‹ Causes célèbres du droit des gens (volume 4)Chapitre 30 sur 85 · PR£M2£R MIN. DE PHILIPPE Y J JBN · texte numérisé non relu

PR£M2£R MIN. DE PHILIPPE Y J JBN

M. Stanhope voyant l'empressement que témoignait la cour d'Espagne à faire sortir le duc de Bipperda de son hàtd, jugea par -là des inquiétudes que donnait à S. M. la prolongation du séjour qu'il faisait chez lui, et craignant de s'exposer à des désagremens à ce sujet, renouyela ses instances auprès du duc, lui représentant qu'il s'exposait par trop de résistance, à faire croire qu'il était coupable et à s'attirer par-là de nouvelles mortiiScations, Mais le duc supposant que l'on avait Tintention de s'emparer de sa personne aussitôt qu'il aurait quitté son asile, et n'osant à la fois résister trop opiniâtrement et aux ordres du roi, et aux sollicitations de l'ambassadeur dont la protection lui devenait toujours plus nécessaire, prit enfin la résolution d'écrire à M. de la Paz, pour supplier S. M. ^ de vouloir permettre qu^il se rendît pour quelques jours seulement dans un couvent^ afin, disait-il, d'avoir le temps de mettre son innocence dans tout son jour, et de faire cesser par -là tout sujet du mécontentement que sa retraite chez l'ambassadeur d'Angleterre paraissait donner à S. M.

Il pria aussi M. Stanhope de vouloir bien, par ses bons offices, lui faire obtenir cette grâce. Celuici touché de la situation pénible dans, laquelle se trouvait le duc, et désirant lui voir quitter son hôtel, sans toutefois l'exposer, écrivit au ministre secrétaire d'État. M^ Tune et l'autre de ces démarches fut infructueuse; déjà la résolution avait été prise de s'assurer de la personne du ducj et dans la réponse de M. de la Paz à M. Stanhope le

186 V. AFFAIBB BU DUC DE EIPPEILDA,

ministre espagnol se borna à exprimer à cet ambassadeur combien peu il conyenait au duc de Ripperda de faire dépendre son obéissance aux volontés du roi de oertaines conditions; qu^ devait au contraire s'jr soumettre sans restriction, et ne point négliger c^ seul n^oyen qui put lui valoir la grâce de S. M,

D'après ce refus l'ambassadeur d'Angleterre craignant que l'on ne voulût se saisir du duc à quel prix que ce fut^ cessa toutes instapces pour l'engager à sortir de son hôtel ^ r.et* se défiùit à la fois du projet que l'on pouvait former à la cour, pour en bâter l'exécution, se concerta avec les autres ambassadeurs et ministres étrangers, sur la ^ conduite qu'il aurait à tenir si on voulait portei" atteinte aux ..privilèges auxquels ils avaient droit de prétendre.

Pendant que cette correspondance avait lieu entre le ministre secrétaire d'État d'Espagne et M.- Stanhope, on avait fait arrêter les^ deux premiers commis de l'ex- ministre; un ;nommé Joseph Molinos et François Brutto, ainsi que l'administrateur de l'hôpital del buen succeaso; et pour couper court à toute négociation ultérieure, que la cour regardait comme peu convenable, eUe résolut de faire assembler le Conseil de Castille ( premier tribunal du royaume) pour décider si l'on devait et pouvait faire enlever le duc de Rippfcrda de l'hôtel de l'ambassadeur d'Angleterre. En conséquence de cette détermination le roi envoya un décret à ce conseil, par lequel il lui ordonnait d'examiner et de lui dire :

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