‹ Causes célèbres du droit des gens (volume 4)Chapitre 40 sur 85 · IV. AFFAIRE DU MAAQUIS DE MONTI · texte numérisé non relu

IV. AFFAIRE DU MAAQUIS DE MONTI

nut pour son souyeraîn légitime le roi de Pologile, électeur de Soxe^ Auguste III(^)*

Gomme nous avons ru plus-haul^ le comte de Munich avait demandé Pextradition du marquis de Monti; dans la lettre qu'il écrivit à ce sujet au magistrat de Dantzig, il s'exprimait ainsi; ,,que le ,, marquis, ci -devant ambassadeur de France, se ,, trouvant encore dans la ville devait être livré dès le y, lendemain au soir à Parmée russe avec toutes les 9, personnes qui étaient -auprès de lui^ tous ses do^ ,9 mestiques et ses lettrçs^ pour éviter la disgrâce de „ S. M. l'impératrice de toutes lesRussies j et qu'en cas ,, que le nota^strat ne Voulût^ pas consentir à le livrer „ volontairement > on l'en ferait sortir avec un dé*- „ tachement des troupes russes/^

Dès que le marquis de ]\Ipnti eut connaissance de cette lettre, il crut devoir écrire au comte de Munich, pour lui représenter les conséquences d'une pa-^ reille démarche.

No- I.

Lettre du marquis d^ Monti^ adressée au comte

de Muttfch.

Monsieur, MM. du magistrat de Dantajg viennent de me communiquer la lettre que V. Exe. leur a écrite, où elle demande mo» extradition. Je vois avec douleur, par rapport à vous, Monsieur, que ce gui m'a-

(1) ^a«lque« Jours avant que cette capitulation fût sîgnëe, les seigneurs -polonais qui étaient à Dantzig , avaient eu la précaution de signer uo atte de soumission en faveur do toi Auguste lil, électeur de Saxcu

amb; dk fmncb «n foi.qlghb} ^çn 1734 215

vait été dk par pjusieora personnes, n^eatcpie trop vrai, ^e.YvExo. me demandait; pour me faire arrêter. J'avaisy jç i'àvone, regardé ces discours ccmune tenus par vos çnn^ms; mais je le répète, je voiis par la lettre que y. lEjcc. vient d'écrire au niagistrat, qu'ils ne sont que trop vrais. Je ne: pouvais jamais m'imajginer qii^ane per^ sonne revêtue con(ime V, Exe. du caractère éminei^t de ministre et de général, ignorât ce qui est dû au caractère respecté pjar toutes les nations. J^ nç détaillerai point à Y. Exc^ les droits d'un ambassadeur, persuadé qu'ils vous sont connus; personne dans le monde nç les. ignore; je serais bien fâché que Messieurs du magistrat et les ordres) do^ la,:V^e deDantzig, qui connaissent si bien les prérogatives relevées, de mon caractère,' souffiîssçnt qu'on brûlât une amorce d§ plq;5 pour moi^ Us sautiennent depuis près de cmq mois les n^aibeurs d'un blocus et d^un' siège; et je ne veux: pas que les. égards qu'ils auraient sans doute pour moi, leS; augmentent. Quoique je sois bien p/ersuadé que leur loyauté ne. leur permettrait jam^ .'cette extradition, lorsqu'on sera . d'accord sur Içs articles de ja capitujlatipu, il ne .sera, pas nécessaire d'y insérer celui qui me regarde; je me rendrai avec tous mes domestiques çt équipages au camp de. Y. Exe, prêt à soutenir tous. les malheurs qu'elle mç. prépare. Rien ne me sera plus glorieux que d'y être maltraité, jusqu^à ce que les plaintes que tous les souverains, intéressés à la conservation dp leurs ministres, et celles du pubÈc parviennent 4 S. M. impériale, et je suis bien sûr que la parfaite connaissance qu^elle a; àes prérogatives d'cin ministre de ttion caractère, fera changer ma situatioia, mais non vos ordres, étant impossibl0 que vous en ayez de pareils. Je comprends que Pévènement qui vient d'arriver, il y a trois jours, doit fâcher Y. Exe. (*); mais je ne puis qu'y faire. |1 n'y

(t) ^voicy l'évasion da toi ' StanUljçus,

216 VL AFFAIRE DU MA&QUId I>B M&KTX,

a que moi et qaelc[ae8**>u]is detioes domeçtitpies. qui y aient eu part, et. toutes les xigueura ^e vous exercerez Monsieur, à cet égard, contre Ifes Polonais et contre la ville de Dantzig, seront injostes. Je prie Y. Exe. de me donner une prompte réponse, pour .que je puisse aller la jomdre, qnand elle* sera convenue de la capitu-^ lation. , :

P. S. Je croîs Bien faire dé joindre quèlqiiés réflexions sur le cas dont il s'agit^ qui peut- être ne se sont pas encore présientées à Y. Exe.

1) IL n'y a point de gueiixe déclarée entre la France et la Russie.

2) Quand même la déclaration de guerre serait faîte, l'usage est, qu'on donné ieg |)asseports aux ministres quî sont dans les cours qiiî entrent en guerre^ pour sortir du pays. X plus forte ràisbh je dois Favoir, étant dans une vflle apparietiant à la • république de Pologne, quî m'a reco'imtî dans un tiemps de tranquillité, de même que le feu roi et que tous les ministres des princes qui sont en guerre avec la France m'ont reconnu en cette qualité après la mort du roi Auguste, que j'ai traité avec eux, et que je n'ai y as rèhiîs mon caractère entre les mains du roi mon mahre', ni reçu de nouvelles lettres de créance.

3) Mon .arrestation sçrfdt contraire au drqît des gens, quî est respecté par-tout, et que personne ^e peut violer, puisqu'il iiitér esse toi^s ^les souverains, dont les ambassadeurs, et. tout ce qui leur appartient, est regardé

comme sacré. . ^

4) Je ne suis point sorti du mim'stère d'ambassadeur, n'ayant point porté les armes contre les troupes de Rus-

' AMB. DB FBANCE EN POIiOGNE ; JBN 1734. 217

sie et de ses alliés^^ m'étant borné uniquement à suivre mes instructions (*).

(1) Quant au premier argmneuty on n'arait pofait à la yrérité fait de dëclaration de gnerre en forme, mais il y a^ait ea dès actes d'ho^ 8tilit^$ une escadre française avait enlevd une frëgate russe; et un corps de 1500 Français auquel s'était joint le comte de Flelo, ministre de Louis XV à Copenhague , ayait été' envoyé pour soutenir la cause de Stanislas.

Voici comment ce fait est rapporté par M, de Flassan dans son Hist, Gén. de la diplomatie française^ T. V. p. 70.

La cour de France , pour secourir le roi Stanislas, arait envoyé 1500 hommes de troupes sous les ordres d'un vieux officier nommé Lamotte avec ordres de se rendre à Bantzig pour dégager cettb place assiégée par les Russes. Gomme cette entreprise lui parut impossible^ M. de Lamotte était revenu à Copenhague pour y attendre des renforts ou bien de nouveaux ordres. Le comte de FlelOf colonel du régiment Bréhan et ambassadeur du roi â la cour de Danem^k depuis 1729» s'indigna de cette retraite qu'il jngça humiliante, et gronda les chefs rassemblés chez lui. On tint couseil en sa présence, et comme ^ambassadeur s'obstinait â soutenir qu'il fallait retourner â Dahtzîg, un des ofQciers lui dit, qu'il était bien aisé de proposer cela dans la sûreté de son cabinet,

Gé propos piqua tellement M. de^Plelo, qui avait de la hauteur* ict l'opiniâtreté dans le caractère, qu'il déclara qu'il se mettrait lui* même à la tété des troupes. Avant de a'embarquer, il écrivit à M. de Chauvèlin, ministre dés affaires étrangères: „Jè suis sûr que ,,je n'en reviendrai pas; je vous recommande ma femme et mes ,^enfans.'' Arrivé à la rade de Bantzig, il débarqua le. i^7 Mai 17^^ forma ses troupes, marcha aux,retranchemens des Russes et reçut la ihdxt'patr^ quinze coups dè--iun). 'Les Français a'ccablés^ par lenom- I^GP^i'^ureût forcés de se xendxe aux Russes.

Quant.au second fait .que M. de Monti posait, il était vrai^ mais ne concluait rien, vu que par les évènemens postérieurs et par la part qu'il y avait prise, il était à l'égard des Russes, des Saxons et des Polonais qui suivaient leur parti, le ministre d'un prince leur ennemi, résidant auprès d'un prince qui était également leur ennemi.

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