‹ Causeries sur tous les tonsChapitre 14 sur 45 · CHAPITRE CINQUIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIEME

(suite).

Les enfants. — Les oiseaux. — Les musiciens.

Asseyons-nous sur ce tertre, à l'ombre de ce mûrier séculaire dont chaque feuille sera bientôt un fil de soie.

Voyez au loin... Les blés commencent à montrer leurs épis, la moisson promet d'être riche... Mais, tant que le blé n'est pas au grenier le paysan n'ose pas se réjouir !

Voyez cette bande joyeuse d'enfants courant dans la plaine, franchissant les fossés, échclant les ar-

^3res! — les entendez-vous riant, criant, s'appelanl?

Où vo:it-ils?... A quoi s'amusent-ils?

Vous ne devinez pas? C'est pourtant bien simple! C'est aujourd'hui jeudi — un ijeau jour pour les écoliers, surtout au village.

Quel est l'enfant dont le cœur n'a pas palpité à l'approche du jeudi, et qui, ce jour-là, ne s'est pas réveillé le matin un peu plus tôt que d'habitude?

Quand j'étais petit, malgré l'heure plus matinale de mon lever, ce jour-là je le trouvais toujours bien court. J'aurais voulu que la semaine ne fût composée que de jeudis.

Donc c'est aujourd'hui jeudi , et cette bande joyeuse d'enfants que vous voyiez là-bas, s'ébattant dans la plaine, — et qui maintenant se sont dispersés dans toutes les directions, — ces enfants sont des écoliers qui profitent de ce jour de liberté pour aller chercher des nids.

Trouver un nid est pour l'enfant une joie suprême !

Quand l'homme se ressouvient de l'enfant — s'il a eu le bonheur de naître et de grandir au village, — il songe toujours avec émotion à cette époque de sa jeunesse où il courait ainsi dans les champs.

Puisque nous causons de ce mois où les oiseaux naissent, souhaitons-leur la bienvenue

Sulut aux oiseaux, à ces musiciens de la nature, h ces chantres ailés de l'amour.

Quel cœur pourrait être insensible aux trilles variés des rossignols, aux notes aiguës des alouettes !

L'amour est tout dans l'existence des oiseaux,

et c'est pour cela que je les aime. Ce qui est

aimant est bon ; seul ce qui est bon mérite d'être

aimé.

Ces enfauts qui là-bas cherchent des nids et qui

vont — innocents barbares — porter la désolation dans les familles de leurs frères les petits oiseaux; s'ils comprenaient combien leur action sera méchante, ils s'amuseraient bien plutôt à cueillir des fleurs le long des ruisseaux ou des mûres sur les buissons! Oii! oui! mon jeune ami, si tu savais raisonner, comme tu craindrais de l'approcher de ce nid et d'effaroucher celte tendre mère qui, en te voyant, pousse déjà des cris de détresse!... Comme tu n'oserais pas même regarder curieusement ces petits êtres qui, en t'entendant, vont croire que leur mère va leur donner la becquée... hélas! et c'est l'esclavage... c'est la mort peut-être qu'ils vont recevoir !

. Et les hommes savent-ils bien ce qu'ils font quand ils détruisent les petits oiseaux ? Savent-ils que sans

eux nos champs seraient à la merci des vers de toute espèce?

0 hommes! détruisez-vous les uns les autres, mais respectez les petits oiseaux : ils sont la providence de nos campagnes.

Quand ils mangent quelques grains de semence dans les sillons, quand ils béquettent quelques fruits sur les arbres, songeons que sans eux la moisson serait dévorée par les vers, et les arbres par les chenilles.

En vous acharnant contre ces êtres si inoffensifs, vous n'avez pas, pour justifier votre barbarie, l'excuse des petits enfants qui là-bas cherchent des nids.

Les enfants ont disparu!... écoutons!...

C'est une musique étrange, un tutli-quanti qui semble composé de voix et d'instruments?

C'est le concert que font au mois de mai les milliers d'oiseaux qui peuplent les bocages.

Ténors, barytons, bjasses-tailles, flûtes, hautbois, tout chante, tout joue pêle-mêle, sans ordre ni méthode. Les règles de l'harmonie sont audacieusement violées, malgré les grands p«upliers qui battent la mesure... De chef d'orchestre, point!... \t pourtant l'accord est parfait.

Ijn munie senliment les anime, tous ees artistes du lirmament... ils sont tous également inspirés par rameur!

L'amour fait clianter les oiseaux du matin jusqu'au soir... et les mules se disputent entre eux à qui eliantera le plus harmonieusement.

Ces assauts de niélodie ont pour moi un attrait infini. Ce n'est point pour mériter les applaudissements d'un parterre plus ou moins enthousiaste, que ces gracieux artistes filent leurs notes les plus suaves, modulent leurs plus brillants accords : aucun d'eux n'aspire à devenir élève du Conservatoire ou à débuter à l'Opéra. L'orgueil, la fatuité, la vanité ne sont pour rien dans leur désir de se distinguer,et l'on ne voit jamais, parmi eux, les plus forts donner des coups de bec ou des coups de pattes aux plus faibles... ni les plus faibles jalouser et calomnier les plus forts.

Les oiseaux sont bien différents, en ceci, de leurs confrères les musiciens humains.

A ces tournois harmonieux dans les bocages, le prix du vainqueur est l'hymen! — Car les femelles donnent la préférence à ceux des oiseaux de leur espèce qui chantent le mieux et le plus longtemps.

La nature a voulu que les femelles chantassent moins bien que les mâles, parce que, destinées à

couver, le talent de chanteuse pourrait leur faire négliger leurs devoirs de mère.

Il y a des Duprez chez les oiseaux, — il n'y a pas de Malibran.

On le sait, chaque oiseau a son chant ou son cri particuher. Mais malgré la diversité des langages, il n'y a jamais confusion ni surprise. L'on n'a pas encore entendu dire qu'une bergeronnette se soit rendue à l'appel d'un chardonneret ou d'un rossignol... et quand un merle siffle, croyez que ce n'est point par moquerie.

Les artistes des airs ne sifflent, ni ne persifflent.

Peu semblables encore aux artistes terrestres, chez lesquels la bonne harmonie n'existe pas toujours.

Les oiseaux sont d'éternels babillards — à en revendre à tous les écoliers de mon village. Que se disent-ils, quands ils s'appellent du haut des airs ou dans les feuillages?... Je suis persuadé que si nous pouvions les comprendre, nous serions édifiés... et peut-être en deviendrions-nous meilleurs : qui sait si leurs raisonnements ne sont pas mille fois plus sensés que les nôtres?

A voir avec quel empressement ils se rapprochent, quand ils s'entendent, et alors avec quelle ardeur ils se béquelfent, et avec quelle joie ils s'ébattent en se parlant, on se demande si leurs conversations, comme leurs crîs, comme leurs chants, ne sont pas une continuelle manifestation d'amour. Nous pouvons seulement présumer que, malgré les petites querelles (lu'ils paraissent parfois-avoir entre eux, les oiseaux, dans leurs conversations particulières, sont beaucoup plus charitables que les hommes. Ils ne parlent pas mal des absents, ils ne se calomnient pas... et l'on n'a jamais vu les couples de Ja plaine chercher à porter la désunion chez les couples de la montagne. S'ils se disputent un brin de paille, un (il de laine, qui peut servir à la confection de leur nid, la dispute n'est jamais que de courte durée... et pas n'est besoin d'ambassadeur pour régler le différend, ni d'officier de paix pour mettre le holà! S'il y a par extraordinaire quelques plumes arrachées, — il n'y a jamais de sang versé.

Oui, les oiseaux sont plus charitables que les hommes; et l'histoire de nos guerres prouve qu'ils sont surtout bien plus humains.

Les nids. — Les fleurs

Admirables dans leur construction, les nids des oiseaux. Les uns sont cachés sous l'herbe, d'autres sont placés au haut des arbres ou suspendus aux branches. On en trouve dans les buissons, dans la terre, dans les murailles, dans les fentes des rochers; mais, quel que soit l'endroit où l'oiseau a logé son nid, c'est toujours un abri savamment calculé, c'est toujours un lieu sûr, qui défie même les tempêtes, et où il pourra élever sa petite famille sans crainte de ses ennemis. . .

Un seul ennemi auquel l'oiseau n'a pas songé... l'enfant!...

Les nids de chaque espèce d'oiseaux se ressemblent ou à peu près; ce' sont toujours les mêmes matières qui ont servi à leur confection. Mais quelle adresse, quelle patience il a fallu déployer pour les rendre propres à recevoir la couvée! Que de voyages les couples amoureux ont dû faire pour les terminer plume à plume, brin d'herbe à brin d'herbe, et n'ayant que leur bec pour tout instrument!

Les oiseaux couvent leurs œufs nuit et jour, et avec tant de patience qu'ils aimeraient mieux mou-

rir de faim que de les exposer à se refroidir en allant clierclier leur nourriture. Mais comme le môme amour anime le père et la mère, la couvée n'a rien à craindre : quand la mère quitte le nid, le père la remplace.

Après une quinzaine de jours, les petits naissent.

Rien ne peut donner une idée des soins dont les nouveaux-nés sont entourés. Le père et la mère iront, à tour de rôle, leur chercher à manger; tour à tour ils les réchaufl'eront, en attendant que les plumes leur soient venues. Quelle tendre sollicitude le couple aimant déploiera alors pour ses nourrissons : tandis que la mère les abritera sous ses ailes jalouses — on verra le père, sur un arbre voisin, faire la sentinelle vigilante !

L'oiseau n'ouvre les yeux que huit jours après sa naissance. Dès qu'il aperçoit la clarté, il pousse un faible piaulement.

C'est son premier hymne à la lumière !

Le père et la mère lui prodigueront leurs soins jusqu'au moment où ses ailes étant assez formées, il pourra s'envoler aussi dans l'espace. Un mois suffit pour que ses plumes lui permettent de se soutenir dans les airs. Mais il ne saura chanter qu'au printemps suivant.

L'amour lui donnera des chants!

L'amour lui a donné des ailes !

L'enfant m'a fait songer à l'oiseau.

L'oiseau m'a fait songer à la fleur.

La fleur me dit : souvenir !

Quel est celui qui n'a pas reçu ou donné, au moins une fois dans sa vie, une fleur comme gage de tendresse, comme serment de fidélité; un de ces souvenirs embaumés qui s'évaporent si vite... et dont le mois de mai a la spécialité !

Les fleurs ont toujours joué un rôle très-important dans la vie en général, et dans l'amour en particulier; aussi a-t-on donné à toutes un langage dont les conteurs de fleurettes se servent encore — ce qui fait qu'elles se font souvent ainsi les complices de promesses menteuses, de serments insensés, de souvenirs vite oubliés!

Une fleur qui, plus que toute autre, est offerte comme emblème du souvenir, c'est le myosotis. Celle-là ne s'étale pas avec orgueil dans les platesbandes de nos jardins; elle croît tout simplement au bord des ruisseaux; les sveltes demoiselles sont ses compagnes.

On a beaucoup écrit sur l'origine du nom de myosotis ou we m'oubliez pas, donné à celte gente fleur bleue. Voici sa véritable légende.

La légende du myosotis.

Il y avait autrefois, dans un petit village situé sur les bords du Danube, deux jeunes amants qui, depuis leur plus tendre enfance, s'étaient jurés un amour constant. Georges et Claudine, — ainsi s'appelaient-ils suivant la chronique, — étaient tous deux d'une beauté également remarquable. Leurs parents se plaisaient à les voir s'aimer avec tant de tendresse, et leur union, qui devait avoir lieu dès que leur âge le permettrait, était la plus douce des espérances.

En attendant ils les laissaient grandir, l'un à côté de l'autre, leur inspirant la crainte de Dieu, l'amour de la sagesse, remettant aux mains de la Providence le soin de ménager aux heureux fiancés un avenir prospère.

Souvent Georges et Claudine allaient ensemble se promener sur les bords du Danube, et là, dans leurs causeries enfantines, ils se disaient de ces choses qui vous font faire de si beaux rêves alors qu'on a encore le cœur accessible aux charmes de l'illusion.

Ils aimaient surtout à parler de l'avenir... du

bonheur qu'ils auraient de demeurer toujours ensemble... sans jamais se quitter...

« Chère amie, disait Georges, encore une année et nos souhaits seront accomplis.

— Oui ! Georges, ma mère m'a dit que dans un an on nous marierait... quelle joie... dites... moi, votre femme ! ! Oh! quand j'y pense trop, voyez-vous, il me semble que cela n'arrivera jamais... il me semble même que je ne vous aime pas assez pour mériter ce bonheur... et pourtant je vous aime bien, Georges...

— Enfant que vous êtes , répondait le jeune homme en prenant Claudine dans ses bras, vous avez toujours de ces idées-là... Est-ce que vous craignez de ne plus m'aimer dans un an?...

— Moi!... ne plus vous aimer, Georges... Ah ! plutôt mourir!...

— Et moi, avez-vous peur que je ne vous aime plus?...

— Oh! non! et d'ailleurs pourquoi ne m'aimeriez-vous plus ! ne serai-je pas toujours la même... telle que j'ai été jusqu'à ce jour...

— Eh bien! alors, n'ai-je pas raison de dire que vous êtes un enfant ?

— Oui! vous avez raison... Vous avez toujours raison... cher Georges... Mais tenez, voulez-vous savoir un rêve que j'ai fait, il y a quelque temps déjà,

et que je n'osais vous dire dans la crainte de vous affliger!... Voulez-vous, dites?., et vous verrez si je n'ai pas un peu raison, moi aussi.

— Claudine, les rôves sont de mauvais conseillers. Cependant, dites-moi le vôtre, si cela vous fait plaisir.

— Eh bien ! écoutez : — Vous savez que, pendant la veillée, nos parents parlent quelquefois de notre mariage. Or, il y a environ un mois qu'à la suite d'une de ces conversations, je lis le rôve suivant :

« Je rêvais que le jour de notre union avait brillé ; toute la famille était en fête, surtout vous, Georges, vous ne vous possédiez pas de joie ; vous me disiez de ces choses que vous ne m'aviez jamais dites... et qui me faisaient battre le cœur... Bientôt, nous partions pour l'église où devait se célébrer notre mariage. En passant dans les rues, tout le monde nous admirait. Moi, j'avais une robe blanche; un long voile pendait jusqu'à ma ceinture. J'avais aussi une couronne de fleurs!... Ces fleurs étaient toutes les mêmes, leur couleur était bleue de ciel... Et c'est vous, Georges... c'est vous, qui m'aviez choisi cette couronne...

J'étais fière de marcher sous voire bras... Pour-

tant, il me tardait d'arriver à l'église... un secret pressentiment me disait que cela n'était qu'une illusion... Hélas! mon Dieu, pourquoi n'avoir pas permis que ce fût une réalité?...

La jeune fille s'arrêta émue, Georges souriait... il ne croyait pas aux rêves, lui !

Claudine reprit :

— Vous savez, Georges, qu'avant d'arriver à notre église il faut traverser un petit ruisseau. Eh bien ! ce petit ruisseau était devenu une grande rivière qu'on ne pouvait passer que sur des barques.., et en effet, quelques petits bateaux étaient là, pour nous conduire sur l'autre rive. Vous me donnâtes la main , pour m'aider à monter dans une barque, mais, au mouvement que je fis, la couronne de fleurs se détacha de mes cheveux et tomba dans la rivière... Aussi prompt que l'éclair vous vous précipitez pour la reprendre... Moi, dans la plus cruelle anxiété, je vous regardais fendre les flots pour leur disputer ma couronne... Vous veniez de la saisir... Mais au même moment, le courant vous entraîne... et vous disparaissez à mes yeux !...

A mon réveil, je fus bien heureuse, allez, de voir que tout cela n'était qu'un rêve.

— Et vous avez foi dans ce rêve, Claudine, dit Georges en riant.

— OJi ! non ! Pourtant il nie tarde que nous soyons mariés... Ce méchant rêve est souvent, malgré moi, présent à ma pensée.

— Eh bien ! par amour pour moi, il ne faut plus y songer.

Claudine promit... mais son pressentiment la poursuivait sans cesse.

L'âge de les marier arriva enfin, et le jour en fut fixé.

Quelle joie, pour les deux chastes amants, quand ils surent qu'ils n'avaient plus que peu de temps à attendre!... Pouvaient-ils craindre que tant de bonheur ne leur fût pas réservé?...

La veille de la cérémonie ils allèrent, suivant leur habitude, se promener sur les bords du Danube. — C'était un jour du mois de juin, vers la quatrième heure du soir.

Georges cueillait des fleurs pour Claudine, et chaque fois qu'il lui en présentait une, c'était un mot d'amour, une promesse de bonheur !

Claudine interrogeait les marguerites, et quand une de ces prophétesses des champs disait : — Une m'aime pas... elle s'empressait d'en interroger une autre, voulant toujours une réponse suivant son cœur...

Tout à coup, la jeune fille aperçoit — au milieu de l'eau, entraînée par le courant — une fleur d'un

bleu céleste... elle reconnaît cette fleur... Elle est toute semblable à celles de la couronne de son rêve.

« Pauvre fleur, murmure-t-elle avec tristesse, dans quels lieux les eaux vont-elles l'entraîner?... Tu étais née pour répandre des parfums... tes sœurs iront peut-être orner le front d'une fiancée... et loi, à peine éclose, tu vas périr obscurément... »

Georges avait deviné la pensée de son amie, et, ne consultant que son désir de lui plaire, il lui dit :

— N'est-ce pas, Claudine, que cette fleur irait bien dans vos cbeveux le jour de notre mariage?

— Oui! c'est vrai... mais le destin en a décidé autrement.

— Oh! que non! s'écrie à ces mots l'impétueux jeune homme. — Cette fleur doit vous appartenir.

Il dit... et se précipite au milieu des vagues.

A cette vue, Claudine pousse un cri de terreur... Elle se penche vers l'abîme... et voit son ami se débattre avec intrépidité contre le terrible courant... Le souvenir de son rêve se retrace alors à sa mémoire... Le jeune homme avait disparu.

— Georges, Georges, s'écrie-t-elle affolée !... L'écho seul répond à sa voix

Georges reparaît... D'une main, il tient la tige fleurie, et, de l'autre main, il tente un suprême effort pour se cramponner au rivage.

Hélas! SCS elTorls sont impuissants... Le jeune homme disparaît de nouveau...

La malheureuse Claudine remplissait l'air de ses cris de désespoir...

Mais non... toute espérance n'est pas perdue... Georges reparaît... Il tient toujours la fleur hleue dans sa main Mais hélas! ses forces sont épuisées... Les flots vont l'engloutir à tout jamais!...

Alors, le malheureux amant jette un dernier regard sur rinlbrtunée Claudine, et, rappelant tout ce qu'il a encore d'énergie, il lui lance la fleur en s'écriant : — Soutenez-vous de moi!... Ne m'oubliez pas!...

Je venais d'écrire ces dernières lignes de la légende du myosotis, quand une voix aimée :

— Puisque tu n'as pu nous apprendre ce que se disent les oiseaux... je voudrais bien savoir ce que se disent les fleurs.

— Ce que se disent les fleurs, mon enfant, eh bien! écoute-moi...

Voici ce que se disent les fleurs :

Ce que se disent les flears.

Ce matin dans mon parterre Brillant de mille couleurs, Voici ce qu'avec mystère J'entendais dire à mes fleurs.

Une Rose à mon oreille Murmurait bien doucement :

Je voudrais dans sa corbeille, Me trouver en ce moment.

Au papillon qui voltige Un Œillet disait: Je veux Qu'on m'arrache de ma tige Pour me mettre en ses cheveux.

Une Pensée en détresse Languissant de souvenir, Dis'jit : Ma jeune maîtresse, Quand vas-tu me revenir?

Une Pervenche sensée Ayant entendu cela.

Répondit à la pensée :

Is 'est-elle pas toujours là?

Une Marguerite blanche Voulant parler à son tour, Interrompit la pervenche En m'exprimant ton amour!

Depuis ce jour, ma petite, J'interroge à tout instant Cette blanche marguerite Qui dit que tu m'aimes tant.

Pensée dn mai.

Si l'on .«avait du sommeil de la vie Jouir en p;iix jusqu'au dernier réveil, Comme l'on bénirait le printemps qui convie Les oiseaux à l'amour et les fleurs au soleil !

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