MIN. D. CHARLES XU R. DE SUEDE ; EN
ponse, que de se faire justice soi-même et d'insulter une puissance dans la personne de son représentant
Indépendamment de ce que M. Preiss avait représenté yerbalement au grand- pensionnaire Heinsius, il jugea à propos de présenter encore le mémoire ci -après aux États - Généraux, pour réclamer la mise en liberté du ministre de S. M* Suédoise.
N«- vn.
Mémoire de M. Pretsi, secrétaire de Suède j prismtà aux Etats -^Généraux (du 23 Février).
Hauts et Puîssans Seigneurs.
Le soussigné secrétaire des commandemens de S. M. le roi de Suède a l'honneur de représenter très-respectueusement à LL. HH. PP. que S. M. voulant donner une preuve publique de sa disposition sincère j)our la paix du nord, choisit le baron de Go^'tz, conseiller privé de S. A. S. le due de Holstein, et le munit d'un plein pouvoir pour l'accréditer à toutes \^s cours où il jugerait nécessaire de traiter pour \^^ intérêts de S. M. comme LL. HH. PP. s'en convaincront par la copie ci -jointe du plein -pouvoir même, et dont le soussigné a eu l'honneur de faire voir l'original à M. le président de la semaine, et à M. le conseiller-pensionnaire.
Comme le roi se tient toujours assuré de la continuation d'une constante amitié dé la part de LL. HH. PP. pour S. M. elle a cru qu'il ne serait pas désagréable à LL. HH. PP. que le baron de Gôrtz, son ministre plénipotentiaire, vînt d'abord en Hollande, comme l'endroit le plus propre à leur faire connaître les sentimens de S. M.
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seraient disposées par amitié pour S. M. à contribuer à un ouvrage si désiré que celui d'une négociation.
Comme il est difficile de concevoir comment le baron de Gôrtz a pu avoir mérité un tel traitement, le soussigné suppKe très - humblement LL. HH. PP. de lui en faire part, afin qu'il en puisse rendre compte au roi son maître.
Le baron de Gôrtz comme ministre du roi de Suède n'étant responsable de sa conduite qu'à S. M. seule, le soussigné espère que LL. HH. PP. voudront bien donner les ordres nécessaires pour le remettre en liberté avec les personnes de sa suite, et de lui faire rendre tout ce qu'on lui a enlevé ici, à Amsterdam et Âmheim, afin de ne plus blesser en sa personne les loix de l'hospitalité et de l'amitié, m celles du droit des gens.
Fait à la Haye le 23 Février 1717.
Preiss.
La lecture de cette note ayant été faite dans l'assemblée générale des États, on fut unanimement d'avis que le baron de Gôrtz ne pouvait en aucune manière, par le seul fait d'avoir coiiféré avec le grand-pensionnaire, être considéré comme ministre accrédité près d'eux; que d'ailleurs dans son pleinpouvoir il n'était point expressément fait mention d'une négociation particulière à conduire avec les États ; mais qu'il n'était conçu qu'en termes vagues, portant en général sur des négociations qu'il serait dans le cas d'entamer.
M. Preiss écrivit peu de jours après une lettre circulaire à tous les ministres des puissances amies ou alliées de la Suède, accrédités à la Haye, en leur transmettant la copie de sa note et celle du pleinpouvoir du baron de Gortz.
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du projet d'ijpYasion concertQ entre les deux miiiistrès de Suède , et ordonna que l'on mît sur le Bureau les copies des lettres interceptées et qui avaient été écrites par eux au sujet de cette afiaire.
Le parlement en fut tellement indigné, qu'il passa un acte par lequel tout commerce ayec la Suède, et principalement celui du blé et du sel dont eUe avait le plus besoin, fut interdît; il accorda à S. M. trente vaisseaux dont quinze, destinés à croiser dans la mex: Baltique, devaient fermer le passage aux convois.
M. Leathes reçut ordre de sa coar d'inviter les États-Grénéraux à en user de même pour toute l'étendue de leurs états, ce dont il s'acquitta par la note ci-après.
No- IX.
Mémoire, présenté aux Etats-Généraux par M. Leatie$
(du 27 mars).
Hauts et Puissans Seigneurs.
Le soussigné Résident de S. M. Britannique auprès de LL. HH. PP. a eu rtonneur de leur nodfier par son mémoire du 24 Février, l'heureuse découverte du projet formé par le comte de Ghillemberg, ministre de Suède à Londres, et par le baron de Gortz, d'opérer avec des forces considérables une invasion dans la Grande-Bretagne, et d'y susciter une révolte, ainsi que LL. HH. PP. l'ont pu voir par les copies de lettres qui ont été écrites à cette occasion entre les aeux ministres et autres complices, et remises par le secrétaire d'état de S. M. entre les mains de M. van Borsstelle, votre ministre à Londres, pour éti*e transmises à LL. HH. PP.
S, M/ «fut^ cbmu»ÊBitpé le âiia^âit prajèl à Mm p«f^ lementy- If». d(q^ chambrer ont jÊSf TÎmâ daat let tennec les plus fprts. combien elles avaient en horreur une ai noire conspiration; ypulant cependant étouffisr aon juate ressentiment âè Patrocité 'qae Pon a pn faire contre aa personne ef! Ison gonTemement^ S« M. a réadln d'em* pIoyer*4Bi^^Hrde» de doudeur poor détoomei^ le roi ée Suéde d^Me JjBlle enUrcpiMei d lui faire . connaître le procédé uii}urie[ax de aon ifuniatre$ auiai elle a^eat abatenue d'en venir aux extrémités , et de ae venger d'nn ai grand outrage. La modération du roi dans cette occasion doit être regardée par tjj. HH/ PP. et tout le monde, comme une marque irrécusable du désir ain* cère et de la'* ferme r^olution de S. M. de prendre toutes les meMsré» convenables pour conserver la paix de TEurope^ et pour rétablir celle du nord, i laquelle LL. HH. PF. se trouvent tant intéressé. Le parlement, pénétré de cette généreuse résolution de S. M. a jugé que la défense de tout commerce avec la Suède serait un moyen sûr pour faire échouer les projets du ministère suédois; et que cette défense préviendrait même une rupture formelle avec cette puissance, en lui ôtant tous moyens d'exécuter le projet pernicieux d'envabir les états de S. M., d*autant plus qu^il résulte de la correspondance saisie du comte de Ghillemberg et du baron de Gôrtz, ainsi que des avis réitérés que S. M. a reçus d'auti*es parts, que la Suède se trouve dans une extrême disette de blé, de sel et d*autres provisions, non seulement pour ravitaillement de sa flotte, mais même pour la subsistance de ses habitans; et qu'il est constaté qu'on ne saurait suppléer à ce besoin pressant de ce royaume, d'aucun autre pays aussi promptement que de la Grande-Bretagne et des Provinces- Unies.
Ces raisons ont déterminé le parlemciît à passer un acte qui autorise S. M. à interdire tout commerce de quelque endroit de ses états que ce soit avec la Suède;
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ce. que S. M. a déjà fait. . eai-'. cp&sé<jueiice au^it. acte. Comme elle, reconnaît toutefois cpie cette interdiction ne saurait produire l'effet désiré, à moins que LL. HH. PP. ne veuillent de leur côté ordonner les mêmes mesures touchant le cbnmierce de leurs sujets avec la" Suède, S. M. a ordoimé au soussigné de représenter avec instances i LL, HH. PP. l'urgence d'une telle mesure, afin de Les porter à y coneourrir ^vs^ que la Suède ait tiré des Provinces -Unies cc: dont elle aurait besoin pour prévenir la disette qui la menace. Lorsque le soussigné considère les marques convaincantes que LL. HH. PP. ont données en toute occasion de letir zèle et de leur affection pour la personne et le gouvernement de S. M. et pom* la succession légitime de sa maison à la couronne de la Grande-Bretagne; lorsqu'il considère l'amitié sincère et constante qui subsiste entre le roi son maître et LL. HH. PP., et que S. M. désire de conserver , par tous les égards possibles, l'intérêt inséparable des deux nations; lorsqu'il considère enfin combien le repos de l'Europe, et particulièrement celui des Provinces-Unies dépend, de celui de la Grande-Bretagne et des engagemens mutuels fondés sur les traités subsistans encore entre S. M. et LL. HH. PP. et particulièrement sur celui du 6 Février (1715) 1716; le soussigné doit espérer que LL. HH. PP. voudront bien encore donner cette marque de leur amitié à S. M., en prenant de concert avec elle les mesures les plus propres poui' déjouer le plan de cette invasion projettée, et pour empêcher que LL. HH. PP. ne soient obUgées de prendre part à une guerre, qu'elles sont à même d'éviter en adoptant la résolution que S. M. attend avec toute confiance de la sagesse de LL. HH. PP.
Fait à la Haye, le 27 Mars 1717.
W. Leathes.
100 m. AVTÀXBMJm MâM. DB GOBKTSB^
Lorsque le rot de Seide apprit Parresfatkni dn comte de Ghfllemberg et cdBe du baron de GSrtv^ il ordonna comme représaille ceUe de M. JackaoD^ ministre réaident Britannique à Stockholm, se contentant de faire interdire la cour à M. de Rnmpf, ministre des États-Généraux à Stockholnu
n usa encore de modération envers ce dernier, à Toccasion de plusieurs paquets de lettres que deux batimens hollandais arrivés à Gottembourg avaient apportés à ce ministre. H ne. permit ^oint qu'on les ouvrît; il se contenta de les lui envoyer par on. secrétaire d'état, chaîné de lui déclarer que, quoique S. M. prenant en considération la violence faite à son ministre près les États-Généraux, fût en droit d'intercepter sa correspondance^ elle doutait si peu du succès que devaient-nécessairement avoir les représentations faites par M.Preiss à ce sujet, qu'elle voulait bien lui faire remettre ses lettres toutes carchetées, à condition toutefois qu'il les ouvrirait en présence du secrétaire d'état, et qu'il remettrait à celui-ci, celles qui s'y trouveraient adressées au ministre d'Angleterre.
Xics représentations de M. de Rumpf pour éluder cette intimation, s'appuyant sur ce que M. Preiss jouissait de toute sa liberté pour sa personne et pour sa correspondance, furent inutiles ; il fit l'ouvertîire des paquets en présence du secrétaire d'état, sans cependant que Ton y trouvât des lettres pour M. Jackson.
Le roi de Suède chargea aussi son secrétaire des commandemens de porter plainte aux États-
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Généraux; ce dont €et agent s'acquitta en leur présentant la note eir-après.
Mémoire A$ iecrêtaire de Suède , présenté ans Etais-
Généraux (du 22 Mai).
. Hauts et Puîssans Seigneurs!
Le soussigné secrétaire des commandemeus de S. M. le roi de Suède a ordre d'instruire iXi. HH. PP. que S. M. le roi de la Grande-Bretagne a fait arrêter le comte de Ghillemberg, ministre accrédhé de S. M. i la cour Britannique y contre tout principe du droit des gens, et contre l'usage consacré en pareil cas, et après avoir fait intercepter S9 correspondance 5 que S. M. Britannique a fait enlever aiidit mim'stre tous} les papiers du roi, son mattre, qui se trouvaient sous sa garde; qu'elle lui a fait interdire de voir MM. les ministres étrangers, et a ordonné qu'on le gardât si étroitement qu'il ne lui fût permis de parier à s^s domestiques qu'en présence de l'officier de garde.
Le soussigné doit encore faire observer à TJ^. HH. PP. que le roi de la Grande-Bretagne n'a rien communiqué à S. M, ni porté aucune plainte contre la conduite de ce ministre; que ce procédé si violent est le seul motif qui oblige S. M. le roi de Suède à user de répressailles, et à traiter de même M. Jackson, ministre d'Angleterre à Stockholm; que S. M. a pu d'autant moins s'y refuser que s'il était permis à un gouvernement, sur le seul soupçon bien ou mal fondé et selon son intérêt, de se saisir des papiers confiés à la garde d'un ministre public accrédité à une cour étrangère, toute négociation cesserait.
Ces raisons font espérer au roi que non seulement LL. HH. PP. n'approuveront pas un procédé si inoui; mais qu'elles s'y intéresseront comme à une affaire qui
les toncbè éi»iiaéaimt'! iHiffl^jtiÊtuÀ' leur* iMlt >offi-'
ces pour procurer à S. M. i«m >f ^ràiMon. :La soussigné ayant fait rapport an roi, son mahre, de l'arrestation du baron de Gôrtay; snorministre plénipotentiaire^ et de* p.eir^o^nQs de. sa ,^t^ .fioinme aussi ^ l'enlèTement des ses papiers, fiLM^^lnj^^ pi^nné ^e faire 'connaître à LL. HH^ FP. qxi'eOe n'a pu apprendre qu'avec la dernière surprise ^ ' ^'eileé< ont satisfait à kt réquisition du iWi* d'Angleten^. '8. M; s'y était 'd'autant moins aftendué, que ce proeédl^^'Cimtraire tfu dmt des gens l'est eu^rà'e'àTalUalièer^U iWitié qui éubsijnenft entre S. M. et IJL. «H. PP. *- * •
Le rôt se persuade^ tohtefoi» quO' LL. HH. PP: donneront incessamment lerdi^dres pour que le'baron de Gôrts, ainirti que toutes les" personnes de sa suites soieiU* mis en ÏÏbtrté, et que ses papiers lui soient rendus.
LL. HH. pp. n'hésiteront pas à donner & S. M, une juste satisfaction, afin de%e pas la mettre dans la- nécessité d'user, contre sto jpnéj' de représailles, et de se procurer par elle même la satisfaction à laquelle die a droit de prétendre avec tant de justice.
Le roi toutefois a cru de sa dignité d'interdire à M. de Rumpf l'entrée à la cour, et de ne lui point permettre de traiter avec ses ministres, jusqu'à ce que S. M. soit instruite de la résolution ultérieure de LL, HH. PP. envers son ministre.
Le soussigné se flatte que LL. HH. PP. voudront lui donner une réponse digne de leur haute sagesse, et qu'elles le mettront au plutôt en état de pouvoir faire à S. ft/t, des rapports agréables du succès des représentations qu'il a eu l'honneur de leur faire.
Fait à Haye le 22 Mai 1817.
Preïss.
Mais déjà les Etats-Généraux avaient pris quelques jours auparavant la résolution suivante.
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