VI. AFFAIRE DU MARQUIS DE MONTI
trois mille votans , que Fréderic-Augiiste III , électeur de Saxe, fiit élu roi de Pologne, après avoir publié une protestation contre le choix de -Stanislas, r
Bientôt l'entrée des troupes russes et saxonnes en Pologne, commandées par le feld-maréchal comte de Munich, par le duc de Saxe-Weissenfels et par le comte de Lacy, obligea Stanislas à quitter Varsovie, et à se retirer à Dantzig, où le marquis de Monti fut le seul des ministres étrangers qui le suivît* Oit ne tarda pas à faire le siège de la ville sous les ruines de laquelle les habitans, qui adoraient Stanislas, avaient résolu de s'ensevelir avec lui plutôt, que de le livrer à» ses ennemis qui avaient mis sa tête a prix* Toutefois lorsque le fort de ff^eichselmundéy situé en avant de la ville, et occupé par les troupes françaises sous les ordres de M. de Lamotte de la Peirouse, dut se rendre (le 23 Juin) au duc de Saxe-Weissenfels, le magistrat de Dantzig ne pouvant plus espérer de recevoir du secours, et craignant de voir emporter la ville d'assaut, se décida d'entrer en accommodement avec les assiégeans. Les députés envoyés à cet eiFet au camp russe furent d'abord traités avec beaucoup de hauteiu:; on convint cependant d'un armistice de huit jours, à condition qu'on livrerait le roi Stanislas, le Primat, le prince Poniatowski, le comte Potocki, et le marquis de Monti* Mais pendant que l'on était encore en négociation, le roi Stanislas, considérant que la résolution prise par les habitans de Dantzig les exposerait à une destruction en-
AMB. DB FKANCE ISN POIiOGNE} EN 1734- 213
tière, et espérant que lorsqu'il ne serait plus dans Fenceinte de leurs murs^ ils obtiendraient une ca-pitulation plus avantageuse^ prit le parti, en trompant la vigilance de ses ainis et ennemis^ de sortir secrètement de la ville au moyen d'un déguisement^ et passa en Prusse (^)« -
A la première nouvelle de cette évasion, le feldmaréchal de Munich, furieux de se voir* trompé dans l'espoir de faire prisonnier Stanislas, et se croyant joué par le magiMxat, fit de nouveau bombarder la ville, sans avoir égard à l'armistice qu'il venait de lui accorder }. peu s'en Ëdlut même qu'il ne rejetât tdute proposition d'accommodement. Ce ne fut qu'après les assurances les plus positives que lui donnèrent les députés .du magistrat, de n'avoir eu aucune part à cet éfènement (^) que les né*godations furent reprises, et qu'une capitulation fut signée (le 28 Juin) par laquçUe la ville recou-^
(t) Marmontel dans s^ Mémoires dit à ce sujet: ,,AprèB avoir err^ ^, long-temps aa miUea de «es '«unemis à la> meroi de- quelques gai-< ,ydes payes et peu fidèles^ exposa k toutes les injures du temps» „ rencontrant la mort à chaque pas^ trahi, souvent par cet air de ,, noblesse qu'il ne pouvait cacher^ toujours enyironnë' de pièges et ^de përils, il arriva enfin dans les ^tats du vol de Prusse où il ») trouva cet accueil et ces égards dâ& à U vertu mailheiireuse«
(2) Four appuyer leur assertion ^ ils eurent soin de remettre an comte de Munich la dticlaration du marquis de Monti ainsi conçue : ,»Je ^ déclare en houneur et e^ coascience, que les Seigneurs polonais 9, et Messieurs du magistrM et ordres de ville de Dantzig, et pas ,,le moindre bourgeois, n'ont eu aucune part ni conoaissivnc^e dA )ila retraite du roi de Pologne/^