UNE MUSE AU OIE-SEPTIÈME SIÈCLE
Le nom de madame Desltoulières est resté attaché à ce refrain que fredonnèrent toutes les bouches enfantines :
Dans ces prés fleuris Qu’arrose la Senne,
Cherchez qui vous mène,
Mes chères brebis.
Aussi se la figure-t-on volontiers, frisée, poudrée, musquée comme une bergère d’opéra-comique, la fleur au corsage enlr’ouvert, laissant voir sous sa jupe rose une jambe fine, dans sa mule de satin un pied mignon, nonchalamment étendue sur un gazon
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semé de pâquerettes , au bord d'un ruisseau, à l’ombre d’un bosquet, et caressant de sa houlette enrubanée des agneaux apprivoisés qui bêlent tendrement quelques fadeurs.
Ce portrait de convention nous suffit, et les bergeries n’étant plus de mode, nous n’entrons pas dans la sienne. Si l’on sourit à son souvenir, c'est comme à ces airs du temps passé que chantonnent encore les grand’mamans, en berçant leurs petits enfants. Et pourtant, sa physionomie n’est point aussi moutonnière qu’on le croit généralement. Loin de rappeler Estelle attendant Némorin, sa vie et ses œuvres révéleraient plutôt une personne exacte et sensée, qui, sans justifier ce surnom de Sapho, de Calliope française, de dixième muse, que lui décerna son siècle, eut mérité l’estime de la postérité si les influences d’un frivole entourage n’avaient détourné son esprit, naturellement sérieux, vers des bagatelles qui lui firent expier la faveur des ruelles par l’oubli de l’avenir.
Née vers 1655, de Melchior du Ligier, seigneur de la Garde, maître d’hôtel de la reine Anne d’Autriche, elle reçut une éducation qui conciliait les talents mondains avec des études dont la sévérité n’effrayait point alors le courage d’une jeune fille. Le latin lui devint aussi familier que l italien et l'espagnol qui étaient la langue des beaux esprits. Engagée dès sa jeunesse dans la société de l’hôtel
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de Rambouillet, elle y apprit tous les jeux de patience qui s’appelaient alors poésies; elles patrons du lieu la baptisèrent du nom pastoral d’ Amaryllis qu’elle devait échanger plus tard contre celui de Célimène, sans que la chose tirât pour elle à conséquence.
Car sa plume seule fut coquette, et sa vie s’écoula toujours enlre la rime et la raison : accord d’autant plus méritoire que mademoiselle de la Garde avait assez de grâce, d’esprit et de beauté pour inspirer les plus tendres sentiments. Croyons-en ces vers où elle se propose comme un rare modèle à sa chatte, trop friande de fleurettes :
Imitez, imitez votre illustre maîtresse,
Oui n'aima jamais un moment.
A mon cœur noble et grand, autant qu’un cœurpeutletre, L'amour n’ose espérer de se faire connaître.
Vous lui ferez ce compliment :
Pour captiver les cœurs, le ciel qui la fit naître Lui donna le talent de la prose et des vers.
Elle a mille charmes divers ;
Lne tendre langueur, une aimable tristesse N'ôte rien à ses yeux d’un air lin et galant ;
Rien ne peut échapper à sa délicatesse.
Le bel esprit n'est pas son seul talent ;
Elle est la complaisance, elle est la bonté même :
Mais il ne faut pas l'alarmer :
La louange et l'éclat ne sont pas ce qu’elle aime. Bienheureux le matou qu'elle voudrait aimer !
Plus d’un rôda dans son voisinage, avec des
miaulements langoureux; mais elle lit la sourde oreille. Parmi les victimes de son insensibilité, signalons en passant son mailre de versification, Jean d’Hesnaut, un traducteur de Lucrèce, un philosophe, qui ne le parait guère dans celte épilre où il dit à la cruelle :
Ah ! Sapho, consultez-vous.
L'amour est un bien si doux !
Moquez-vous de la renommée, l n peu de leu vaut mieux que beaucoup de fumée.
« Vous êtes plus faite pour gagner des cœurs que pour charmer des esprits, et vous n’aurez jamais de plaisirs plus touchants que quand vous vous donnerez aux choses pour lesquelles vous ôtes faite. La poésie doit être votre jeu, et l’amour votre exercice. Je vous en ai dit assez pour vous y faire penser tout de bon. Mais si ce que je vous ai dit vous fait un jour rêver, n’oubliez pas, Sapho, qu’il me reste encore quelque chose à vous dire. » Le galant professeur n’en fut pas moins traité comme Ménage par madame de Sévigné. Il y perdit ses madrigaux. Son élève ne se permit jamais qu’une inclination légale pour monsieur Deshoulières, gentilhomme poitevin, qu’elle épousa dans la fleur de ses dix-huit ans. Lieutenant-colonel d’un régiment d'infanterie, il était attaché au service de Condé; aussi, quand éclatèrent les troubles civils, dut-il suivre la for-
lune du prince, qui l’entraîna dans sa défection, hors du royaume, en pays ennemi. Sa jeune femme ne pouvait courir les hasards d’une campagne. Elle se retira chez ses parents, et consola son veuvage momentané par la lecture de Descartes et de Gas sendi, dont les ouvrages tournaient alors les plus jolies tètes. Mais tous ses biens ayant été confisqués par ordre du Cardinal, elle se trouva si dénuée qu'il lui fallut se résigner à rejoindre son mari à la cour que don Juan d’Autriche tenait à Bruxelles. Elle y parut avec éclat, et fut honorée des hommages intéressés du vainqueur de Itocroy, mais sans consentir à mériter d’autres sentiments que son estime.
Madame Deshoulièrcs, et c’est un trait à souligner, avait éminemment les qualités solides d'une épouse, d’une mère de famille, j’allais dire d’une prudente ménagère. Elle le prouva bientôt à scs dépens, en sollicitant les appointements arriérés de son mari, avec des instances si pressantes, que pour couper court à ses prières ou à ses plaintes, on l’enferma, sans autre forme de procès, dans le château de Vilvorden, à quelques lieues de Malincs. C’était une manière expéditive et économique d’acquitter les dettes que le trésor de l’armée espagnole ne pouvait payer. Ce procédé déloyal ne répugna point à la courtoisie castillane. La méditation des saintes Écritures et des Pères de l’Église adoucit tant bien
que mal ces huit mois de captivité. Mais il y avait encore des chevaliers sensibles aux infortunes de la beauté, et un sauveur réussit à enlever l’intéressante prisonnière. Rassurez-vous; la reconnaissance ne lui coûta aucun sacrifice pénible. Car le héros de cette romanesque aventure fut son mari, qui, fatigué de demander justice à des sourds, s’introduisit bravement avec quelques soldats dévoués au cœur de la forteresse, délivra, conquit sa femme, et, la prenant en croupe, gagna lestement avec elle la frontière de France.
Le moment était bien choisi; une amnistie venait d’effacer tout souvenir du passé. Plus que tout autre, les deux époux avaient des droits à la clémence. Le ministre le Tellier les présenta au roi, à la reine mère et au cardinal de Mazarin, qui compléta l’absolution par la promesse d’une pension, qu’il oublia souvent de servir : ce qui valut à la postérité bien des vers médiocres dans lesquels madame Deshoulières rappelle en vain à son protecteur sa générosité peu coûteuse.
C’est à partir de cette époque que ses ailes se décident à s’enhardir : ailes assez délicates, mais bien fragiles, qui ne vont pas très-haut, et papillonnent sur des fleurs dont la fraîcheur paraît un peu fanée. Liée avec les deux Corneille, Fléchier, Mascaron, Ouinault, Pélisson, Benserade, Ménage et la Monnaie, madame Deshoulières est la bouquetière du
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Mercure galant , qui lui paye sa collaboration en compliments périodiques. Elle a la vogue, et commence à se métamorphoser en femme auteur, mais sans trop céder aux empressements de l’amour-propre. Il semble plutôt que sa célébrité l’importune; elle voudrait se dérober aux mille petites misères qui en sont l'accompagnement ordinaire. Si vous en doutez, écoutez ces vers qu’elle adresse à une jeune personne, que tentait l’ambition littéraire :
Pourrez-vous supporter qu'un fat de qualité Qui sçait à peine lire, et qu'un caprice guide,
De tous vos ouvrages décide?
Un esprit de malignité
Dans le inonde a sçu se répandre :
On achète un beau livre, alin de s'en moquer.
C’est des plus longs travaux le fruit qu’il faut attendre. Personne ne lit pour comprendre ;
On ne lit que pour critiquer.
Dès qu’un laquais aura prononcé votre nom :
C’est un bel esprit, dira-t-on,
Changeons de voix et de langage.
Alors, sur un précieux ton,
Des plus grands mots faisant un assemblage,
On ne vous parlera que d’ouvrages nouveaux :
On vous demandera ce qu'il faut qu'on en pense ; En face, on vous dira que les vôtres sont beaux, El l'on poussera l’imprudence Jusqu'à vous presser d’en dire des morceaux.
Si tout votre discours n’est obscur, emphatique, On se dira tout bas : c'est là ce bel esprit ?
Tout comme un autre elle s'explique :
On entend tout ce qu’elle dit.
Quelques faux brillants bien placés, Toute la pièce est admirable.
Un mot leur déplaît; c'est assez,
Toute la pièce est détestable.
Ne cherchez plus une frivole gloire Qui cause tant de peine, et si peu de plaisir :
Jamais dans Hippocrène on ne m'aurait vu boire,
Si le ciel m'eut laissée en pouvoir de choisir.
Mais hélas ! de son sort personne n'est le maître :
Le penchant de nos cœurs est toujours violent.
J'ai sçu faire des vers avant que de connaître Les chagrins attachés à ce maudit talent.
Vous que le ciel n'a point fait naître Avec ce talent que je hais.
Croyez-en mes conseils, ne l’acquerrez jamais.
Il est certain, du moins, que ses amis employèrent la ruse et presque la contrainte pour la déterminer à recueillir en un volume les blueltes éphémères qu'elle se contentait de confier aux brises de la faveur mondaine. Il lui suffisait d’amuser au jour le jour et la cour et la ville, d’être admirée à huisclos dans les cercles choisis où ses joujoux poétiques étaient des passe-temps de société. Mais quoi qu’elle fit pour se défendre contre la renommée, on l’associa d’autorité au cénacle savant qui tenait séance à riiùtel Matignon, sous la présidence de l’abbé d’Aubignac. La ville d’Arles lui envoya une couronne de lauriers. L’Académie de Padoue lui dé-
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cerna un diplôme qui l’agrégeait à sa docte compagnie. Si elle eût franchi les Alpes, elle eût été exposée, elle aussi, à monter les degrés du Capitole, et à devenir une ancêtre de Corinne. Partout où s’organise une coterie littéraire, son nom figure sur la liste. C’est ainsi qu’elle eut l’imprudence de se laisser enrôler dans la conspiration qui applaudit la Phèdre de Pradon et sifila celle de Racine. Elle contribua môme au triomphe passager de la cabale, par un détestable sonnet qu’il faudrait citer pour son châtiment. De vilains serpents s’enroulèrent alors autour de sa houlette. C’était bien le cas de la renvoyer à ses moutons. Mais pardonnons-lui cette méprise, en nous rappelant que madame de Sévigné fut un peu coupable, elle aussi, d'avoir admiré Corneille avec une de ces tendresses jalouses, dans lesquelles il faut voir la constance d’un cœur qui n'admet pas de partage.
La tragédie devait doublement porter malheur à madame Deshoulières. Elle se punit elle -même d’avoir méconnu l’œuvre du génie, en composant deux misérables pièces, Jules Antoine et Genseric , dont le nom n’est arrivé jusqu’à nous que par ce sonnet de Racine :
La jeune Eudoxe est une bonne enfant,
La vieille Eudoxe une grande diablesse ;
Genseric est un roi fourbe et méchant,
Digne héros d’une méchante pièce.
Pour Trasimond, cest un grand innocent ;
Et Soplironie en vain pour lui s’empresse.
Huneric est un Domine indifférent.
Qui comme on veut et la prend et la laisse.
Sur tout cela, le sujet est traité,
Dieu sçait comment. Auteur de qualité,
Vous vous cachez en donnant cet ouvrage ;
C'est fort bien fait de se cacher ainsi :
Mais pour agir en personne bien sage.
Il nous fallait cacher la pièce aussi.
Pour comprendre ces derniers vers, il faut savoir que madame Deshoulières avait abrité son nom sous celui du duc de Nevers. Il n’est pas rare de voir ainsi des talents féminins s’égarer en dehors de leur vocation. Ces esprits mobiles croient qu’avec de la souplesse on peut simuler la force. Ils aiment à tromper l’œil par des changements de toilette. Si madame Deshoulières s’était regardée dans un miroir sincère, elle aurait compris que le péplum et le cothurne n’allaient point du tout à sa tournure et à sa physionomie. Appliquons-lui ce refrain d’une de ses ballades :
Phébus départ de son docte domaine Trompettes, luths, pipaux délicieux :
Il donne à l’un ce qu'à l'autre il dénie,
Et dit à tous ce vers sentencieux :
Point on ne doit contraindre son génie.
Mais si Phébus lui refusa bien des faveurs, il lui départit du moins une facilité parfois amable, de
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la douceur, du naturel, quelques notes tendres, et certains soupirs mélancoliques qui sont une rareté au dix-septième siècle. Dans ses Idylles , où elle compare avec trop de monotonie la destinée de l’homme à celle des oiseaux, des agneaux, des fleurs et des ruisseaux, vous rencontrerez pourtant des accents de tristesse vraie et personnelle. Songez alors que la vie eut pour elle bien des amertumes. Veuve, à demi ruinée, réduite à solliciter les bonnes grâces de la cassette royale, mère alarmée pour l’avenir de ses enfants, consumée par une maladie de langueur, elle envisageait avec anxiété l’heure prochaine d’une séparation qui laisserait sans ressources les plus chers objets de son affection. N’y a-t-il pas un cri touchant dans cette prière à Dieu?
Par mille et mille vœux ardents,
Ma famille tremblante en tous lieux t'importune.
Elle a contre une triste et cruelle fortune Besoin de mon secours encor pour quelque temps.
Dans la crainte où me met l’état où je la laisse.
Je te demande à vivre. Exauce ma tendresse.
Si je ne puis par moi mériter ta bonté,
A tes lois ma famille est soumise et fidèle.
Ah ! seigneur, par pitié pour elle A ce coupable corps redonne la santé.
11 faut aussi lui savoir gré d’avoir eu le sentiment de la nature, dans une époque où le pittoresque n'était point en honneur. Chez elle, au moins, on
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respire de temps en temps l'air des champs. Elle eut des yeux que réjouissaient la verdure des prés, le feuillage des bois, la fraîcheur des eaux, les rayons du soleil. La solitude la fit rêver. Elle sut esquisser aq crayon quelques coins de paysage, auxquels il ne manque que la couleur. Lisez par exemple les stances que lui inspira son pèlerinage à la fontaine de Vaucluse :
Cette source orgueilleuse et pure Dont l’eau sur cent rochers divers,
D’une mousse verte couverts,
S'épanche, bouillonne et murmure.
Sous la mollesse d’une ébauche souvent maniérée ou languissante, vous pourrez ailleurs aussi découvrir quelques vers qui n’auraient pas déplu à Racan ou à la Fontaine.
Quant à ses mélanges intitulés : Chansons , bouquets, caprices , épigrammes , rondeaux et ballades, ne vous hAtez pas trop de les juger dédaigneusement; car vous ne les feuilleterez pas sans un certain plaisir de curiosité. Je vous préviens pourtant que vous serez très-impatienlés de la longue correspondance que lui dicte la chatte Griselle ou le chat Tata, ou le chien Cochon. Ces animaux bavards ne seront point immortels comme le moineau de Lesbie. Je prévois même que vous aurez la tentation de fermer le volume, quand vous arriverez aux interminables rimes en ailles, en eilles, en ille et en ouilles. Mais,
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si votre courage ne faiblit pas, il en sera récompensé par plus d'une jolie fantaisie qui vous fera regretter que ce talent ingénieux ait perdu de si longues heures à broder tant de futilités, avec une adresse qu elles ne méritaient guère.
Sans prétendre sauver ce qu’a condamné la justice impitoyable du temps, je demanderais cependant grâce pour cinq ou six ballades qui ont assez de franchise et d’allure gauloise. Que dites-vous notamment de celle-ci:
Dans ce hameau je vois de toutes parts De beaux atours mainte lîllette ornée :
Je gagerais que quelque jeune gars Avec Perrette unit sa destinée.
Elle a l'œil doux, elle a les traits mignards.
L’air provocant, l'humeur point obstinée.
Mais grand défaut gâte tous ses attraits :
Point n’a d éçus : pour belle qu'on soit née,
L'amour languit sans Bacchus et Cérès.
De doux propos et d'amoureux regards On nesçaurait vivre toute l’année.
Jeunes maris deviennent tôt vieillards,
Quand il leur faut jeûner chaque journée.
Soucis pressants chassent pensers gaillards.
Tendresse alors est bientôt terminée ;
S’il en parait, ce n’est qu’ ad honores.
Par maints grands clercs l’aflaire examinée,
L'amour languit sans Bacchus et Cérès.
L’âtre entouré d'un tas d'enfants criards,
De créanciers la porte environnée,
D’un triste hymen tous les autres hasards,
Font endurer peine d'àme damnée,
Et donnent joie aux voisins babillards.
Mvrthes dont fut la tète couronnée Voir on voudrait se changer en Cyprès.
D'un tel désir point ne suis étonnée,
L’amour languit sans Bacchus et Cérès.
Vous le voyez bien. Madame Deshoulières n’était point une précieuse. Elle le fut si peu que nous avons été scandalisés de rencontrer dans ses œuvres jusqu’à trois pages qui prouvent qu’au dix-septième siècle, les damés les moins exposées aux malins propos avaient le mot assez leste et la gaillardise assez rabelaisienne pour effrayer, je ne dis pas des lectrices, mais des lecteurs. Hâtons-nous d’ajouter que l’auteur de ces légèretés les expia en paraphrasant les psaumes de la pénitence.
Hélas! c’était le chant du cygne; car elle se sentait mourir imperceptiblement d’un mal incurable. Ses chères brebis allaient être orphelines le 17 février 1694.
En ce jour, le Mercure se voila de crêpes funèbres : mais il fut galant pour elle jusqu’à la fin ; car en annonçant sa mort, il ne lui donna que cinquante-cinq ans. Or, elle en avait soixante bien sonnés. Parmi ses œuvres, il faut compter sa fille, mademoiselle Deshoulières, une Muse, elle aussi, mais dont je ne vous conseille pas de lire les vers, à moins qu’il ne vous plaise de trouver meilleurs encore ceux de sa mère.