Les Ecoles du douie et l'école de la foi, p
OTESTANTISME. 9
Protée
Protée était un personnage de la Fable qui prenait toutes les formes et se dérobait ainsi à toutes les recherches, à toutes les attaques. | Protée est le vrai type C2 ce qu’on appelle le protestantisme. On ne sait comment faire Doour le définir, et on sait encore moins par Moù le prendre. Il est différent à Paris et à ELondres, à Genève et à Berlin, à Berne et à
New-York. Bien plus, il diffère de lui-même dans chaque quartier de la même ville, dans chaque temple, dans la tête de chaque pasteur, jJ'oserai dire dans la tête de chaque protestant. Ce qu'il enseigne, ce qu’il dit, ce qw’ii croit ici, est diamétralement opposé à ce qu'il dit, à ce qu’il croit, à ce qu’il enseigne ailleurs ; et cependant, c’est toujours le protestantisme.
Qu’est-ce donc que le protestantisme ?
Est-ce une religion ?—Non, ce sont des sectes.
Est-ce une Eglise ou mème une agglomé-ration d'Eglises ?—Non, ce sont des individus.
Est-ce une institution ?—Non, c’est une révoite.
Est-ce un ens2ignement ?—Non, c'est une | négation. !
| 1 Voici une lecon de eatéchisme qui pourrait être + considérée comme le résumé de la doctrine protestante. M D. Qui vous a créés, pauvres protestants, et qui vous a mis au monde ?
Le protestantisme profeste ; et son œuvre | se borne là. Son nom même est purement & négatif, et c’est ce qui explique comment depuüistroïis cents ans, ce nom n’a pas varié, bien ! qu'il couvre des variations sans nombré. Le % protestantisme n’étant-qu'uñe renonciation à | l'antique foi chrétienne, moins il croira, plus il protestera ‘et plus il sera : lui-même. Son nom dévient tous les jours plus vrai, et lui. même doit subsister jusqu’au moment où il périra, comme: l'ülcère périt avec le dernier atôme de chair vivante. qu'il a dévoré. :
Toutefois, il est dit dans la Fable qu’on est venu à bout de saisir Protée ; essayons d'en |
faire autant, et de surprendre lé protestan- ! tisme sous les mille formes qu'il revêt ; es- | sayons de le démasquer ét de prémunir ainsi les chrétiens auxquels il tend ses piéges.
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R. Luther nous a créés et mis au monde.
D. Pourquoi Luther vous a-t-il créés et mis au monde ?
R. Pour rrolester à son exemple, contre Dieu et son Eglise, pécher foriement à son exemple, et, par ce por arriver à la vie éternelle.
D: Qu'est-ce qu’un protestant ?
LR. Un protestant est celui qui, étant baptisé ou n'étant pas baptisé, ce qui est la même chose, croit tout ce qu'il veut et fail ce qu’il veut.
D. Quelle est la marque d’un protestant ?
R. C'est l'horreur de la croix, la haine dela Sainte Vierge, du Pape et des Saints, et l'oubli des pauvres morts du purgatoire.
D. Quand faut-il que les protestants maniféstent cette horreur, cette haine et cet oubli ?
R. Le matin, en se levant, le soir én se couchant,
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de bien ? Protestanhtisme et Protestants.
rar M Proôtestantisme et protestants, est-ce la même ira, plus chose ?—£En' aucune sorte. :
e.” Son MR. Les protestants sont des hômmes que Dieu i, et lui. Maine comme il aime tous les hommes: et le nt où il MR protestantisme ést une révolte contre la védernie rité, révolte que Dru déteste et maudit sur 5... MMla terre, comme il détéste et maudit dans le io as ciel la révolte de ses anges rebelles. Il faut
bns d’en aimer les protestants et détester le protestan-
A tisme, comme il faut aimer le pécheur et dé-
és @ tester le péché. | ir ainsi 1 Le protestantisme est mauvais de sa naü8 ture ; le protestant est souvent un fort brave ‘ homme, toujours infiniment meilleur que ee son. protestantisme. i Le plus souvent, il n’est mis au protestant que de nom, et ce qui lui manque, en fait de religion, doit être bien plutôt im- 'u êt son puté à son éducation et au milieu protestant MEL dans lequel il vit, qu'à un sentiment personnel et coupable. . | ouné M Dans ces causeries, ce n’est point le protestout ; ue au commencement et à la fin de leurs principales actions. | Sainte. D. Cela sufit-il pour être protestant ? auvres R. Oui, il suffit de faire cela pour être protestant et parfait protestant :
festent D. Cette première lecon de catéchisme peut-elle,
pour un protestant, remplacer toutes les autres ? R. Oui, toutes les autres sont utiles, celle-ci contient toute la vraie doctrine protestante.
chant,
tant, mais le protestantisme que j'attaque et gos je dénonce comme un grand ennemi
es Âmes. Avant tout, je plains les pauvres protestants, dont beaucoup, je le sais, sont à dans la plus parfaite bonne foi. Dieu leur fera miséricorde, si, dans cette grande ruine qu’on appelle le protestantisme, ils aiment, ils
cherchent de leur mieux les vestiges de la D
vérité,
Le protestantisme est une doctrine trompeuse : guerre à l'erreur!
Le protestant est un homme pour lequel Notre-Seigneur a souffert et est mort comme | pour tous les hommes; c'est un frère que nous devons tous aimer. |
Catholicisme et [Gatholiques.
Si prolestancisme et protestants ne sont pas | une seule et même chose, il en est de même de catholieisme et catholiques.
Le protestantisme est toujours plus mauvais que les protestants. Cela est absolument vrai et très-facile à concevoir. Le pécheur vaut toujours mieux que son péché, l’homme qui se trompe vaut toujours mieux que son erreur ; le péché et l’erreur sont, en effet, absolument et totalement mauvais, tandis que l'homme qui‘pèche et qui se trompe conserve toujours quelque chose de bon, quelques débris de vérité et de pureté de cœur.
attaque et 1 ennemi S pauvres
Le catholicisme, au contaire, est toujours deilleur que les catholiques ; le catholique, uelque saint, quelque parfait qu'on le sup-
(sis, sont ose, conserve toujours les imperfections de
IEU leur MS faiblesse humaine et les traces du péché ide TüUMe Driginel. L'Eglise catholique, qui le guide ment, ils Mans la voie de piæu, lui présente la vérité,
ges de la Pure de tout mélange et absolument bonne ; Mlle lui propose la sainteté parfaite et se rouve toujours, par conséquent, supérieure à son disciple.
: Bien souvent, dans les reproches que les ministres protestants font à l'Eglise, ils conondent les catholiques avec le catholicisme ; ls confondent le disciple, toujours imparfait, avec la doctrine parfaite en soi, De là, des récriminations injustes, de là souvent, une Brritation fâcheuse ; de là enfin de chiméiques, maïs puissants obstacles, qui empéchent le retour à la vérité.
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r lequel comme | ère que
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S Mau- Catholiques et catholiques.—Protestants et prolument ! testants,. ° écheur | “Il y a fagots et fagots,” dit le bûcheron 10omme de la Comédie. Disons ici de même, et disue son Stinguons encore. |
fet, ab- | Il ÿ a catholiques et catholiques : vrais is que catholiques et catholiques de contrebande ; Aserve catholiques sérieux, qui connaissent leur reliles dé- gion, la pratiquent de tout leur cœur, s’ap-
pliquent à la prière, à la pénitence, aux œuvres
de, charité, à l'union intime avec Notre-Sei.
gneur ; et catholiques, au contraire, qui ne le sont que de nom, qui vivent dans l'indifférence religieuse, qui ne prient point, qui ne fréquentent pas les sacrements et négligent la service de Dieu. Il faut bien se garder de confondre les uns avec les autres, et surtout se garder de prendre le mauvais catholique comme type des catholiques en général.
IL y a de même protestants et protestants :
protestants ardents, âpres à la guerre contre
l'Eglise, animés de l'esprit de secte et de pro- ” pagande ; et protestants, au contraire, qui restent protestants parce qu’ils sont nés tels, qui se soucient fort peu de ce que prèchent
leurs ministres, et ne savent même pas à la- ! quelle des mille sectes nrotestantes ils appartiennent. Ne confondons pas ces deux classes | de protestants. Les premiers sont des sec- |
taires, des ennemis actifs, dont le zèle aveugle revèt tous les déguisements pour atteindre
son but désastreux, et qu’il faut démasquer | et combattre ; les autres sont tout simplement | des dormeurs, qui ne sont ni amis ni ennemis | de la vérité,et qu’il s'agit seulement de ré: !
veiller et d'éclairer.
À la premièreglasse appartiennent presque | tous ceux pour qui le protestantisme est un À état quand il n’est pas un métier, auxquels il À
faut joindre un petit nombre de protestants,
et surtout de protestantes exaliées, qui paient À largement leurs agents et font de leurs suc- |
cès une affaire de parti. |
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| À la seconde classe appartient, sauf de rares exceptions, une foule d’industriels, de commerçants, de bourgeois indifférents, qui sont protestants parce que leurs parents l'ont été. Ils n’ont d'autre religion que celle de l’honnèête homme, et se rapprochent en cela -des mauvais catholiques.
Cette double distinttion était fort importante à établir au début de ces causeries.
Comment il se fait qu'il y a des protestants fort bons et fort religieux.
De même que nous avons dans le catholi- ‘cisme des frères dont il faut rougir, et qui,
D appartenant au corps de l'Eglise, sont étran-
gers à son esprit, de même nous avons, hors du catholicisme, des frères séparés, dés protestants qui, tout en étant détachés extérieurement du corps de l'Eglise, mènent. une | vie chrétienne el pratiquent d’une manière vraiment édifiante ies préceptes de l’Evangile. Appartenant à l'esprit de l’Eglise, tout ce que ces belles âmes ont de foi et de vertu n’est ni plus ni moins que du catholicisme ; ce sont des catholiques qui s’ignorent, et l'Eglise les reconnaît hautement pour ses enfants. Ils sont bons chrétiens, non point parce qu'ils sont protestants, mais quoiqu'ils soient protestants.
Le protestantisme, n'étant qu’une négation, | n’a pu rien leur donner ; son action s’est bornée à les priver d’une partie des secours
religieux qu'ils auraient reçus s'ils étaient nés catholiques. |
Combien ces protestants droits et vertueux seraient meilleurs encore, s'ils avaient une certitude absolue quant à la foi, un culte complet et vivant, les consolations si sancti. fiantes des sacrements de Pénitence et d'Aucharistie, l'amour de Id sainte Vierge et tant d'autres trésors que l’Mglise catholique pré. sente ‘aux fidèles ? Avec l’aide de ces puis- | sants secours, ils deviendraient des saints ; pete de ces secours, ils ne peuvent atteindre
ien haut, et leur piété, toute réelle qu’elle
puisse être, ne dépasse jamais un niveau vul- | gaire.
Quel abîime entre nos Saints, qui né sont !
autre chose que üe bons catholiques, entre un ! saint Vincent de Paul, par exemple, un saint François de Sales, un saint François-Xavier, une sainte Thérèse, et ces hommes honnêtes et honorables dont on essaye parfois d’apporter ia vie comme preuve de la vérité du protestantisme | |
‘* Les catholiques ont des saints, dit le pasteur protestant Lavater!, je ne puis le nier, et nous n’en avons point, du moins qui resserublent à ceux des catholiques.” |