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catholiques et de tous les pays protestants; c’est une véritable tenue de livres en partie double.
“ Sur le terrain du bien-être, M. Roussel et le protestantisme règnent en maîtres : ils sont les plus riches. Voyez, par exemple, Ja figure que fait cette triste et sale Irlande à côté de ses sœurs protestantes ! M. Roussel nous donne, d’après un rapport officiel, le bilan d’une paroisse de quatre mille habitants, tous catholiques, a-t-il soin d’ajouter ; et ces quatre mille catholiques possèdent entre eux une charrette, une charrue, seize herses, huit selles d'homme, deux selles de femme, sept fourchettes de table, quatrevingt-treize chaises, deux cent quarante-trois tabourets, vingt-sept oies, trois dindes, deux matelas, huit paillasses, huit chandeliers de cuivre, trois montres, une école, un prêtre, point de chapeaux, point de pendules, point de bottes, point de navets, point de carottes. Arrêtons-nous un peu dans cette nomenclature ; M. Roussel en cite des pages entières ; . et, après avoir achevé cette sorte de visite à l'hôpital, il s’écrie triomphalement : ‘‘ Traversons donc le canal, et, après avoir vu l'Irlande catholique et ses misères, contemplons l'Ecosse protestante et sa prospérité.”
‘ Comme les gens qui ont la jaunisse et qui voient touten jaune, M. Roussel va déterrer du catholicisme jusque dans des coins où on n'aurait jamais cru qu’il pût se nicher. Continuant son tour du monde, il soumet
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au même procédé de comparaison la Suisse catholique et la Suisse protestante. Voici un voyageur qui arrive dans un canton catholique, et son premier mot est : ‘ Quelle malpropreté ! quel teint jaune, noir et livide !” C’est convenu: tous les catholiques sont jaunes. Voici encore une autre impression de voyage ; nous citons : Nous arrivâmes sur les deux heures à Fluelen ; cette terre du catholicisme nous fut annoncée par quatre goîtreux, six galeux, une demi-douzaine de malheureux en guenilles qui paraissaient sortir du tombeau..”—C'est, comme on voit, de mieux en mieux; tout à l’heure les catholiques étaient jaunes, à présent ils sont tous galeux. Détournons nos regards de ce triste spectacle, et hâtons-nous de les rasséréner par la vue d’une terre protestante : ‘“ Que de vallops ! quelle culture! s’écrie M. Roussel Que d’abondance et d'industrie ! Zurich et ses beaux environs me paraissent l’asile de la sagesse, de la modération, de l’aisance et du bonheur......Nous entrâmes dans une chaumière où la maîtresse du logis nous offrit du lait et des cerises, et plaça sur la table neuf ou dix cuillers d'argent.” KEntendez-vous bien ? dix cuillers d'argent ! Quelles saintes gens ! Ce ne sont pas des guleux de catholiques, ces gens livides, qui pourraient vous en montrer autant! Voulez-vous suivre M.
Roussel en Espagne ? ‘Là encore, à grand renfort de citations, il vous prouvera que les routes sont mal tenues, que les auberges
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sont sales et qu’on y mange dans des couverts d’étain ; puis il comparera cette terre du catholicisme à l'Angleterre, cette terre du protestantisme, qui s'annonce à son tour par des couverts d'argent, par des chemins de fer, par du linge, etc.
‘ Nous ne teuons pas à accompagner M.
Roussel dans toutes ses pérégrinations ; nous ne nions point l'exactitude de ses comptes, et nous laissons au protestantisma le bénéfice de son argenterie. Mais M. Roussel, quand il voyageait en [rlande, par exemple, n’a-t1l jamais éprouvé le moindre remords de conscience ? Ne s’esl-il jamais demandé si les protestants n'étaient pas pour quelque chose dans la misère de.cette terre catholique ? Si les protestants ne représentent pas plus d’un dixième de la population de l’Irlande, de quel droit ont-ils fait main basse sur toutes les propriétés et tous les revenus de l'Eglise catholique ? Et quand M. Roussel, pour prouver que les catholiques ne sont plus opprimés en Irlande, nous dit qu'ils ont quatre archevêques, vingt-trois évêques, deux mille cinq cents églises, plus de deux mille prêtres, comment n’a-t-il pas un peu d’admiration pour ce peuple de mendiants qui trouve encore à prélever sur sa misère l'entretien de son Église, pendant que les évêques et les ministres protestants vivent grassement el plantureusement du profit de la confiscation? Comment un ministre de l'Evangile ne se rappelle-t-il pas cette parole : ‘ Je vous le dis