MENDICITÉ EST INTERDITE
Cette défense n'empècbe pas les mendiants d'y venir glaner, de porte en porte, leur pain quotidien.
On peut interdire la mendicité, on n'interdira jamais la Charité — cette vertu éminemment française et chrétienne.
Or, il y aura toujours des mendiants, parce qu'il y aura toujours des gens charitables.
« Ceux qui tendent la main ne sont pas toujours réellement misérables, disait un trop rigoureux observateur des ordonnances municipales.
— Que m'importe, répondit un plus sage, et surtout plus humain. — Je donne aveuglément à tout pauvre qui me demande, sans exiger qu'il m'exhibe un certificat d'indigence.
— Vous vous exposez ainsi à donner une prime à l'oisiveté... à la paresse...
— C'est possible, mais qu'importe encore, — j'aime mieux donner à vingt paresseux qui me demandent que de m'exposer à refuser l'aumône à un seul vrai pauvre.
Dans les campagnes, où la bienfaisance n'est pas organisée comme dans les villes, il n'y a que deux alternatives pour beaucoup de pauvres : voler ou mendier!! !
Car tous les malheureux n'ont pas la philosophie de celui qui vint un jour frapper à ma porte, et dont je vais vous conter l'histoire, — histoire véridique que j'intitulerai : Le mendiant philosophe.