pas de même ne pour le curé catholique. Il y a dans les céréres rmonies du culte chrétien tout un côté matériel ils, qui coûte fort cher, même dans les plus humdu bles églises. Dans la moindre chapelle de re, village, il faut pour la célébration des offices
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divins du pain et du vin, des flambeaux, des cierges, desornementssacerdotaux de diverses couleurs, des vases sacrés, des linges de différentes sortes, enfin une foule d'objets indispensables et dont ne se doutent pas les gens qui demeurent étrangers à ces détails pratiques. De plus, il faut payer les employés de l'église; ce sont ordinairement des ouvriers qui n’ont que leur travail pour vivre. Outre ces dépenses spéciales, le curé est, en raison ae son ministère, ie premier et le principal soutien de tous les pauvres et de toutes les œuvres Chaäritables de la paroisse ; lors même que son cœur ne l’y pousserait pas, il y serait obligé par les convenances et même par le devoir. Enfin, il faut qu’il vive. qu’il s’entretienne, lui et la personne qui le sert.
Pour peu qu’on soit sincère, il n’est personne quis’étonnera de voir le gouvernement et l'Eglise elle-même autoriser nos prêtres à prélever sur les fidèles une sorte de taxe à l’occasion de certaines fonctions de leur ministère, afin de suppléer à une aussi grande disproportion entre le traitement et les dépenses obligatoires. C’est là ce qu’on appelle le casuel ; il est facile d'en comprendre l’indispensable aécessilé. Avant la Révolution, le casuel était presque nul; on ne payait point les chaises dans les églises, et le peu quele prêtre demandait aux fidèles n'avait d'autre but que de constater le droit qu’a le prêtre de vivre de l'autel, et de recevoir des chrétiens l'assistance temporelle en échange des biens spirituels que
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leur appôrte son ministère !. Les révolutionnaires y ont mis ordre; ils ont tout pris à l'Eglise dans notre pays : ne pouvant la tuer, ils l’ont dépouillée, espérant La faire mourir de faim. Elle ne meurt pas, mais c'est grâce à l'incessante libéralité des fidèles auxquels le prêtre se voit obligé désormais d: ‘adresser. Voilà pourquoi on paye mainten in, i2s bancs et les chaises; voilà pourquoi !*< prêtres, malgré leur répugnance, réclament tels ou tels menus droits qui pèsent au peuple, mais dont le produit est à peine suffisant pour couvrir toutes les dépenses.
Est-ce là une religion d'argent ?
Cependant il est une seligion d'argent, et je vais vousdire quels sont ceux qui la pratiquent. Ce sont des hommes qui ramassent chaque année dans leurs Sociétés publiques ou secrètes des millions et des millions ; qui, la bourse à la main, entrent dans la mansarde : de nos ouvriers, dans la chaumière de nos paysans, et, abusant de la misére et du malheur, vont acheter des âmes à prix d'argeni!
À eux la honte de pratiquer ce dont ils nous accusent!
1. Epètre de saint Paul aux Corinthiens, ch. x, Il et suiv.: “Si nous vous apportons les biens spirituels, “n'est-il pas juste que nous vivions de vos biens tem- ‘“porels?.…. ne savez-vous pas que les ministres du ‘sanctuaire vivent de ce qui est offert au sanctuaire, ‘et que ceux qui servent à l'autel vivent de l'autel?
Une preuve d’un nouveau genre en faveur du protestantisme.
A mesure que le protestantisme laisse à toutes les épines du chemin les lambeaux de vérité et de vie chrétienne qu’il tenait de l'Eglise, il se matcrialise de plus en plus; il devient de plus en plus la religion de Luther, son premier apôtre, et chante avec lui: “Bien boire et bien manger, c’est le vrai moyen d'être heureux.”
Parmi les pays qui ont perdu la foi lors de la Réforme, il s’en trouve plusieurs, l’Angleterre en tête, qui, en raison de leur position géographique ou de leur instinct commercial, font vraiment très-bien leurs affaires en ce monde, gagnent beaucoup d'argent et s’enten- : dent admirablement à se procurer toutes les jouissances de ja vie, jouissances que l’esprit moderne semble regarder de plus en plus comme la fin dernière de l'homme et le but unique auquel doivent tendre ses efforts. De là, le croirait-on? des hommes sérieux, des ministres de ’'Evangile, prétendent tirer un argumentinvincible contre l'Eglise catholique en faveur du protestantisme: “Les protestants, disent-ils, sont plus riches que les catholiq ques, donc leur religion est meilleure.”
Un pasteur français, auteur d’une foule de petits libelles protestants qui courent les rues,
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a développé, dans un livre spécial, cet argument d'un nouveau genre devenu fort populaire parmi nns bourgeois et nos industriels indifférents. Mais mal lui en a pris, et la leçon lui est venue de ceux mêmes dont il attendait les applaudissements. Le Journal des Débats, quicependant n’estrien moins que catholique a consacré à cette étrange production un travail plein de verve et de bon sens, où il flagelle, a”ec une indignation qui lui fait honneur, les principes anti-chrétiens qui servent de base à cette nouvelle apologie du protestantisme.
Je cite '
‘Les nations catholiques et les nations protestantes considérées sous le triple rapport du bien-étre, des lumières et de la moralité, par Napoléon Roussel, pasteur.—Nous avions ouvert ce livre avec le désir d’en dire tout le bien mue nous pourrions: mais, avec la meilleure volonté du monde, il nous est impossible de le considérer ni comme un bon livre ni comme une bonne action. L'auteur...
a fait une œuvre dont le dernier mot est le matérialisme le plus cruel, le plus insensible, le plus désespérant. En vérité, si un münuistre de l'Evangile n’a qu'une morale comme cellelà à présenter au monde; si, protestant ou catholique, quel qu’il soit, il w’a point d'autre conclusion à tirer de l’histoire, alors 1l ne reste plus aux hommes qu’à se bien nourrir, à se bien porter et à bien faire leurs affaires ; les plus riches seront toujours les plus vertueux. Cette lecture serre le cœur...
M. Roussel a eu l'intention de comparer les nations catholiques avec les nations pro: testantes sous le triple rapport du bien-être, des lumières et de la moralité. Par malheur, dans cette comparaison, la moralité, qui aurait droit à la première place, n’occupe que la dernière et la plus petite ; les lumières viennent au second rang, et, comme dans le titre, le bien-être s'étale, et, pour ainsi dire, se carre sur le premier plan...
‘ En deux volumes, M. Roussel démontre, à grands renforts de chiffres, que ies protestants sont infiniment plus heureux dans ce monde que les catholiques ; qu'ils ont plus de rentes, plus d'actions industrielles, plus de couverts d'argent, plus de chemises et plus de bottes. Jusqu’a présent nous avons toujours cru qu’au jour du jugement dernier Dieu mettrait de côté les bons et de l’autre les méchants ; mais, dans le système de M.
Roussel, l'humanité est partagée en deux autres catégories : celle des gens gras et celle des gens maïgres. Dreu ne sondera plus Îles reins et les cœurs, mais les estomacs. Si M.
Roussel permettait à Saint Pierre de garder l'entrée du Paradis, certainement il lui don- . nerait pour consigne, comme aux Tuileries, de ne laisser passer que les gens bien portants et bien vêtus ; dans la théologie protestante, pour être sauvé, une mise décente est de rigueur...
‘ [L faut voir avec quelle complaisance M.
Roussel aligne les comptes de tous les pays
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